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Festival de Biarritz Amérique latine : fêter le 25ème anniversaire, et envisager désormais l’après-Bonduel

21 septembre 2016 > > 2 commentaires

La dernière semaine de septembre donnera lieu à une nouvelle édition de ce temps fort de célébration des cinémas et des cultures d’Amérique latine : petits repères de longs métrages et de documentaires dans cet article, après un hommage appuyé à son Délégué Général, qui s’en retire après 12 ans de très bons et loyaux services.

Du 26 septembre au 2 octobre prochain, le Festival Biarritz Amérique Latine étendra ses propositions du meilleur qui puisse s’y programmer en cinéma (10 longs métrages, 10 courts et 13 documentaires en compétition, un focus sur l’Amérique Centrale), en rencontres littéraires (le Nicaraguayen Sergio Ramirez, et le Guatémaltèque Rodrigo Rey Rosa), en expositions (autour du Franco-Chilien Ramuntcho Matta) et de multiples concerts tous les soirs au Village (avec en star le chanteur colombien de salsa Yuri Buenaventura).

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« Neruda » de Pablo Larrain, film d’ouverture (avec Gael Garcia Bernal)

Il en sera ainsi, comme depuis un quart de siècle désormais, le Festival de Biarritz fêtant cette année un 25ème anniversaire à l’affiche carnavalesque, en ayant donc pris le soin d’y incorporer une « sélection anniversaire » de 10 films ayant marqué son histoire (dont Central do Brasil de Walter Salles, La virgen de los sicarios de Barbet Schroeder ou Profundo Carmesi, d’Arthuro Ripstein, Grand prix de l’édition 1996).

Il en sera ainsi, car le public est là, cette année encore, qui a déjà réservé la totalité des abonnements Pass Festival, avec un mois d’avance, laissant les seuls Pass Journée ou les entrées au coup par coup à ceux qui tenteront leur chance aux guichets de la Gare du Midi, du Casino Municipal et du Cinéma le Royal.

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Cette fidélité est acquise et enracinée, ont salué hier en conférence de presse le Président Jean Marie Lemogodeuc, le Délégué Général Marc Bonduel, accompagnés de Lucile de Calan et Nicolas Alzabert, au cœur des sélections cinéma.

L’ouverture par le flamboyant Pablo Neruda du Chilien Pablo Larrain (autour d’un El Club magnifique l’an passé), le retour en force du Brésil (notamment par la sensation Aquarius de Kleber Mendonça) et quelques autres repères de sélection précisés ci-après : cette 25ème édition a donc décidé de ne pas dévier d’une ligne de conduite qui s’est traduite l’an passé par une fréquentation record de 36.000 spectateurs en 7 jours.

Il en est ainsi, alors que pourtant cette édition 2016 porte en elle un fait nouveau, dans les quelques lignes écrites par son Délégué dans l’introduction lisible sur le site internet du Festival :

Un anniversaire, c’est l’occasion de laisser la place à un nouveau relayeur et cela, après m’être totalement impliqué pendant 12 ans, en constituant une formidable équipe de professionnels et en choisissant avec elle chaque film, chaque exposition, chaque concert, chaque Focus, chaque invité…

Je lui souhaite d’avance, beaucoup de réussite et au Festival, de fêter encore de nombreux anniversaires.

Enfin, un immense Abrazo à tout le public qui ne m’a jamais fait défaut.

La nouvelle est de taille, qui n’avait pas fourni un chapitre particulier dans la conférence de presse de mardi, mais qui, après question posée, a permis à l’Adjointe à la Culture, Jocelyne Castaignède, d’exprimer « toute la gratitude de la Ville de Biarritz » pour son travail, et au Président d’exprimer son sentiment que l’homme a été « une pièce maîtresse du succès du Festival, qui lui doit son niveau actuel ».

Il en est ainsi, et il n’en sera plus de même, un nouveau Délégué Général prendra sa place l’an prochain, qui sera « sélectionné après appel d’offres sur une fiche de poste, dépouillement des candidatures, audition des candidats et décision souveraine du Conseil d’administration », a déroulé le Président avec la grâce d’un Inspecteur général des impôts explicitant sa recherche d’un expert-comptable.

Comptable, le Festival de Biarritz l’est après que Marc Bonduel se soit d’abord attaqué à une économie financière aussi affolante que des rasades de mezcal, et qui menaçait son existence.

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Ouverture Festival de Biarritz 2011, photos d’archives

L’ancien maire de Biarritz Didier Borotra l’admettait en 2011, déclarant à ce sujet combien  « la vie est ainsi faite, qu’elle nourrit des conflits que le temps renvoie ensuite à de possibles bêtises », résuma-il, en évoquant « une machine qui avait parfois un peu tendance à s’emballer ».

Auparavant, la doublette Jean Cazenave/Xavier d’Arthuys avait construit des éditions de joueurs de poker où les films sélectionnés tournaient autour de gros coups inédits, de films impensables, de tapis rouges aux cinéastes habitués de la Croisette biarrote, et de coups d’audace parfois paradoxaux.

Les cinéastes invités l’étaient pour une projection qui demeurait souvent unique, confortant l’image du Festival à ne pas manquer pour ses spectateurs, mais sans consolider concrètement la diffusion des œuvres sur le marché européen.

