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‘El club’ de Pablo Larrain (Chili) : les maux de l’Eglise sans rédemption possible

29 septembre 2015 > > Soyez le premier à réagir !

L’une des premières oeuvres projetées au Festival de Biarritz, El club du Chilien Pablo Larrain, est assez précisément le genre de films que les festivaliers espèrent y trouver, une plongée folle dans les noirceurs de l’Eglise.

La surprise a joué à plein, à Berlin, où El Club du Chilien Pablo Larrain est reparti avec un incontestable Ours d’Argent, à un niveau que le cinéaste n’avait pas encore atteint, après son No de 2013, ou son Post Mortem 2011.

A Biarritz, où il a été montré ce mardi matin devant une salle pleine, c’est le souffle coupé et les superlatifs plein la tête que les spectateurs sont ressortis 1h38 après y être rentrés.

el-club-larrain-biarritz-3La mention « avertissement » sur le programme est utile mais pas forcément nécessaire pour attirer l’attention sur cette oeuvre élégiaque, huis clos sur la côte chilienne où, dans une maison retirée du village, quatre prêtres et une soeur pourraient être rassemblés pour le repos de leurs âmes, pense-t-on à tort.

Après une ouverture sur le Te Deum d’Arvo Part, le film va patiemment détricoter l’ensemble présenté, pour nous faire plonger avec un regard effaré devant ces monstres de Dieu.

Chacun des personnages porte en effet en lui ce que l’Eglise ne peut assumer au regard de la société chilienne, de la pédophilie aux collusions avec la dictature militaire ou aux enfants volés, et tout ce qui a été fait « au nom de l’Eglise ».

Les mots, même prononcés avec douceur par la soeur, ne feront pas illusion longtemps.

Mais il ne faut pas plus raconter ce film étrange par sa capacité à nous proposer son récit comme une offrande, celle de pouvoir porter son regard non pas sur les victimes, mais sur quelques uns de ses bourreaux.

el-club-larrain-biarritz-2Le scénario s’accélère à chaque fois qu’un nouveau personnage s’approche de la maison, traçant une irrémédiable descente aux enfers, pour laquelle Pablo Larrain a l’intelligence de nous laisser ausculter ces vies putrides, cherchant une voie étroite entre la justice à éviter et l’auto-flagellation acceptée.

Aucun des protagonistes ne ressort indemne du Club. Aucun. Et nulle porte de sortie plus gracieuse n’est accordée à l’institution cléricale dont le jeu trouble est clairement pointée.

el-club-larrain-biarritz-1Au final, El Club réussit là où nombre de films se sont cassés les dents : renouveler son regard sur la « cosmétique » odieuse de ceux qui se protègent de leurs passés.

Le film fait débat au Chili, où l’habitude de couper des têtes par la fiction est mise à l’épreuve d’un film où le non-dit, les longs plans silencieux, valent sentence.

el-club-larrain-biarritz-4Le film sera re-projeté à Biarritz le vendredi 2 octobre à 10h30 au Royal, dans la section « avant-première » : il sortira sur les écrans français le 18 novembre.


 


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