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Mission réussie pour l’expo Apollo 4, dans un DIDAM de Bayonne toujours sans boussole

27 décembre 2015 > > Soyez le premier à réagir !

Depuis le 1er décembre et jusqu’au 17 janvier prochain, le festival d’art contemporain Apollo#4 prend possession du Didam Bayonne, l’habitant là où ses promoteurs laissent cet espace sans véritable destination compréhensible.

Il lui a fallu rapprocher les mots « art » et « musique » pour que le directeur d’exposition, François Loustau, puisse donner une possible clé à l’exposition du Festival Apollo#4 dans l’espace Didam de Bayonne jusqu’au 17 janvier 2016.

didam-apollo-4-3Une proposition de photos, de sculptures et de « récoltes d’objets » en forme le coeur sensible, celui qui est l’habitant régulièrement cité du lieu se contente d’évoquer « une proposition faite, où la musique est surtout un élément sonore, enveloppant, sans l’obligation de faire illustration ».

François Loustau a glané des oeuvres du FRAC Aquitaine et du CAPC Bordeaux, il s’est laissé guidé par « une certaine mélancolie », qui peut prendre la forme d’une photographie de Cindy Sherman, dont la femme représentée semble se diriger vers le bar Nighthawks de Edward Hopper.

didam-apollo-4-10Ou bien celle d’un Ian Curtis découpé et rapiécé par le travail de Meredith Sparks, qui lui a rajouté les larmes que le public de Joy Division n’a jamais vues.

Dans la pièce de gauche du Didam, ont été installées deux invitations physiques avec la lumière et le son, conçues par Emmanuel Lagarrigue.

didam-apollo-4-7didam-apollo-4-6didam-apollo-4-5Déambulations sans destination autrement fixée que de découvrir les sensations d’une composition symphonique traduites en lueurs de néons, quand la pièce porte la sonorité de dialogues de Pola X du réalisateur Leos Carax, quand seul pourrait manquer ici le canapé des fantômes nocturnes de Only lovers left alive de Jim Jarmush.

Investir au minimum le futur, croire qu’il est encore possible de l’imaginer, même lorsqu’on a le sentiment d’être parvenu au bout du temps.

Rester dans cet espace, où ce temps ne passe pas mais s’accumule, nous permettre de comprendre qu’il n’y a plus rien à attendre et pourtant rien d’autre à faire que cette attente, pour ce qu’elle peut faire surgir en nous de désirs et de voyages intérieurs.

« L’idée de ce parcours est de proposer une recherche active de sons, d’aller à la rencontre d’un être imaginaire, qui questionne la réalité des choses et nos rêves », François Loustau a lui même le regard qui s’égare.

Le Festival Apollo qu’il porte est sans doute concrètement tangible dans ce départ proposé vers des géographies artistiques qui ne cessent d’évoluer d’année en année.

Sa conception de l’art contemporain n’est pas une façade mais une porte d’entrée, dont il a moins conscience que d’autres, sans doute, à l’entendre murmurer son désir de « faire découvrir l’art contemporain au grand public ».

Ses propositions se heurtent à une masse sociale qui peut vivre sans lui, mais qui ricochent auprès de tous ceux pour qui cette l’absence de telles oeuvres vaudrait chaos et envie de fuite.

didam-apollo-4-2Seuls ceux qui ont les pieds fixés au sol le pensent perdu dans l’espace, quand lui sourit, lève le pouce en l’air, et transmet la cohérence de ce qu’il voit en équilibre.

L’exposition Appolo#4 est visible au Didam jusqu’au 17 janvier 2016.


LE DIDAM, UN NAVIRE SANS GOUVERNAIL

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L’espace d’exposition Didam a ouvert ses portes à Bayonne le 17 avril dernier, en lieu et place de l’ancienne direction territoriale des Affaires Maritimes.

En 8 mois, il a vu défiler les peintures de Sistiaga, les photographies de Raymond Depardon, les sculptures de l’exposition Bastions (déjà François Loustau), les oeuvres  rassemblées par Arcad, les installations audiovisuelles Sonidos del Peru du festival Haizebegi.

Un peu plus de 6.500 visiteurs ont été comptabilisés, alors qu’a commencé cette 6ème exposition actuelle d’Appolo#4, mais ni ce chiffre de comptables ni la diversité des expositions ne peuvent atténuer la faiblesse du projet actuel.

Initié par un investissement de 1,2 million d’euros, les volumes supérieurs du lieu sont toujours inexploités, que cela soit ceux des bureaux potentiellement aménageables ou cette terrasse unique sur l’Adour, livrée aux seules araignées.

didam-bayonne-art-7Le Didam n’a pas de capitaine à bord, aucun service de médiation (scolaire ou public) n’y est rattaché, et l’absence d’un site internet de présentation le prouve également : ouvrir ses portes semble avoir constitué l’horizon politique à atteindre.

Et la seule requalification de cette maison remarquable (signée des deux frères et architectes art déco Benjamin et Louis Gomez) l’a propulsée un peu trop vite comme le palliatif à la disparition de feu-Le Carré Bonnat.

Dans les faits, le budget de fonctionnement de cet équipement d’agglomération est inexistant et, François Loustau le consent, « pour le FRAC Aquitaine, le lieu n’est pas une réelle ressource » : trop restreint pour une réelle densité d’expositions, trop peu identifié pour faire référence.

didam-apollo-4-1Dans la pièce de droite, l’exposition rassemblée au sol de Sandra Cuesta a valu des sueurs froides à l’équipe de ménage, qui s’est demandée s’il fallait « se débarrasser de ça ».

François Loustau évoque pour sa part « des objets autonomes », des souvenirs d’existences : il les a sauvés de l’incompréhension de ce temps suspendu, aux heures où les portes sont fermées au public.

Mais une fois ouvertes, cette même incompréhension a persisté, et la personne à l’accueil n’a pas reçu la formation lui permettant de soulager « la peur » de certains visiteurs.

Et François Loustau, sans véritable cachet financier pour ces 6 semaines d’expositions, ne sera pas forcément tout le temps présent, du mardi au dimanche, de 13h à 19h.

La nuit verra se refermer les portes du lieu, l’absence d’éclairage extérieur ou d’affichage conséquent l’ayant de toute façon déjà absorbé dans la pénombre.

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