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« Eresoinkaren Itzalak » : Dantzaz de retour au Théâtre Quintaou d’Anglet, pour une même révolte basque contre tous les Gernika d’aujourd’hui

10 octobre 2016 > > Soyez le premier à réagir !

Toujours en tournée avec leur spectacle « Aureo » qui a enchanté le festival du Temps d’Aimer de Biarritz il y a un mois, c’est à une nouvelle gageure que s’est attaquée la troupe de danse de Dantzaz, pour y porter à nouveau, par la danse, le chant choral et la vidéo, le souvenir d’une lutte culturelle basque historique de 1937.

Le vendredi 22 octobre prochain, la plateforme chorégraphique européenne Dantzaz du Pays Basque sud sera de retour au Théâtre Quintaou d’Anglet pour y présenter la première de Eresoinka Itzarak, littéralement « les ombres d’Eresoinka », et retrouver l’élan fondateur de cette offensive culturelle de 1937.

eresoinkaren-itzalak-dance3C’était il y a près de 80 ans, l’horreur est restée dans toutes les mémoires, lorsque les fascismes conjoints de Franco et d’Hitler décident de détruire le village de Gernika. Le monde est sidéré par ce massacre de populations civiles, ses habitants portent plus encore en eux le sentiment d’une apocalypse, les obligeant à confier leurs enfants à des pays d’accueil, et à accentuer le siège de leurs villes devant les troupes franquistes.

C’est dans cet effroi du peuple basque qu’est imaginée la création avec Eresoinka d’une importante troupe de chanteurs, de danseurs et de concepteurs de décors, chargée de porter dans le monde entier un cri d’alarme culturel contre les abominations guerrières.

eresoinkaren-itzalak-dantzaz-eresoinka-theatre-quintaou-anglet-6Dans cette troupe, chargée par le président du premier gouvernement basque José Antonio Aguirre de « porter de par le monde, au travers de nos plus belles mélodies, le souvenir d’un peuple mourant pour la liberté » (voir ci-après), on y trouve des industriels, des paysans, des ouvriers, des avocats, des instituteurs, des employés de bureau, un médecin, un architecte, un vétérinaire, un dentiste, un prêtre.

S’y trouvent également Pepita Embil, future mère de Plácido Domingo, et Mariano Gonzalez Garcia, que l’on ne connait pas encore sous le nom de Luis Mariano. Les ont rejoint les plus grands compositeurs basques, le grand peintre Ramiro Arrue et de grands couturiers parisiens comme Chanel et Pierre Cardin qui apporteront leur concours à l’entreprise.

eresoinkaren-itzalak-dantzaz-eresoinka-theatre-quintaou-anglet-2Sans armes, mais en tirant de la mise en ballet contemporaine d’une des cultures les plus anciennes d’Europe l’alerte aux consciences recherchées, l’entreprise fut rythmée par une émotion formidable du public et des critiques, comme en témoigne cet hommage du Figaro en 1937 :

Les artistes qui n’étaient pas sur la scène s’étaient installés dans les fauteuils. Nous les entendions rire et chuchoter dans leur langue sonore et musicale… Sur la scène cependant, les chanteurs se groupaient, serrés les uns contre les autres, pour devenir un véritable orgue humain. Les voix de basse aux résonances profondes s’amplifiaient, étrangement puissantes, tandis que s’élevaient, aiguës et bouleversantes, des voix de séraphins d’une pureté céleste.

eresoinkaren-itzalak-dantzaz-eresoinka-theatre-quintaou-anglet-11Invité par Donostia 2016 et la Ville d’Anglet à rendre hommage à cette offensive culturelle, Dantzaz a retrouvé la semaine passée le plateau de la scène qui les avait accueillis en février dernier lors de Mugarriak Dantzan, co-organisé avec Eklektika.

Les bons souvenirs sont là, mais moins pressants sans doute que ce travail à finaliser pour le 22 octobre, qui reprendra « l’ombre d’Eresoinka » pour la transposer.

