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Et Avishai Cohen lâcha sa contrebasse, pour mieux admirer son batteur

23 août 2014 > > Soyez le premier à réagir !

Un moment en suspension, offert contre les habitudes inévitables de ses nombreux concerts jazz donnés dans le monde entier, depuis tant d’années. Et son corps qui lui intime de ne plus bouger, de profiter de l’instant, de cet instant, petite fragilité de vie qu’on vous vole habituellement aussi facilement qu’une voiture, ou que les meilleurs moments de votre existence. Le contrebassiste israélien Avishai Cohen pouvait comme nous tous, ce jeudi 21 août, observer, écouter et vibrer à ce qui nous était donné sur la scène du casino municipal de Biarritz, qui accueillait son Trio devant une salle pleine à craquer. Et ses yeux ne pouvaient quitter son batteur, Daniel Dor, qui nous enchantait. Et le sidérait d’admiration.

avishai-01Quelques notes de piano tenues par Nitai Hershkovit suffisaient à fournir le tempo de Seven Seas, que ce nouveau batteur, prenant la suite de bien d’autres au sein de ce Trio, emplissait d’un solo à couper le souffle. Des mains qui volent de cymbale en cymbale, les yeux fixés sur une partition invisible et sur ses balais de batterie, dont jusqu’au moindre mouvement dans l’air devient musique. Chaque minute porte en elle la crainte que cela ne dure pas, l’apnée gagne dans les rangs de la salle, mais le batteur n’en a pas encore fini avec nous.

avishai-2Et Avishai reste fasciné, doigts immobiles sur son instrument, puis décidant de le poser au sol, dans un abandon qui n’est pas celui de la reddition, mais du respect. Lui, le touche à tout, n’a plus besoin d’autre contact physique que celui de ces envolées fracassées ou caressées par Daniel Dor, qui l’emplissent en même temps qu’une profonde mélancolie prend place dans cette partie du cerveau où se concentrent à la fois les sensations de plaisir et de douleur.

Le solo prend des ampleurs qu’il ne soupçonnait même pas, mais il lui faut reprendre sa place et sa contrebasse, en fixant une dernière fois le visage impassible de son compagnon de route.

avishai-1Le public ne s’y trompe pas, qui a retenu son souffle mais pas ses manifestations de joie à la fin du morceau. Alors Avishai Cohen peut se saisir d’un micro, et évoquer ce rêve de grand enfant, il y a 25 ans, quand il débarqua aux Etats Unis, pour se mêler aux plus grands noms du jazz, avant de passer 10 années en Europe, pour continuer de saisir ce que « prendre » et « rendre » ont comme places essentielles dans le mot « apprendre« .

Seven Seas est terminé, il se tourne vers Daniel Dor, le destinataire naturel de cette confession, et rajoute, dans un souffle : « J’ai toujours eu envie de jouer avec les plus grands batteurs de jazz de notre époque… Mais là, quand tu joues comme ça, guy…« .

Et nous eûmes le bonheur et l’émotion d’ajouter nos applaudissements aux siens.

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Ci-après, une version live de Seven Seas, accompagnée par Shai Maestro, piano et Itamar Douari, batterie et percussions.

Site officiel d’Avishai Cohen : www.avishaicohen.fr/


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