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Filmer la Soule, si loin et si proche du coeur

30 janvier 2014 > > Un commentaire

Du haut de ses 24 ans, Elsa Oliarj-Ines a pleinement conscience d’être particulièrement attendue à Mauléon, ce vendredi 7 février au Cinéma Maule Baïtha à 20h30, pour la diffusion de son premier documentaire, Dans leur jeunesse, il y a du passé.

Des mois déjà que la vallée souletine bruisse des murmures qu’accompagne cette quête de sens de cette jeune réalisatrice passée par l’option Cinéma Audiovisuel du Lycée Cassin de Bayonne, puis murie aux aunes d’une année de Master Class à Lussas.

Alors que vient tout juste de sortir le DVD de Xora, signé Peio Cachenaut (tourné entièrement en Soule et intégralement en souletin, qui a autant marqué les esprits que bousculé les attentes du public local), il s’agira pour elle  d’interroger la notion d’évidence liée à l’ancrage déterminé des jeunes dans ce territoire. Une question de filiation qu’elle peut comprendre, souvent avec admiration, mais qu’elle ressent aussi comme une « part manquante » de l’existence.

On n’y vient pas par hasard, mais on peut y naître. Dans une vallée tout contre les Pyrénées, Tardets est la capitale de la Haute-Soule, la plus petite des provinces du Pays Basque. C’est aussi le village dans lequel nous avons passé « nos années collège ». Nous, c’est à dire moi et mes anciens camarades de classe. Je suis partie, la plupart sont restés. Il y a le sport, la famille, les amis. « Être là nous suffit » semblent ils me dire. Alors que tous ne sont pas nés ici, qu’ils ont bougé pour leurs études, que des familles se sont séparées, ou qu’ils ne parlent pas la langue, dans nos discussions je découvre qu’il y a là quelque chose d’autre qui les attache à ce territoire, un lien ancestral.

elsa oliarj ines jeunessePourquoi reste-t-on dans le village de ses parents, auprès de voisins qui vous connaissent depuis votre enfance ? Rester jeune, est-ce l’engagement pris de garder contact avec les anciens ? Ou est-ce un retournement de sa définition la plus commune, l’éloignement du cocon familial, pour y opposer la pérennité du lien générationnel, géographique ?

Son film ne portera pas de jugement, confiait-elle à Pyrénées Mag (édition de novembre 2013) pendant l’ultime phase du montage, mais rassemblera des sensations, et derrière, l’espoir d’un débat sur ce « on a toujours fait comme ça », et la place réservée au « et si on faisait autrement, désormais ? ».

Ils ont tous 23 ans, mais en faisant le portrait de cette génération, je me rends compte que ce qui les ancre ici, c’est un lien intime et sensible au territoire, comme s’ils avaient toujours été là. Sortir, chanter, danser, marcher. Au delà des rituels et des traditions qui rythment leur vie, au delà de l’identité forte et évidente du Pays Basque, ils habitent les paysages qu’ils me font traverser.

Prêts à se lancer dans leur vie d’adulte, ils me par­lent pleins de désirs et d’énergie de demain, mais dans leur jeunesse, il y a du passé

elsa oliarj ines jeunesse

Elsa chante, danse, parle basque, mais sans pour autant pouvoir affirmer qu’elle a sa place en Soule. Pas tant parce qu’elle y a grandi sans y être née (à six mois près). Non. Mais parce qu’elle a choisi de ne pas y vivre. Son histoire personnelle est et restera liée à d’incessants allers-retours, que cela soit dans ses violons d’Ingres, entre l’image et les lettres classiques, ou dans ses déplacements vers Paris, où elle monte son film. Et l’ont saisie les questionnements de ceux qui sont partis, face à ceux qui sont restés.

Devant sa caméra, la plupart des jeunes ont semblé résister à ce dilemme, elle a filmé des gens heureux, « il y a quelque chose de l’ordre du cycle, de l’immuable, une puissance émotionnelle très belle mais également un peu étouffante », confie-t-elle pour avoir perçu un peu plus clairement que, « être Basque, c’est posséder la langue ; mais être souletin, c’est être attaché à ce territoire. Et le prouver ».

Je suis partie, mais je continue à dire chez moi en parlant du Pays Basque.
C’est ici que j’ai eu envie de faire mon premier film, et c’est ici que j’ai envie de le montrer pour la première fois.
Comment fait-on pour rester là où on a toujours vécu ? Comment savoir que c’est ici que l’on veut vivre ? En filmant les jeunes avec qui j’ai grandi, et qui sont restés là, j’ai cherché à comprendre ce qui nous attache à une terre, à des gens, à une culture. J’ai cherché à saisir la complexité d’un lieu qui m’attire et me repousse.
J’ai cherché à raconter ce qui se joue ici en Soule, loin de la ville et près de la terre, entre ces jeunes qui se retrouvent héritiers d’une culture qui imprègnent leur quotidien.

elsa oliarj ines jeunesseDans leur jeunesse, il y a du passé, 2014 – 52 mn
Co-produit par Zaradoc, Aldudarrak Bideo et France 3, avec l’aide de l’Agence ECLA et du Conseil Général des Pyrénées Atlantiques.


Commentaires

Une réponse à Filmer la Soule, si loin et si proche du coeur

  1. Moi dit :

    Vivement demain pour voir ce qui se joue ici en Soule, loin de la ville et près de la terre… Nous le ressentons tous ici au fond, même sans être vraiment d’ici, mais ce n’est pas évident… de le raconter.

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