Après 3 ans, plus de 1 000 articles écrits
par une trentaine d'auteurs, 1 700 dates d'agenda,
340 fils musique, 330 brèves de culture,
420 newsletters envoyées à 4500 abonnés
pour un total de 900.000 pages vues,

Eklektika s'arrête.

Merci à ceux qui nous ont fait confiance.

Si le projet vous intéresse : continuer@eklektika.fr

Retour en haut de la page
Twitter Facebook Contact Recherche

La Palme d’Or au Macbeth de Justin Kursel : 10 raisons d’y croire (déjà)

15 mai 2015 > > Soyez le premier à réagir !

Le festival de Cannes 205 vient de commencer son petit marathon de projections de films en sélection, pour une compétition du 13 au 24 mai, mais l’observation de ses rites répétitifs, fait déjà du MacBeth de l’Australien Justin Kurzel le favori logique à la Palme d’Or de cette édition.

Dix bonnes raisons d’y croire ont eu la bonne idée de converger vers ce long-métrage très attendu, qui ne sera pas loin du Palmarès si tant est qu’il échappe à une telle médiocrité que son maintien dans la liste d’honneur en serait remis en question.

palmares-cannes-2015-13Un cas de figure assez peu probable : Macbeth n’est que son deuxième film, mais sa première réalisation, Les crimes de Snowtown (2011) avait impressionné par sa capacité à montrer la faiblesse tragique de l’humanité dans un monde plongé dans la violence, par une signature noire et pessimiste sur les ravages contemporains.

Dans une époque qui fait de Game of Thrones l’alpha des séries télé à ne pas manquer, le matériau de base devrait lui fournir de quoi rendre impressionnant ce propos, le réalisateur australien s’étant montré particulièrement habile et convaincant dans les difficiles équilibres entre tragédie et refus du manichéisme.

1ère raison : parce que Justin Kurzel n’est pas une femme

Justin KurzelC’est une habitude prise par Cannes depuis 20 ans, puisqu’il faut remonter à 1993 et à La Leçon de Piano de Jane Campion pour voir la Palme d’Or attribuée à une réalisatrice.

Cette année, le film d’ouverture d’Emmanuelle Bercot, La Tête Haute, est hors-compétition, et seules deux femmes (deux Françaises) concourent dans cette édition : Marguerite et Julien de Valérie Donzelli (La guerre est déclarée, 2010), et Mon roi de Maïwenn (Polisse).

15 films masculins leur sont opposés, et d’autres raisons ci-dessous semblent devoir les éliminer de la plus haute marche.

2ème raison : parce qu’il est programmé en fin de festival

palmares-cannes-2015-8Proposé au dernier jour de compétition de cette année, ce Macbeth a indéniablement une bonne carte à jouer.

C’est en effet devenu une habitude assez récurrente à Cannes, où les doubles effets de la fatigue et de la lassitude sont invoqués pour expliquer une Palme d’or remise souvent sur le tard, au moment où la presse cinéma signale l’effet « surprise » d’un dernier film qui remettrait en question toutes les hypothèses en cours.

Ce syndrome Apocalypse Now de Coppola en 1979 (montré non achevé au dernier jour puis primé) a joué à plein pour Entre les Murs de Laurent Cantet en 2008, ou pour le plombant Oncle Boonmee du réalisateur thaïlandais Weerasethakul, « la Palme dort » remise en 2010 par Tim Burton.

Ou à reverse, quand, l’an passé, le film franco-mauritanien Timbuktu a déchainé les passions de début de Festival, sans parvenir toutefois à résister aux déferlantes successives, laissant sans distinction l’une des œuvres les plus importantes de ce Cannes 2014.

3ème raison : parce que Canal+ et les frères Weinstein sont derrière

palmares-cannes-2015-9La production britannico-australienne de See-Saw Films a eu la chance d’être soutenue en Europe par StudioCanal, un atout considérable pour sa sortie, mais également par les Weinstein Company.

De Pulp Fiction de Tarantino à Fahrenheit 9/11 de Michael Moore, ou encore The Artist, traversent rarement l’Atlantique pour en repartir les mains vides et les bons de commandes vierges.

4ème raison : parce que cela tombe bien, un film d’après Shakespeare

palmares-cannes-2015-10C’est un cadeau posthume qui ne doit sans doute rien au hasard, mais l’an prochain, le monde entier célébrera le 400ème anniversaire de la mort du grand dramaturge, juste deux ans après avoir honoré le 450ème anniversaire de sa naissance en 2014.

5ème raison : parce que Macbeth, oui, avec plaisir, toujours

palmares-cannes-2015-11Donnée pour la première fois en 1606, l’œuvre est à considérer comme un chef d’œuvre pour l’humanité, qui n’a eu de cesse de la jouer sans discontinuité depuis 4 siècles et demi. Et le cinéma ne s’y est pas trompé, en se servant à bien des reprises de l’univers de cette tragédie.

