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Le noir de Stéphane Moscato avec Spacejunk, sans attendre le black out de l’Atalante de Bayonne

27 mars 2017 > > Soyez le premier à réagir !

Jusqu’au 5 avril 2017 et faisant suite à la 13ème édition des Rencontres sur les Docs au Cinéma l’Atalante de Bayonne, l’artiste Stéphane Moscato, invité par Spacejunk, offre l’exclusivité d’une exposition intitulée « Hors cadre ». Poétiquement engagé, ce street art parle pour les murs. A accrocher à ses souvenirs, avant que ce cinéma historique de St Esprit ferme ou pas ses portes, mais avec ce petit air narquois et superbe qu’on pourra définir comme avoir la classe.

Dès l’entrée du Cinéma L’Atalante de Bayonne, un mur de poésie revendicatrice devant soi accueille le visiteur. L’intensité d’un live qu’un enregistrement ne peut rendre, au même titre, ici, qu’une vision. Des froissures, des poings crevant leurs toiles, et un mur de 7×4 mètres sublimés, réalisé le 8 mars dernier lors de la soirée d‘ouverture du 13ème festival Rencontres sur les docs, faisant face.

C’est imposant de fulgurances, de taille, de détails : l’artiste marseillais Stéphane Moscato est « dans les murs » et ce n’est pas rien de donner un horizon aux pierres, sans recul ou presque.

L’exposition ne doit rien au hasard : entendu comme une réunion de films ovnis, ni tout à fait fictions, ni vraiment documentaires, le festival a inspiré instinctivement à Alban Morlot, directeur de SpaceJunk Bayonne, l’univers décalé et romantique de l’artiste. Missionné chaque année de choisir un artiste selon le thème des Rencontres, il pense de suite à cet univers engagé, rencontré à l’occasion des quarante ans de la Cité Breuer. Moscato a accepté et proposé une série déjà existante, mais qui ne tournera pas cette fois-ci dans les autres Spacejunk de Lyon et de Grenoble.

C’est après avoir lu l’essai politique de Guy Debord, La société du spectacle (1967), que l’artiste fouille actuellement dans ses ressentis pour les retranscrire en images. L’aliénation du vivant par le capitalisme, la créativité réduite à l’impuissance, mais aussi le lyrisme ou la mascarade du quotidien, dessinent les grilles dans lesquelles Moscato borde son cheminement artistique. Hasard ou pas, la spontanéité des années 68 décline sa démarche, intellectuelle et technique.

La poésie est dans la rue, lisait-on à l’époque. Il le sait et commence son travail ici-même, en tant que badaud persévérant à l’affut des affiches qu’il va décoller puis maroufler sur des toiles. Ainsi détournés, les visuels vont peu à peu proposer une lecture polysémique et devenir compositions picturales réalisées au pochoir, utilisé ici comme un tampon.

Loin d’être dans la reproduction et à l’inverse du Pop art, le pochoir n’est pas réutilisé et devient, chez Moscato, une œuvre unique : issu de la culture punk rock, ses créations sont subversives, poétiques et interrogent la petite (ou grosse) musique en soi.

La subtilité de la fresque murale réalisée sur le mur de l’Atalante se révèle in situ, une fois les deux pieds plantés devant, le regard légèrement hypnotisé par la pellicule de film entourant le front d’une femme aspirée par ce qu’elle y voit, « elle porte des œillères, mais en fait, le film de sa vie se déroule dans sa tête », ajoute Alban Morlot, après un silence inspiré.

Un clin d’œil pas sans audace lorsqu’on sait que l’Atalante, lieu chargé en histoire et en passion, vit peut-être ces derniers jours, mais rien n’est moins sûr, « la fresque oblige à reconsidérer cet endroit comme un lieu culturel », raconte le directeur de SpaceJunk, « on est donc en droit d’espérer qu’il résiste ».

Autre projet, une œuvre de street art avec un pochoir lumineux, au fond de la salle d’exposition. Le résultat est surprenant, hybride et tend à se développer à l’aide de futurs sponsors.

Stephane « Stf » Moscato est reparti sur les routes, son livre sous le coude, Papier s’il vous plait !, une monographie parue chez Critères éditions, retraçant le parcours de l’artiste, de ses œuvres aux odeurs de souffre sous le ciel punk des années 80 à son travail narratif actuel.

« Le mur » à Oberkampf de Stéphane Moscato

Récemment, l’artiste faisait « le mur » à Oberkampf ; demain, il sera peut-être à Londres, à Amsterdam ou à Zurich.

Le cinéma l’Atalante lui, profite de sa nouvelle peau jusqu’au 5 avril et avouons-le, l’envie d’effacer la fresque murale attendra ou ne viendra pas.


 


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