Dans leur rampe de lancement de Renteria, les jeunes danseurs européens de Dantzaz ont tout d’abord effectué un travail de discussions sur les Gernika d’aujourd’hui, et la fuite de ces milliers de migrants fuyant chacun leur Apocalypse. L’ensemble vocal KEA a été associé, réputé comme l’un des choeurs de chambre contemporain de référence en Espagne, tandis que le collectif de vidéastes Inesfera aura pour tâche de créer le mapping qui accompagnera la création scénique.

eresoinkaren-itzalak-dantzaz-eresoinka-theatre-quintaou-anglet-10« Le Eresoinka de 1936 se voulait l’union de ce qui était alors «contemporain», de la danse et musique basques traditionnelles «balletisées» à l’expression d’arts visuels, que nous avons adaptée à aujourd’hui, tout en gardant le même esprit », présente le Directeur de Dantzaz, Fernando Saenz de Ugarte.

« Dans le même esprit » est devenu un double défi à relever, tout d’abord pour un chorégraphe uruguayen Martin Inthamoussú, Dantzaz procédant ainsi à un retour d’accueil quand ce pays ouvrit largement ses portes à la diaspora basque de 1937, puis pour Adriana Pous, directrice artistique de Dantzaz, elle-même d’Uruguay, accueillie tout jeune au Pays Basque.

eresoinkaren-itzalak-dantzaz-eresoinka-theatre-quintaou-anglet-8« La terre, celle que l’on amène avec soi, et qui vous parle de votre pays que vous avez aimé, que vous avez quitté, et que vous espérez retrouver un jour : cet élément sera important pour cette nouvelle chorégraphie », précise-t-elle, « et nos jeunes danseurs venus de toute l’Europe l’ont intégré avec émotion ».

L’émotion est donc le maitre-mot de cet événement, à nourrir sur le plateau de Quintaou le vendredi 22 octobre, mais également dans les rangées du public : ce jour-là sera présent Jean Ospital, ancien danseur, témoin de cette époque basque, devenu par la suite un très grand formateur danse à la carrière internationale : une place d’honneur et de partages lui a été réservée, la veille à 17h, à l’occasion d’une répétition publique de Dantzaz et en compagnie de l’historien Philippe Régnier auteur du livre-référence Eresoinka, de Sara à Paris.

Gernika, 1937

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Alep, Syrie, 2016

Il est souvent dit que l’Histoire, de ne pas être assez connue, n’en finit plus de se répéter tragiquement : se souvenir de ces élans déterminés a donc toute sa place dans nos prises de conscience.


Eresoinka Itzarak

dantzaz-eresoinkaren-theatre-quintaou-anglet-octobre-2016-AGENDAvendredi 22 octobre 2016, 20h30
Théâtre Quintaou d’Anglet
Prix des places : 15 € / 12 € / 10 € / 5 €
Billetterie directement au Théâtre Quintaou d’Anglet
Tous les renseignements sur le site de la Ville d’Anglet


Répétition publique

eresoinkaren-itzalak-dantzaz-eresoinka-theatre-quintaou-anglet-1jeudi 21 octobre 2016, 17h
Théâtre Quintaou d’Anglet
gratuit et ouvert à tous

La compagnie Dantzaz vous invite à la répétition publique de leur création « Eresoinkaren Itzalak » (chant, danse) la veille de leur première, en présence du chorégraphe Martin Inthamoussú et de la directrice artistique de la compagnie Adriana Pous.

Cette répétition sera suivie d’une rencontre avec Philippe Régnier auteur du livre Eresoinka, de Sara à Paris et Jean Ospital, ancien danseur et formateur danse à la carrière internationale. Une occasion d’évoquer avec eux l’épopée Eresoinak et le rôle de la danse comme vecteur de vie, de rencontres et de résistance.


EresoinkaA retrouver : l’histoire d’Eresoinka, décrite par notre journaliste Frederik Verbeke en octobre 2014, à l’occasion de l’hommage rendu par l’Orchestre de Bilbao


 


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