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Estro, du Malandain Ballet Biarritz : une nouvelle rencontre dansée entre ciel et terre

5 novembre 2014 > > Un commentaire

Samedi 8 et dimanche 9 novembre, le Ballet Biarritz dévoilera à Donostia-San Sebastian la nouvelle création de son chorégraphe Thierry Malandain, dont Estro est la pièce centrale.

Une fin d’après-midi à Biarritz, dans une Gare du Midi vide de tout spectacle, peut tout de même apporter une lumière vive quand celle du studio du Ballet Biarritz Malandain, au 3ème étage, laisse à voir les silhouettes de danseurs en répétition.

S’en approcher n’a rien d’inopportun, quand ce temps de travail est devenu un rendez-vous public régulier de la bande de Thierry Malandain, avant que ne soient dévoilées ses imminentes créations.

« On ne va pas tout vous montrer ! », s’amuse Richard Coudray, le maître de ballet qui dirige la séance devant de nombreux fidèles venus par curiosité et pure fidélité.

estro-malandain-2Dans le studio, les visages de la troupe d’une vingtaine de danseurs sont désormais aussi connus que leurs talents, mais le temps n’est pas celui des sourires convenus, mais de l’effort, de la sueur, et d’une extrême concentration.

Plus encore que dans nos vies ordinaires, le faux-pas est interdit pour ces corps en charge avec les consignes, tout d’abord, des représentations chorégraphiées de la Danse macabre de quelques Nocturnes de Frédéric Chopin.

Le studio ne permet évidemment pas de prendre la pleine mesure de ce qui sera donné aux premiers spectateurs du Victoria Eugenia de Donostia, mais les figures attendues par les spectateurs sont là, grâce et amplitude au service d’une partition de mouvements que l’on constate millimétrée.

Le vocabulaire de Thierry Malandain y a toute sa place, formé de pointes précises et d’implorations du ciel par ces prises et élans de danseurs qui ne décevront ni ses adorateurs ni ses éternels contradicteurs.

Ses mots à lui dans ce combat inégal de la légèreté contre la gravité s’expriment par des figures en harmonie avec le répertoire musical qu’il affectionne, et défend (parfois) contre le monde même de la danse d’aujourd’hui.

Pourtant, il faudra aux uns et aux autres accepter de voir son souffle cesser sa course inconsciente quand retentiront les notes de Vivaldi, en particulier de ce Stabat Mater qui forme la pièce la plus inespérée de cette création.

malandain-estroIl n’aurait sans doute pas été aisé de prédire l’inscription de cette profonde plongée religieuse dans le travail de celui qui, depuis 1998 à Biarritz, nous a habitués à des rêves d’enfants aux pieds en canard.

A ce texte poignant de Marie devant la crucifixion de son fils, le chorégraphe parvient à donner un corps aux mots et aux notes, l’arrachement d’un danseur par ceux qui l’entourent amplifiant la puissance d’évocation du chant de Vivaldi : « Je désire auprès de la croix/Me tenir, debout avec toi,/Dans ta plainte et ta souffrance« .

Dans le livret qui annonce cette nouvelle création, Thierry Malandain a adjoint ses propres mots pour présenter ce Estro : « En ouvrant à une joie intime, Vivaldi permet d’approcher les cimes de l’être. Mais comme l’écrit André Lendger, aumônier des artistes dans les années 1970 : « Il est plus facile aujourd’hui de gravir un sommet de 8 000 mètres que de monter de quelques centimètres à l’intérieur de soi. »

estro-malandain-9Dans le studio de Biarritz, ce soir-là, il faudra la bonne humeur de Richard Coudray pour interrompre le saisissement du public, et inviter ceux qui le souhaitent de passer du rêve à l’acte.

Sur sa proposition, une vingtaine de spectateurs prennent place aux côtés des danseurs, pour la répétition qui prouve à ceux qui découvrent cela pour la première fois, que, réellement, le Ballet Biarritz Malandain est définitivement un acteur culturel à part, hors-normes dans un milieu où le cloisonnement peut être autant une protection qu’une afféterie de vieil Empire.

estro-malandain-6Pas ici, où l’air que l’on y respire souhaite embrasser tous ceux qui ont fait le premier pas pour s’en approcher avec respect.

Et où même un mouvement de relâchement peut devenir une esquisse de danse.

estro-malandain-8


Tous les renseignements nécessaires pour assister aux premières représentations de Estro sur le site du Ballet Biarritz, ou directement sur la billetterie du Teatro Victoria Eugenia de Donostiaaffiche estro malandain


 

 


Commentaires

Une réponse à Estro, du Malandain Ballet Biarritz : une nouvelle rencontre dansée entre ciel et terre

  1. […] Samedi 8 et dimanche 9 novembre, le Ballet Biarritz dévoilera à Donostia-San Sebastian la nouvelle création de son chorégraphe Thierry Malandain, dont Estro est la pièce centrale.  […]

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