Après 3 ans, plus de 1 000 articles écrits
par une trentaine d'auteurs, 1 700 dates d'agenda,
340 fils musique, 330 brèves de culture,
420 newsletters envoyées à 4500 abonnés
pour un total de 900.000 pages vues,

Eklektika s'arrête.

Merci à ceux qui nous ont fait confiance.

Si le projet vous intéresse : continuer@eklektika.fr

Retour en haut de la page
Twitter Facebook Contact Recherche

‘The Driver’ [Fipa 2015] : un taxi anglais sur la route de l’enfer

22 janvier 2015 > > Soyez le premier à réagir !

Réalisée par Jamie Payne, cette série The Driver, dont les 3 épisodes seront projetés au FIPA ce jeudi 22 janvier à 20h, sera diffusée le 31 janvier sur Canal + séries.

« Vous avez 14 points » dit le médecin à Vince. « Vous avez besoin de marquer 15 avant que je puisse vous prescrire quelque chose ». « Alors, que dites-vous?», répond Vince. «que je suis à 1 point de la dépression? »

L’épisode a commencé par une poursuite en voiture, mais le vrai frisson réside dans ce petit échange compact, l’évocation de l’état mental de Vince, son intelligence impitoyable, la conscience de soi succincte et la bureaucratie insupportable, sans cesse frustrante.

L’histoire

driver-4À Manchester, Vince McKee, chauffeur de taxi fauché, accepte de devenir le chauffeur privé d’un homme puissant et cruel. Et signe ainsi le début de ses ennuis. Le rythme haletant de cette mini-série britannique est porté par des acteurs sidérants, dont l’inquiétant David Morrissey. Une plongée dans l’Angleterre de la violence, de l’argent et du danger vous fera changer d’avis sur les traditionnels taxis anglais.

Le premier volet est prometteur. Non seulement grâce au script elliptique et désabusé des créateurs Danny Brocklehurst et Jim Poyser, au lieu, Manchester, mais aussi, bien sûr, à l’artillerie lourde qu’ils nous offrent avec les acteurs.

David Morrissey, le chauffeur de taxi Vince, dont le mariage de 18 ans avec Rosalind (Claudie Blakley) est finement dessiné : ni sans amour, ni misérable, mais un peu rassis. Il est déprimé par l’éloignement de son fils (encore inexpliqué). Mais il est surtout profondément opprimé par la petitesse d’une vie à court d’argent et largement passée à transporter des ivrognes et à laver le vomi et l’urine laissés dans son taxi chaque nuit. Puis de retourner à la maison pour trouver une fille boudeuse, son petit ami insupportable et les réunions de recherche de marché que sa femme anime.

driver-3Ian Hart est Colin, l’ami d’enfance en liberté conditionnelle et aux défis optimistes. Ces deux-là jouent aussi magnifiquement l’un avec l’autre qu’ils le faisaient il y a environ 30 ans dans One Summer de Willy Russell.

Colin pousse Vince à rencontrer un homme nommé Horse (inquiétant Colm Meaney) qui cherche un homme fiable,  « Juste comme chauffeur. Sauf parfois … vous pourriez avoir à conduire un peu plus vite. »

Et les voilà sur la route de l’enfer. Ou comment un chauffeur de taxi perd le contrôle de sa vie en devenant le chauffeur personnel d’un parrain local. Les mâchoires de Horse ne le lâcheront pas facilement.

La marque d’un bon dialogue c’est qu’il vous dit quelque chose sans vous informer qu’il vous a dit quelque chose. C’est  pour ça que The Driver, malgré quelques petits défauts, mérite d’être vu et écouté.

driver-5Pour ses dialogues, qui non seulement vous informent, mais vous divertissent avec son rythme et ses mots qui sonnent naturellement.

Et pour ses personnages qui, dans les moments les plus difficiles, ne connaissent comme réponse que l’énergie du désespoir et l’humour noir.

Quand Vince demande à Colin ce que sa mère penserait de lui, il répond « Tu sais, ma mère, si ça ne vient pas avec de la glace et un citron, ça ne l’intéresse pas ».

Et tout un univers apparaît avec cette phrase.


Commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. Apprenez comment vos données de commentaires sont traitées.