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Quatre longs (sinon rien) [ Jour 4]

3 octobre 2014 > > Soyez le premier à réagir !

Le Festival latino de Biarritz se révèle un lieu redoutable. Les propositions se croisent et se multiplient, le cinéphile est au supplice, il doit choisir. Choisir entre les films de la compétition, longs, courts et documentaires, ceux du focus mexicains, les avant-premières, les séances spéciales, sans compter les rencontres de midi avec les réalisateurs et les rencontres littéraires.

Les horaires se chevauchent inexorablement, les queues devant les salles s’allongent à l’infini, des foules arpentent les trottoirs de la folle diagonale reliant le Casino à la Gare du Midi et, cruelle tentation, le ciel et la plage usent de procédés déloyaux pour vous détourner du droit chemin. Ne pas s’étonner, alors, que certains partis s’enfermer dans les salles se retrouvent à la terrasse d’un café, la mer en ligne de mire, ou bien, pire, à farnienter sur le sable, les doigts de pied en éventail.

Heureusement d’autres tiennent bon !

14h : arrivée devant la Gare du Midi, une marée humaine occupe tout le parvis et les environs, marée qui fait spectaculairement tomber la moyenne d’âge des fidèles : c’est le jour des scolaires ! Un flot qui difficile à traverser. D’où viennent-ils ? De partout, d’ici d’ailleurs, partout juste pour un film, sous la houlette de leurs profs d’espagnols, ont entre 14 et 18 ans, et sont ravis. Je me faufile avec eux et me pose au premier rang, ma place de prédilection.

 12h45 : Gente de Bien de Franco Lolli, Colombie.

gente de bienAncien de la Fémis, la fameuse école de cinéma français, avec lui, la traductrice est en vacances. Un titre à double sens, en Colombie, Gente de Bien, désigne les gens de la bonne société, mais dans son film Lolli, traite aussi « des gens bien » aux qualités morales de bonté et de droiture. Un homme galère en bricolant chez une prof de fac ; un jour, il hérite de son fils de 10 ans, confié par la mère partie tenter sa chance ailleurs. La prof est une femme généreuse ; elle adopte immédiatement le garçon, possible copain de son propre fils, jusqu’à inviter père et fils dans sa belle maison familiale, pleine de cris et d’enfants, pour les vacances de Noël.

L’enfer étant pavé de bonnes intentions, si Eric, le petit garçon, tente d’oublier sa maman avec ses nouveaux copains et leurs loisirs de riches, ceux-ci le rejettent et le père y perd sa dignité. Très fine analyse de la difficulté à transgresser les classes sociales. Acteurs nickels, mention au petit garçon !

15h : Los Hongos d ‘Oscar Ruiz Navia, Colombie.

hongos

Le président du jury est en retard, Marc Bonduel, le délégué général du festival, fait patienter son monde devant l’immense salle au bord de l’implosion : il se trouve que ce 2 octobre est l’anniversaire de Cornélius et de plusieurs autres ados présents, Happy Birthday !!!

Les pérégrinations des deux copains graffeurs dans les rues de Cali peuvent commencer enfin. Un film de genre, couleurs, décibels, poursuites. La liberté est dure à prendre pour les artistes. Rien de nouveau sous le soleil du festival qui en a vu d’autres du même genre…

 17h30 : El Cordero de Juan Francisco Olea, Chili

corderoLes scolaires regagnent leurs pénates, on respire. J’attends beaucoup de ce film après avoir trinqué l’autre soir avec le réalisateur et l’acteur. L’argument m’en paraît excellent. Un homme, meurtrier par hasard, ne ressent aucune culpabilité ; pour revenir à la normale, il se lance dans une série de malversations des plus répréhensibles.

Il est si sympathique ce jeune réalisateur ! Si heureux de présenter son film, qu’on a de la peine à découvrir un scénario si mou qu’on aimerait bien y aller de son coup de ciseaux.

Malgré la performance de Daniel Munoz, l’acteur principal, le film rate sa cible. Ce qui aurait pu être une désopilante comédie, critique de la main-mise de la religion dans ce pays, reste à l’état d’intention. Après tout, on a vu d’autres cinéastes reprendre, après plusieurs heures de vol, des thèmes à peine effleurés. C’est tout le mal qu’on souhaite à Juan Francisco Olea !

20h30 : Refugiado de Diego Lerman, Argentine.

refugiado

L’homme arrive précédé de ses films présentés au festival, Tan de Repente et la Mirada Invisible qui parlent pour lui, y’a pas photo, Lerman s’y connaît en cinéma. Il explique qu’étant parti pour tourner une comédie, il a changé en chemin : la réalité s’est imposée à lui sous forme d’un fait divers.

Une femme enceinte, battue par son mari, quitte tout pour le fuir, avec elle son fils de 7ans. Une errance enfiévrée dans les quartiers de Buenos Aires, de foyer en hôtels minables. Un thème certes pas original mais traité, ici, du point de vue de l’enfant. Bien obligé de prendre le parti de sa mère qu’il a trouvée baignant dans son sang, Mati tente se reconstruire dans les havres de fortune où ils posent leur baluchon. A peine un lien se tisse qu’il faut le rompre…

Entre loyauté et doutes, on sent Mati grandir à vitesse grand V. Quittant son statut d’enfant aimé et protégé, il se retrouve à gérer une situation qui le dépasse. Avant d’envoyer ses personnages retrouver une grand-mère oubliée au fond du delta du Parana, magnifique symbole des origines, Lerman nous offre une scène d’angoisse digne des plus grands thrillers. Acteurs nickels, mention (également) au petit garçon.


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