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Quelques lignes de front, et Paul Eluard dans la tête

7 octobre 2013 > > Un commentaire

La réalité a repris sa place, après 10 jours passés au Temps d’Aimer de Biarritz. A écrire sur les spectacles de danse proposés, sans savoir si j’avais droit de les résumer à « contemporain« , « néo-classiques« , ou beaux, simplement parfois. En m’en fichant, au final, les mots me semblant souvent très peu fiables pour décrire un mouvement, une sensation, ou un simple port de tête qui fait chavirer…

Dix jours à y laisser des tripes aussi, tant l’écriture a été puisée au plus profond des émotions qui m’en parvenaient, celles que je partageais, et celles qui me sont tombées dessus.

Ecrire « comme d’un instrument à percussion jusqu’à ce que les doigts saignent un peu« .

Parfois ivre, comme Henri Chinaski, mais peu de gens autour de moi se sont rendus compte qu’il m’a fallu écrire les yeux fermés, la tête engourdie par des verres d’alcool soigneusement alignés derrière moi. Et que je n’ai plus grand chose à voir avec les concepts de « communication« . C’est à dire d’efficacité.

De retour dans le vrai monde. Celui où il faut concevoir d’avoir un projet chaque matin.

J’y ai réfléchi, un peu…

Je n’ai pas encore trouvé le moyen de dégoter un emploi fictif dans une collectivité, qui me permettrait de ne rien faire d’autre que d’écrire. Et j’hésite à aller faire le postman comme l’a fait Bukowski.

Je ne suis pas assez courageux non plus pour aller déterrer une affaire qui me permettrait, ensuite, de me laisser grassement corrompre par la personne inquiétée.

Faudrait par contre que je me motive un peu pour préparer la 1ère projection publique de mon doc, SUR LES PAS DE JAKES, qui aura lieu le vendredi 12 octobre au Royal de Biarritz, mais ça va se passer comme quand j’étais étudiant : « j’ai le temps, j’ai le temps, j’ai le temps« …

Trop dilettante aussi pour vous expliquer pourquoi un bouquin m’a labouré les côtes d’un rire bruyant cet été, la puissance littéraire de « Ils ont tous raison » de Paolo Sorrentino ne pouvant malgré tout être réduite à ces simples moments d’euphorie.

Pas assez concentré pour aller dévisser le panneau du jumelage du cinéma L’Atalante de Bayonne avec la salle Al-Kasaba de Ramallah.

Il n’a plus rien à y faire, vu que jamais ce projet de camion cinéma itinérant dans les territoires occupés, mis en action jusqu’en 2006, n’a ému au-delà des araignées qui se sont aventurées dans l’entrée de la salle.

Il leur faudrait juste admettre que cette plaque leur fait honte, et qu’elle pourrait être remplacée avantageusement par une plaque de la Ville de Bayonne, sponsorisée par Canada Dry.

Faut d’abord que j’arrive à convaincre Pôle Emploi de ne pas m’obliger à ramper devant eux pour éviter d’être radié.

Parce que si je perds ça, je vais me sentir encore plus « cancéreux« , je vais détester ça.

Et je vais me retrouver à devoir être gentil et aimable avec un tas de personnes, certainement tenu de leur donner raison sur des sujets ou des discussions qui, d’ordinaire, me font passer pour un dictateur nonchalant, un gars sans aucune compréhension des autres, une définition possible de l’intolérance intellectuelle, un flagorneur qui ne sourit jamais, ou, pour compléter le tableau, un gars bizarre qui est vexant de son seul regard.

Le genre de qualificatifs qui me permet habituellement de ne pas céder à l’obligation de la démocratie sociétale du « tous les points de vue ont le droit d’exister« , variante du « tous les goûts sont dans la nature« . Et d’en sourire, une fois seul.

Dans ce qu’elle a de plus sérieuse et de constructive, la recherche de l’insouciance est un sport de combat.

Ce blog restera mon champ de batailles préféré.

« La mémoire et l’espoir n’ont pas pour bornes les mystères
Mais de fonder la vie de demain d’aujourd’hui« , imaginait Paul Eluard.


Commentaires

Une réponse à Quelques lignes de front, et Paul Eluard dans la tête

  1. oui dit :

    Cher administrateur ,

    Je viens de découvrir ton petit bout de pensée très à propos sur le jumelage avec « al kasaba » la salle tellement essentiel à Ramallah .

    Qu’ajouter à ton propos ? , que les gens on l’engagement court et la mémoire tout aussi sélective . Dois-je dire ici qu’à l’administration de cette association on a la mémoire concernant l’initiative de combats menés il y a 10 ans . De l’abandon d’un autre projet de transport de ce cher cinéma ,cher à biens des coeurs et de esprits .
    Du gaspillage de l’argent publique sur ce projet avorté et de la perte d’un modeste mais remarquable « monument  » bayonnais que furent les abattoirs municipaux (1860) de saint esprit qui auraient vu la possible re-dynamisation de ce bout de quartier bien triste !

    Ah la mémoires des hommes d’action !!!

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