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Equipo Crónica, à Bilbao : ce pop art qui oeuvra contre les années franquistes

24 mars 2015 > > Un commentaire

Le Musée de Beaux Arts de Bilbao accueille jusqu’au 18 mai l’une des plus importantes expositions jamais consacrées à Equipo Crónica.

Sous ce nom oeuvrait un collectif d’artistes qui s’est distingué dans les années 1960 et 1970 par sa posture critique vis-à-vis de la société de consommation et des répressions du régime franquiste.

Il s’agit de “la première rétrospective complète d’Equipo Crónica, intégré par les artistes espagnols Rafael Solbes, Manuel Valdes et Joan Antoni Toledo, touchant toutes leurs étapes créatives depuis leurs débuts en 1964 jusqu’à la fin en 1981,” a précisé Javier Viar, directeur du musée, qualifiant la rétrospective d’“unique”.

Environ 150 pièces sont exposées dans deux salles du musée : dans la salle BBK, au rez-de-chaussée, 74 peintures et sculptures, et dans la salle 33 (au second étage), 72 dessins, gravures, affiches et documentation originale du mouvement Estampa Popular de Valencia, auquel appartenaient Solbes, Valdes et Toledo, avant de créer le collectif Equipo Crónica.

En réaction contre la peinture informelle et abstraite, Equipo Crónica développa au début des années soixante une esthétique figurative, proche du Pop Art et à nette coloration politico-sociale.

En détournant et en parodiant les icônes de la muséographie espagnole, leurs travaux cherchaient à offrir une lecture critique de l’histoire de l’art et des représentations symboliques du pouvoir, à critiquer de façon parodique la dictature et à reconsidérer les rapports entre le pouvoir et la pratique artistique.

Ainsi par exemple, dans la série intitulée Guernica, exposée à Bilbao, les artistes du collectif montrent leur opposition au régime du franquisme et à la politique de répression en fusionnant le dramatisme et la violence du célèbre tableau de Picasso avec l’ironie et l’humour du Pop Art. La série Policía y Cultura, de son côté, offre une critique de la violence institutionnalisée.

equipo-cronica-gernikaAu-delà du regard critique sur la société espagnole et des aspects idéologiques, les artistes d’Equipo Crónica s’interrogent aussi sur la fonction de l’art et sur les rapports que ce dernier entretient avec la société.

Le thème de la série intitulée Serie negra, réalisée entre 1971 et 1972,  par exemple, est celui de la peinture en tant que discipline, alors que les références à la réalité politique et sociale s’y font moins évidentes.

Equipo-Cronica-8Les toiles d’Equipo Crónica ne sont donc pas seulement des chroniques sociales, mais aussi et surtout des manifestes esthétiques qui abordent des questions aussi variées que l’Histoire de l’art, les supports, la couleur, les genres, les codes, les techniques ainsi que la fonction de la peinture au sein de la société et le rôle de l’artiste et de l’art.

Equipo-Cronica-7“Leurs tableaux se donnent à lire comme un questionnement sans cesse répété sur la fonction de l’art, sur la nature de l’image et sa possible manipulation, sur son impact et son pouvoir même sans oublier la figure de l’artiste dont l’image est fréquemment démythifiée,” estime Fabrice Parisot.


equipo-cronica-1Exposition Equipo Crónica

Museo de Bellas Artes, Bilbao,
jusqu’au 18 mai 2015

 


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