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Errobiko Festibala, par les souffles reliés, et les âmes régalées

28 juillet 2015 > > 4 commentaires

Durant 4 jours, du 23 au 26 juillet, de belles vibrations ont soufflé dans les arbres d’Itxassou durant le festival Errobiko Festibala, compte rendu sur place par Kattalin pour Eklektika.

Beñat Achiary et l’association Ezkandrai qui l’organisent ont fêté les 20 ans de Errobiko Festibala, ce rendez-vous si bien illustré dans la phrase du poète basque Josean Artze, « boire à la vieille source, l’eau nouvelle, toujours nouvelle, de la vieille source… ».

Eklektika est allé s’y promener. Sans tout voir, on a pu respirer un peu de ce bon air pour vous le raconter.

Pendant Errobiko Festibala, l’innovation n’oublie pas d’où elle vient. Elle ne se détache pas de ses racines pour aller se perdre parmi les bois morts et repeints.

Une vision insufflée par ce festival haut perché dans les hauteurs d’Itxassou, bien loin des marasmes de la consommation et qui, en plus de se confondre à un paysage apaisant et grandiose, redonne à nos cultures un vaste horizon.

Détentrices des émotions qui nous relient tous, traditions et créations se sont mêlées durant quatre jours, à l’image des festivaliers mains dans les mains, formant une chaine humaine improvisée, tous âges et cultures confondues.

La nature a une acoustique fabuleuse.

errobiko-festibala-2015-6Ainsi, près ou plus éloigné de la scène, sous les chapiteaux ou sous les arbres, la musique se transporte comme une respiration venu des montagnes.

Les heures rendent les visages alentours familiers, des sourires se croisent, des enfants et des adultes dansent. Les bénévoles œuvrent détendus et les artistes s’assoient aux mêmes tablées pour un méchoui traditionnel. Ici pas de hiérarchie entre les personnes : le lieu l’avalerait comme une poussière ridicule.

Pas de foule l’après-midi, mais une ambiance calme et joyeuse qui se remplit à la nuit tombée.

Entre promenades poétiques, marionnettes pour les enfants, ou conférences, la culture du langage à transmettre fait intégralement partie du festival. Et la fête ne dispense pas de la réflexion, autre distinction avec le consumérisme ambiant de nos sociétés.

errobiko-festibala-2015-9Ce sont les flammes du flamenco qui allument jeudi soir la soirée d’ouverture, dansées par Chloé Brulé accompagnée de la guitare de Raul Cantizano et la voix de Niño de Elche.

Un trio dont la créativité n’a rien à envier aux grandes compagnies et qui, tout en avançant vers son futur, ne résume pas sa pureté à un simple clin d’œil.

Puis, se rencontrent peu à peu les vibrations d’un Pays Basque pop avec Dual Split, ou jazzy, avec Benat Achiary et le batteur Errobiko Festibala ou les souffles qui relient, les rythmes du Brésil avec le groupe Forro da Lua ou de la Réunion avec Zanmari Baré, qui après Daniel Warro, est venu transmettre le chant Maloya, riche d’histoire et de tendresse.

La musique expérimental aussi, avec le trio Bengalifère qui fait chanter les métaux ou un duo de cornemuse et de percussions dont le chant hypnotique fait sombrer quelques festivaliers fatigués des deux premières nuits vers une sieste méditative au soleil.

Ces derniers sont vite réveillés par le trio vocal/ percussions du groupe occitan Cocanha. Un chant vivifiant et féminin que rencontre Eklektika après un passage plein d’allégresse.

errobiko-festibala-2015-7Originaires du Béarn, de Toulouse et de Gironde, Lolita, Lila et Caroline, trois jeunes femmes sûres d’elles s’inspirent des cultures populaires traditionnelles, tout en y ajoutant leur humour, leurs influences.

« Nous voulons relier la culture du bal au langage », explique Caroline, une des trois chanteuses munie d’un tambour à cordes. Un instrument dont le bourdon mélodique et rythmique rappelle parfois les cultures indiennes et tribales.

Les répertoires pyrénéen, gascon et languedocien se mêlent, rappelant un peu le groupe Zap Mama, version occitane, un engagement cher aux fières demoiselles, qui refusent de chanter en français.

Puis, la très attendue et transcendante guimbarde des nomades de Mongolie de Neptune Chapotin, les chants et percussions de Castille et d’Andalousie, un chant basque, ont poursuivi la transe, sans omettre de rendre hommage à leurs pères dont, notamment, les mineurs de Biscaye qui extrayaient le fer.

errobiko-festibala-5Sans s’étendre sur les rencontres et le partage spontané, via le oud de Mohammed Boujalal, l’accordéon de Jean-Christian Irigoyen ou la flûte de Marc Lafaurie, et autres fidèles artistes engagés.

Un festival qui choisi de s’achever devant les hêtres d’Itxassou, témoins discrets des vertiges, des souffles et des mémoires et qui pointent leur cimes vers le ciel et l’avenir, comme une invitation à l’année prochaine.

errobiko-festibala-2015-4On n’a pas pu tout voir, mais on a ressenti.

En redescendant vers le quotidien, une anecdote saisit.

Nous croisons un autre évènement à sa fin : une soirée DJ diffusant des tubes estivaux de radios sur une plage. Contraste saisissant ou retour violent dans le monde de Mac Do.

Tout emprunt de lucidité, il reste à sourire en pensant aux collines, aux bénévoles d’Itxassou, certains encore sur place jusqu’à mercredi pour tout ranger.

Et à cette herbe où l’on n’a pas croisé une seule canette ou autre objets en plastique, vierge de toute profanation malgré les festivaliers sur place.


 


Commentaires

4 réponses à Errobiko Festibala, par les souffles reliés, et les âmes régalées

  1. Un article qui donne envie de s’y retrouver l’an prochain, en effet. Merci.

  2. PatX dit :

    Agur !

    Emazte batek soinu grabaketak egin ditu festibalaren irekitze epean :

    > non aurki daitezke interneten horiek ?

    Milesker

  3. Kattalin dit :

    Merci Nicolas et bonjour PatX.
    C’est Kanaldude qui a filmé tout le festival. je pense que vous parlez de ces enregistrements. Il faut aller sur leur site, ce sera surement en ligne au mois d’août.
    Et potta Ramuntxo

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