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‘El abrazo de la serpiente’ : l’un des tout meilleurs films 2015 dans la hotte du père Noël (avec deux autres films)

23 décembre 2015 > > Soyez le premier à réagir !

Ça ne semble pas souffrir de la moindre contestation possible : sur la côte basque, on passera Pâques au tison.

Une profonde déformation professionnelle des exploitants cinéma les empêche d’en sourire, le beau temps permanent au-dessus de leurs salles n’est pas le meilleur contexte pour tenter de défier les files d’attentes du Star Wars opus 7 sorti la semaine passée.

Dans les propositions de ce mercredi 23 décembre, trois films portent le pari qu’il y a rien de suicidaire à sortir des impératifs de nous convaincre de l’existence d’un « film pour toute la famille ».

Le magnifique Abrazo de la Serpiente du Colombien Ciro Guerra a toute sa place parmi les plus beaux films de cette année 2015, en bonne place dans la hotte du Père Noël avec deux films à marquer d’une petite croix dans votre agenda de cinéphile, À peine j’ouvre les yeux de la réalisatrice tunisienne bien-née Leyla Bouzid, et Au-delà des montagnes, du cinéaste chinois Jia Zhangke, placé du côté des plus grands depuis Still Life en 2006.

Ces trois-là portent à l’évidence le fait qu’une contre-programmation n’est pas plus risquée que de manger une douzaine d’huitres au 24 décembre.

Et que cela peut être plus persistant au fond de nous.

Bonnes séances.


EL ABRAZO DE LA SERPIENTE (L’étreinte du serpent)

sorties-cine-23-decembre-2Réalisé par Ciro Guerra, avec Jan Bijvoet, Brionne Davis, Nilbio Torres – 2h05 en VO – A l’Atalante de Bayonne et au Royal de Biarritz

Karamakate, chaman amazonien, le dernier survivant de son peuple, vit isolé dans les profondeurs de la jungle. Il est devenu un chullachaqui, la coquille vide d’un homme, privée d’émotions et de souvenirs. Sa vie bascule lorsqu’Evan, un ethnobotaniste américain, débarque dans sa tanière.

C’est long, et c’est tant mieux, parce que ce film est de ceux dont on voudrait qu’il ne s’arrête jamais, comme lors de sa découverte (en hors-compétition) au dernier Festival de Biarritz.

sorties-cine-23-decembre-1C’est un voyage à travers le temps, porté par une spiritualité étincelante. Les aventures progressivement complices des deux personnages principaux sont tournées dans ces terres de l’Amazonie colombienne que le cinéma avait délaissées depuis Werner Herzog et son Fitzcarraldo, en 1982.

Et c’est extrêmement beau, le noir et blanc utilisé ici étant chargé, selon les intentions de son réalisateur, de porter à l’image la mythologie et le somptueux du labyrinthe sans repères qui s’offre à nous.

Un film comme de l’ambre gris qui recouvre les coeurs, pour en laisser une trace ineffaçable, nourrie d’un passé que nous n’avions qu’effleuré, d’une sagesse qui peut nous alimenter au présent. Avant de nous laisser à l’avenir un nom de réalisateur qu’il sera désormais inimaginable d’oublier.


À PEINE J’OUVRE LES YEUX

sorties-cine-23-decembre-4Réalisé par Leyla Bouzid, avec Baya Medhaffar, Ghalia Benali, Montassar Ayari – 1h42 en VO –  A l’Atalante de Bayonne

Tunis, été 2010, quelques mois avant la Révolution, Farah 18 ans passe son bac et sa famille l’imagine déjà médecin… mais elle ne voit pas les choses de la même manière.Elle chante au sein d¹un groupe de rock engagé. Elle vibre, s’enivre, découvre l’amour et sa ville de nuit contre la volonté d’Hayet, sa mère, qui connaît la Tunisie et ses interdits.

Le premier film de la fille du très grand Nouri Bouzid (L’homme de cendres, 1986, couverts d’éloges dans le monde entier) a probablement inscrit le parcours de cette jeune fille, à la fois musical, politique et sensuel, dans l’élan du Printemps arabe.

sorties-cine-23-decembre-5Le film a raflé l’essentiel des Prix au dernier Festival de St Jean de Luz, une bonne surprise que personne n’a songé à contester, tant ce chant de liberté porte un frisson salvateur, à la manière du film franco-turc Mustang resté dans nos très bons souvenirs de 2015.


AU-DELÀ DES MONTAGNES

sorties-cine-23-decembre-3Réalisé par Zhang-ke Jia, avec Zhao Tao, Sylvia Chang, Dong Zijianplus – 2h06 en VO –  A l’Atalante de Bayonne

Chine, fin 1999. Tao, une jeune fille de Fenyang est courtisée par ses deux amis d’enfance, Zang et Lianzi. Zang, propriétaire d’une station-service, se destine à un avenir prometteur tandis que Liang travaille dans une mine de charbon. Le cœur entre les deux hommes, Tao va devoir faire un choix.

25 ans séparent deux écoutes de la même chanson des Pet Shop Boys, dans une Chine où la jeunesse s’est réveillée en 1999 avec le sentiment d’un bouleversement positif de leurs existences, jusqu’à celui, non moins étouffant, en 2025, où le monde s’est amplifié, tout en se durcissant.

Jia Zhangke fait partie de ces révoltés caméra au poing qui ont décidé de rester dans leur pays pour en donner des images d’un autre possible, même désemparés par les enjeux d’un capitalisme décomplexé à la sauce communiste qui broie autant les humains que la nostalgie et les espoirs.

La migration et la glaciation des sentiments ne pouvant en être écartées, il reste, le temps d’un film, la possibilité de fermer les yeux en écoutant le titre pop Go West qui rythme son propos, en savourant que ce pays-continent puisse nous être à ce point rendu proche et universel.


 


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