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Ce que le Festival de Biarritz nous a dit lui aussi sur la place non remplaçable de la culture

5 octobre 2015 > > Soyez le premier à réagir !

Le 24ème Festival de Biarritz a clos son édition sur un Palmarès enthousiasmant et sur un record de fréquentation, qui s’ajoute à celles d’autres manifestations qui dessinent une lame de fond de la culture extrêmement encourageante.

Les victoires se sont partagées, samedi soir, pour la clôture du 24ème Festival de Biarritz Amérique latine, avec des satisfactions qui font événement, que cela soit du côté de la qualité des films projetés, de leurs natures, et de ce que cela continue de dire de la place, déterminée, qui caractérise la culture sur la côte basque.

Ce soir-là, les 1.400 places de la Gare du Midi prises d’assaut ont battu à l’unisson de ceux-là, venus de l’autre côté de l’Atlantique, qui sont repartis avec un Abrazo dans les mains (voir l’analyse du Palmarès ci-dessous), après une édition où les films ont été jugés exceptionnels, à l’heure attendue de la consécration du cinéma latino-américain.

palmares-festival-biarritz6Les prises de paroles des organisateurs et des Jurys ont rythmé la soirée où a été observée une rare concordance entre l’ambition de la proposition et la réponde massive qui lui a correspondu.

Et de fait, ce lundi, le Festival de Biarritz s’est lui aussi inscrit dans le même mouvement de records de fréquentations que, avant lui, le festival de danse du Temps d’Aimer de Biarritz (du 11 au 20 septembre), le festival international de cinéma Zinemaldia (du 18 au 26 septembre).

Ou encore, à venir dans quelques jours, ce temps de théâtre « ressuscité » que sera le Vuelta#1 de théâtre latino, qui prend place dans le calendrier de la côte basque en lieu et place des feu-Translatines, à la suite d’une manifestation sur Bayonne que l’absence de sens a condamnée.

translatines-colette-capde2L’ensemble fait sens, qui rompt avec l’ambiance crispée et hasardeuse de l’an passé, entre crises économiques telluriques et désengagements de l’Etat.

Et le mouvement est global, des festivals en France (Vieilles Charrues, Solidays, Avignon) ou en Europe.

Que se passe-t-il cette année, qui voit ainsi la culture ne pas être simplement le moment de se « distraire » d’un monde dont la violence n’a échappé à personne ?

Une explication possible réside peut-être dans ce sentiment instinctif de consoler l’humanité de ceux qui créent, comme par un réflexe d’indignation de risquer ne plus entendre ces voix-là.

palmares-festival-biarritz9Par sa présence, le manifeste des spectateurs vaut puissance bienveillante de l’échange culturel. Comme la confiance faite dans la capacité des artistes, réalisateurs, chorégraphes ou metteurs en scène, de ralentir notre monde moderne.

De prendre le recul nécessaire pour en saisir ce qui doit toujours être, contre la tyrannie de ce qui n’est plus.

Il fallait voir, dans chacune des manifestations citées, l’empressement d’aller découvrir cet autre lointain, d’où seuls le silence, l’oubli et la désolation semblent être les seuls messages.

palmares-festival-biarritz4La culture n’a jamais lâché sa fonction de redessiner l’expérience de la vie, de proposer un échange qui ne soit pas que flux financiers.

Pour nous qui n’avons pas d’autre objectif que de dresser son drapeau victorieux sur les raccourcis sarcastiques, l’enthousiasme perçu avant et après les propositions de cet été, de cet automne, est un message d’espoir qu’il nous a paru important de relayer.

La culture l’a ré-affirmé, et les spectateurs ont fait sienne sa déclaration : fusse-t-elle en train de tirer pour faire croire qu’elle a encore des minutions, la culture est non remplaçable.


Palmarès : du coeur et du culot

palmares-festival-biarritz8Jayro Bustamante est le grand vainqueur de cette 24ème édition du festival de Biarritz avec l’excellent Ixcanul Volcano : après Berlin, où il reçut le prix Alfred Bauer, attribué à un film « qui ouvre de nouvelles perspectives », ce premier long-métrage guatémaltèque a remporté l’Abrazo du meilleur film, comme une sorte de « Palme du coeur ».

topo-festival-biarritz-uneUn avis unanime du Jury en a salué la très grande humanité et une audace formelle qui fera date, avec l’histoire de cette jeune maya tentant, à flanc de volcan, de s’opposer au sort réservé à la fois à une jeune femme et à une indigène dans son pays.

Le film sortira en France le 25 novembre prochain, et le concert de louanges qui l’accompagnera ne sera pas démérité.

palmares-festival-biarritz7Là où tout le monde attendait le (très beau) Bouton de Nacre du Chilien Patricio Guzman (Ours d’or Berlin 2015), c’est un solide trublion qui, là encore à l’unanimité, a remporté l’Abrazo d’or du meilleur documentaire, Invasion par Abner Benaim (Panama).

topo-festival-biarritz-6De mémoire de festivalier, on pensait pourtant acquis que le choix des docs présentés dans ce festival était définitivement policé depuis quelques années, mais la relecture de l’invasion par les USA du Panama en 1989, raconté par (essentiellement) ses habitants les plus pauvres, en refusant toute image d’archives, a été un appel d’air assez extra-ordinaire.

Les deux pays ont pris leurs places dans une mappemonde économique qui ne sait pas les situer avec précision : il n’en est pas de même avec le cinéma, qui compte désormais là deux solidaires ambassadeurs.

Le reste du palmarès a respecté les équilibres ressentis durant la semaine, à l’exception, pour notre part, du prix du Public décerné au balourd La Dictadura perfecta du Mexicain Luis Estrada : une très longue plongée dans le monde entremêlé de la corruption politique et de la télévision, et financé par la télévision en question : on n’y a pas vu la charge annoncée, pour un pétard qui a fait rire sans blesser aucune conviction déjà acquise.

topo-festival-biarritz-8Reste le regret, inconsolable ou presque, d’avoir deux des plus beaux films de cette édition échapper au Palmarès, puisque hors-compétition : au puissant El Club du Chilien Pablo Larrain (voir ci-dessous), nul n’oubliera ce voyage magnifique de El Abrazo de la serpiente, de Ciro Guerra (Colombie), deux heures en compagnie d’un chaman en Amazonie et en noir et blanc, une merveille qui sortira au cinéma en France le 23 décembre 2015 (on vous en reparlera).


Le Palmarès dans son intégralité :

LONGS-MÉTRAGES

Abrazo du meilleur film : IXCANUL – VOLCAN de Jayro Bustamante (Guatemala)

Prix du Jury : UN MONSTRUO DE MIL CABEZAS de Rodrigo Plá (Mexique)

Prix d’interprétation féminine : DOLORES FONZI dans Paulina (Argentine)

Prix d’interprétation masculine : LUIS SILVA dans Desde allá (Venezuela, Mexique)

Prix du public : LA DICTADURA PERFECTA de Luis Estrada (Mexique)

Prix du syndicat Français de la critique de cinéma : IXCANUL – VOLCAN de Jayro Bustamante (Guatemala)

DOCUMENTAIRES

Abrazo du meilleur film documentaire : INVASION de Abner Benaim (Panama)

Prix du public du meilleur documentaire : LA ONCE de Maite Alberdi (Chili)

COURTS-MÉTRAGES

Abrazo du meilleur court métrage : O BOM COMPORTAMENTO d’Eva Randolph (Brésil)

Mention spéciale : DOMINGO de Raúl López Echeverría (Mexique)


 


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