Il faudra en retenir trois en particulier, celle d’Orson Welles en 1948, celle de Roman Polanski en 1971, et sa superbe adaptation par Akira Kurosawa dans Le Château de l’Araignée en 1957.

6ème raison : parce que, depuis 10 ans, la Palme d’Or est (quasi) européenne

winter-une-672x372

Winter Sleep, du Turc Nuri Bilge Ceylan, Palme d’Or 2014

Depuis 2005, 8 des 10 Palmes d’Or sont allés à un film européen, à l’exception de Oncle Boonmee, en 2010, et The Tree of Life, en 2011.

Ce Macbeth arborant pavillon anglais rentre bien dans la définition, et les frères Coen ne cachent absolument jamais leurs fascination pour le cinéma du Vieux Continent.

Et c’est parfois aussi un réflexe américain de le rappeler, depuis un pays qui a fait des Marvel et des super-héros une obsession plus lucrative que culturelle (jusqu’à la nausée).

7ème raison : parce que le casting est bankable à souhait

palmares-cannes-2015-3Michael Shame Fassbender dans le rôle-titre et Marion Cotillard en mère rongée par le chagrin d’avoir perdu leur enfant, voilà qui ne devrait pas faire vilain sur une affiche barrée d’un « Palme d’Or à Cannes ».

Depuis 2014 et le début du tournage, même le grand magazine Variety a admis une chouchou-mania américaine pour ce couple d’acteurs. Et la présence à leurs côtés de Paddy Considine et David Thewlis, impeccables acteurs britanniques aussi à l’aise devant une caméra que sur les planches de théâtre, permettra quoi qu’il arrive de garder contact avec l’ambiance shakespearienne de l’œuvre.

8ème raison : parce que ce ne sera pas Gus Van Sant

palmares-cannes-2015-5Ce n’est pas tant qu’il est interdit de faire du cinéaste de Portland un multi-Palmé, dans une compétition qui nous a habitué aux récidivistes (Haneke, Coppola, les frères Dardennes) mais son The sea of Trees ne devrait pas lui permettre de la remporter après Elephant en 2003.

On ne voit pas les frères Coen remettre le Prix ultime à un citoyen américain sans hésiter (seul Tarantino l’avait fait pour Michael Moore, n’échappant pas après cela à la polémique), mais surtout parce qu’après la médiation indigeste de Terence Mallick, The tree of life distingué en 2011, plus personne ne veut voir un arbre à côté d’une Palme (et tant pis pour Idefix).

9ème raison : parce que c’est un film sur la guerre

palmares-cannes-2015-12Tarantino, toujours, avait réussi à décrocher en 1994 la Palme avec Pulp Fiction, le film le plus sanglant du Palmarès, en plein massacre du Rwanda.

Notre époque troublée appelle à une considération moins fun des conflits en cours, et la dénonciation de la guerre avancée par le Macbeth de Kurzel pourrait être le support idéal d’une profession qui masquera par un peu d’émotion universelle une quinzaine passée à l’hôtel Martinez, à quelques mètres des rutilantes bijouteries Cartier de la Croisette.

10ème raison : parce que cela ne pourra pas être Desplechin

palmares-cannes-2015-7Il était attendu en sélection officielle, mais c’est finalement à la Quinzaine des Réalisateurs que le dernier film d’Arnaud Desplechin, Trois Souvenirs de ma jeunesse sera présenté.

Presque 20 ans après la sortie de Comment je me suis disputé… (ma vie sexuelle), le film est un flashback sur les souvenirs de son personnage principal interprété par Mathieu Amalric, et sa non-sélection dans la grande compétition semble déjà le premier grand regret de cette édition 2015.

Et les 17 autres raison que la Palme d’or lui échappe…

palmares-cannes-2015-8Voici les autres films qui, naturellement, ne peuvent être d’accord avec cet article :

Mon roi de Maïwenn
Dheepan de Jacques Audiard
La loi du marché de Stéphane Brizé
Chronic de Michel Franco
The Tale of tales de Matteo Garrone
Carol de Todd Haynes
Marguerite et Julien de Valérie Donzelli
The Assassin de Hou Hsiao Hsien
Moutains may depart de Jia Zhang-Ke
Notre petite soeur de Hirokazu Kore-Eda
The Lobster de Yorgos Lanthimos
Mia Madre de Nani Moretti
Son of Saul de Laszlo Nemes
Youth de Paolo Sorrentino
Louder than bombs de Joachim Trier
The sea of trees de Gus Van Sant
Sicario de Denis Villeneuve


 


 


Commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. Apprenez comment vos données de commentaires sont traitées.