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Rire de l’amour « Entre les gouttes » – et le vérifier aussi avec Jo Dahan

20 mars 2015 > > Soyez le premier à réagir !

Les trois comédiennes de la compagnie Entre les gouttes proposent avec Larguez les amours ! un portrait énergique de cette part manquante de leurs peaux, trois soirs durant à la Luna Negra de Bayonne.

Les nuits de solitude sont devenues le dénominateur commun et ordinaire de ces trois femmes, avec cet homme qu’elles ont encore et toujours dans la peau, qui n’est plus là.

Ou ne répond pas au téléphone (il est « avec elle »). Ou choisit de se déconnecter de Facebook juste après un message pourtant doux, négligé dans la stupeur. Puis dans la colère.

Dans Larguez les amours, il n’est question que de ce combat ordinaire, contre soi et ses tremblements absurdes. Contre cette recherche éperdue d’extase qui leur est refusée.

luna-gouttes-6Les comédiennes de la compagnie Entre les gouttes ne ménagent pas leurs efforts. Une heure et quart durant, elles effeuillent les raisons d’y croire, encore un petit peu.

Leurs plaintes et leurs cris sonnent juste, emportent l’adhésion du public, par cette énergie du désespoir qui refuse de ne pas prendre le risque d’aimer, quitte à répéter pour soi « il n’y a rien à faire ».

Sur la petite scène de la Luna Negra de Bayonne, Sophie, Lise et Emmanuelle dressent un état des lieux touchant de femmes puisant dans les livres, les poèmes, une cigarette ou un conseil de botanique le moyen de garder un infime espoir. Ou de perdre complètement la tête.

Et admettre : « C’est si merveilleux d’être débile.. Mais je t’ai dans la  peau… »

Au registre du théâtre un peu plus démonstratif dans cette formule de cabaret, elles incorporent également à leurs désarrois ces anciennes chansons qui répètent les mots suprêmes de l’amour.

Les tableaux qui en découlent, portés par la poésie des mots de Fréhel (« Où sont tous mes amants ? ») et d’autres ritournelles surannées, sont autant de gourmandises oubliées par les spectateurs, certains ne pouvant s’empêcher de répéter en choeur les rimes coquines de Colette Renard.

Je me fais chevaucher la chosette, je me fais chatouiller le bijou
Je me fais bricoler la cliquette, je me fais gâter le matou
Et vous me demanderez peut-être ce que je fais le jour durant
Oh! Cela tient en peu de lettres, le jour, je baise, tout simplement.

luna-gouttes-1L’élégance de la pièce n’y perd rien, l’amour est une chose suffisamment sérieuse pour que l’on puisse en choisir d’en rire. Sans se refréner.

Et sans oublier de saluer au final celles-là à qui il ne sera pas demandé d’expliquer les racines de ces amours maudites. Mais de continuer à prendre le chemin de la scène, bien au-delà de ce week-end qui les voit jouer 3 soirs durant à la Luna Negra.

luna-gouttes-8Ce jeudi soir d’avant la marée du siècle, la nuit pouvait choisir de pousser vos pas jusqu’à la salle du Magnéto, et y retrouver Jo Dahan, lui aussi à la recherche de cette extase à laquelle il n’est pas envisageable de renoncer.

Un parasol dans la salle au-dessus du clavier Korg, histoire de passer, là encore, « entre les gouttes » qui coulent à l’intérieur, et ne pas toucher du doigt l’électricité dans l’air dûe à la présence du bonhomme.

dahan-magneto-bayonneAprès ses années de frissons XXL aux côtés de La Mano Negra et des Wampas, le Jo peut choisir de masquer le manque, pour présenter ses choses à lui.

Un risque qui commence par un sourire et un regard vers ses comparses, dans cette belle salle voûtée adorée par les noctambules à blousons élimés.

Et il peut s’avancer, et affirmer que « ta soeur, c’était mieux avant ; nos slips, c’était mieux avant ».

Alors, même si il ne s’est agi que d’un soir, mais d’un beau soir tout de même, il a été permis à Bayonne de savourer le plaisir d’en sourire.

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