Ixcanul Volcano, Abrazo d’or 2015

En se rapprochant des professionnels du cinéma (producteurs, distributeurs), Marc Bonduel a grandement œuvré pour que les réalisateurs latino-américains invités à Biarritz puissent repartir les poches pleines de cartes de visites, ou bien aient la possibilité de rencontrer ici un public avant la sortie en salles déjà programmée de leurs films ;

une autre vision du cinéma, une autre conception plus économique de l’exposition des œuvres, et quoi qu’il arrive, une page qui se tournera le dimanche 2 octobre ;

la chaleur humaine de l’homme, sa capacité à trouver des espaces de collaborations pour des coups de cœur (comme Parque Lenin l’an dernier en partenariat avec Eklektika) dans l’organisation monstre du Festival, et sa disponibilité sans statut imposé d’ambassadeur auto-célébré :

lors de la clôture et du Palmarès de ce samedi 1er octobre, il sera sans doute bon de saluer comme il se doit un artisan fidèle et généreux de nos plaisirs de festivaliers.

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Lui ne le demandera pas, c’est absolument évident : il est pourtant des fleurs d’applaudissements qui ne peuvent se refuser.

festival-biarritz-2016-affiTous les renseignements sur le 25ème Festival de Biarritz Amérique Latine sur leur site


Quelques repères dans la programmation 2016


Neruda, réalisé par Pablo Larraín – Chili, 1h48 – Film d’ouverture

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A partir de 1948, le réalisateur remonte dans l’histoire de ce sénateur fortement critique contre le gouvernement chilien de Videla, pour mieux  en faire ressortir l’imaginaire de Neruda, son impact sur tout un peuple, des enfants perdus aux femmes pâmées, et sa puissance créative.

Son film précédent, El Club, sur la mise en isolement de moutons noirs de l’Église, n’avait dû qu’à sa programmation hors compétition de ne pouvoir accompagner les salves d’applaudissements par le trophée suprême du Festival.

Sensation du dernier Festival de Cannes à la Quinzaine des Réalisateurs, le film sera en salles le 4 janvier 2017.


Aquarius – Réalisé par Kleber Mendonça Filho – Brésil – 2h20

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L’histoire de Clara, sexagénaire et ancienne critique musicale, qui rentre en guerre froide avec la société immobilière qui la harcèle pour vendre son appartement.

L’accueil de liesse après sa présentation en compétition officielle à Cannes 2016 puis son absence estimée « scandaleuse » au palmarès, auraient dû suffire à faire de ce film celui à ne pas rater.

La décision du nouveau-pseudo gouvernement brésilien de l’interdire aux moins de 18 ans dans son pays, puis de ne pas le présenter aux pré-sélections des Oscars lui confèrent une aura encore plus importante.


El rey del Once – Réalisé par Daniel Burman – Argentine – 1h19

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Il n’y pas grand chose à déceler dans le pitch du film, sauf à constater avec plaisir qu’il ne s’éloigne pas de l’univers de ce réalisateur argentin parmi les plus poétiques et décalés de son pays, entre Jarmush et Wes Anderson sous d’autres latitudes.

Ici, rendez-vous est donc à prendre fissa avec Ariel, qui s’est reconstruit une brillante carrière à New-York, où tout lui réussit, jusqu’au moment où une ferme convocation paternelle l’oblige à reprendre contact avec sa communauté et des traditions dont il pensait bien s’être défait.


Damiana Kryygi – Documentaire réalisé par Alejandro Fernández Mouján – Argentine, Paraguay – 1h34

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Rien ne nous permettrait de recommander vivement ce documentaire sur le récit historique d’une enfant paraguayenne de 3 ans, qui en en 1896, survécut au massacre de sa famille par des colons blancs, dont la mémoire est célébrée 100 ans plus tard par ce peuple des Aché, qui récupère ses restes et les enterre dignement dans leurs terres ancestrales.

Rien ne devrait nous permettre de le recommander, en dehors du fait que, durant la conférence de presse, tous les organisateurs n’avaient que ce nom de documentaire à la bouche. Sans cesse.


Yo no soy de aqui – Documentaire réalisé par Maite Alberdi et Giedrė Žickytė – Chili – 26 minutes

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Le quotidien de Josebe, qui vit avec d’autres personnes âgées dans une maison de retraite à Santiago du Chili, avec le poison d’Alzheimer dans la tête : chaque jour, elle pense que c’est la première journée qu’elle passe dans cet endroit, et chaque jour, elle doit se rendre compte que ce n’est pas le cas, qu’elle n’est pas dans son pays natal entourée de sa famille.

Un pitch qui ne suffira pas à vous convaincre de vous y précipiter.

Quand vous saurez que Josebe est une émigrée basque, qu’elle demande à tous s’ils sont sa famille de Renteria ; que les Suisses du Festival Visions du Réel lui ont donné le Grand Prix, comme les Polonais du Krakow Film Festival qui lui ont décerné le prix du Meilleur Doc européen de l’année 2016, alors vous aurez probablement changé d’avis.


 


Commentaires

2 réponses à Festival de Biarritz Amérique latine : fêter le 25ème anniversaire, et envisager désormais l’après-Bonduel

  1. Larco dit :

    Bravo pour ce commentaire et cette analyse pertinente. Ce festival qui a failli périr il y a une douzaine d’années est redevenu un évènement majeur, une vraie fête et source d’émotions et de découverte indispensable à la fin de nos étés. C’est important de souligner l’action et le rôle des artisans de ce succès. Vous avez le mérite d’y avoir pensé. Espérons que ce 25ème cru sera un feu d’artifice et souhaitons que le relais sera bien transmis et bien repris.
    JL

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