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Ce que l’article 49-3 passé en force pourrait bien coûter au Festival de Cannes 2016

11 mai 2016 > > Soyez le premier à réagir !

La 69ème édition du Festival de Cannes qui commence aujourd’hui pourrait bien apporter son lot de surprises, à ne pas chercher uniquement sur les écrans de son Palace mais plutôt dans la rue, toujours Nuit debout devant la fin du débat parlementaire forcé sur la loi Travail.

Les organisateurs du rendez-vous planétaire du cinéma du Festival de Cannes 2016 l’avait annoncé lors de la présentation de la compétition officielle : du 11 au 22 mai, les monstres et autres fantômes peuplent les écrans de cette nouvelle édition, mais il se pourrait bien que ce raccourci souriant mène à une impasse inattendue cette année.

Le timing politique catastrophique du gouvernement de Manuel Valls qui a dégainé hier l’arme du 49-3 contre l’opposition à la Loi Travail est en mesure de causer de sérieux ratages et moments de tension sur le Croisette, tant cette bulle dorée censée être « terrienne » malgré tout va devoir assumer plus encore son décalage avec la réalité qui l’entoure.

Le Festival l’a déjà prouvé par le passé.

festival-cannes-2016-6Le Premier Ministre y avait bien fait son show lors de sa nomination en 2014 : il ne pourra renouveler ce numéro dans un contexte où les forces de sécurité, disposées en masse cette année du fait de l’état d’urgence, auront également leurs regards fixés sur les collectifs de Nuit Debout, qui ne devraient pas venir ici faire de la simple figuration.

Jusque l’affiche de cette édition 2016 porte en elle-même un décalage difficile à considérer, avec cette image remplie d’or tirée du film Le mépris de Godard, qui avait participé activement en 1968 à l’annulation historique du Festival.

festival-cannes-2016-2Censée représenter « l’ascension vers l’horizon infini d’un écran de projection » selon le Festival de Cannes, elle pourrait également signifier la descente aux enfers de la manifestation cette année, comme le fut toujours en 2014 la mise à mal du Festival d’Avignon sur fond de vives contestations sociales.

Le 49-3 valant fin de toute discussion démocratique sur un sujet social proche, les intermittents, précaires et contestataires pourraient ne pas se contenter de demander la parole, comme ils le firent lors de la conférence de presse de Cannes à Paris en avril dernier.

Les réseaux sociaux ont été surchargées d’images qui n’étaient pas celles de la fiction, où les larmes versées avaient une origine lacrymogène impensable.

Il n’existe pas de « bon moment » pour décider d’endosser des responsabilités politiques difficiles ou vivement contestées : ce n’est pas le Festival de Cannes et son cortège de stars recouvertes des signes extérieurs de la richesse qui pourrait être amené à dire le contraire.

festival-cannes-2016-21Cela risque d’être bien long d’arriver à la cérémonie de clôture du 22 mai prochain.


Les films les plus attendus sur la Croisette

La Quinzaine des Réalisateurs, la Semaine de la critique ou encore la sélection de films hors compétition fourniront leurs lots de films surprises, de coup de coeur ou de vifs rejets, mais ce sont bien les 20 films de la compétition officielle qui retiendront tous les regards du monde du cinéma.

Toni Erdmann de Maren Ade
Julieta de Pedro Almodóvar
American Honey d’Andrea Arnold
La fille inconnue des frères Dardenne
Personal Shopper d’Olivier Assayas
Juste la fin du monde de Xavier Dolan
Ma Loute de Bruno Dumont
Paterson, de Jim Jarmusch
Rester vertical, d’Alain Guiraudie
Aquarius de Kleber Mendonça Filho
Mal de Pierres, de Nicole Garcia
I, Daniel Blake de Ken Loach
Ma’Rosa de Brillante Mendoza
Baccalauréat de Cristian Mungiu
Loving de Jeff Nichols
Agassi de Park Chan-Wook
The Last Face de Sean Penn
Sieranevada de Cristi Puiu
Elle de Paul Verhoeven
The Neon Demon de Nicolas Winding Refn

Des habitués font leurs retours, en ayant pris le soin de garder chez eux leurs précédents prix ici, de Ken Loach aux frères Dardenne ou Xavier Dolan.

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I, Daniel Blake de Ken Loach

Certains réalisateurs attireront les regards pour leurs inscriptions dans les meilleurs souvenirs des cinéphiles, de Park Chan-Wook revenu à Cannes après son premier et magistral Old Boy en 2003.

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Agassi de Park Chan-Wook

Cela fait 10 ans que Pedro Almodovar, alors avec Volver, est revenu broucouille du Festival, malgré la Palme incontestée du « Pedro, Pedro, oune Selfie ! » à chaque édition : il revient cette année avec un récit sur l’abandon des êtres que nous aimons en les effaçant de notre vie comme s’ils n’avaient jamais existé.

Julieta de Pedro Almodóvar

Jim Jarmush, Jeff Nichols et Sean Penn porteront les couleur américaines de cette édition 2016, à même sans doute de faire oublier le passage catastrophique l’an passé de Gus Van Sant.

Paterson, de Jim Jarmusch

Côté français, le contingent reste fourni avec des cinéastes confirmés et reconnus (Assayas, Garcia, Dumont), et ils sont chargés de prendre la relève de Dheepan de Jacques Audiard, Palme d’Or l’an passé, mais c’est bien le retour de l’extra-terrestre Alain Guiraudie qui tranche, le réalisateur de Ce vieux Rêve qui bouge (2001) ou de son dernier L’inconnu du Lac (2013) ayant plutôt eu les honneurs des autres sections satellites.

Rester vertical, d’Alain Guiraudie

Juste la fin du monde du Québecquois Xavier Dolan ne peut être taxé de surprise tant le « gamin » s’y sent à l’aise pour démarrer depuis Cannes la moisson des multiples Prix qui l’attendent à chacun de ses films, comme son dernier Mommy, Prix du Jury 2014.

Juste la fin du monde de Xavier Dolan

On l’a écrit dans ce portail : un Festival de Cannes sans le volcanique Nicolas Winding Refn n’est jamais complet, et son The Neon Demon, ascension fulgurante d’un mannequin suscitant jalousies et convoitises, a déjà averti qu’il ne fera pas dans le seul glamour.

The Neon Demon de Nicolas Winding Refn

Les espoirs d’une récompense majeure remise à une réalisatrice devraient reposer sur les épaules de l’Allemande Maren Ade et son Toni Erdmann, quand la trajectoire cinématographique n’avait pas réellement permis de saisir son importance, et donc au American Honey de la Britannique Andrea Arnold, bien plus repérée et déjà deux fois primée à Cannes (Fish Tank et Red Road).

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American Honey d’Andrea Arnold

Et une première Palme sera quoi qu’il arrive attribué au Roumain  attribuée au Sieranevada du Roumain Cristi Puiu, peu habitué lui non plus à la section officielle, et qui y trouve place avec le film le plus long de la compétition, de 2h52.

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Sieranevada de Cristi Puiu

A noter cette année une Palme d’Honneur remise à Jean Pierre Léaud, de tous les bons coups depuis les 400 de Truffaut, immense acteur présent dans de multiples types d’aventures cinématographiques européennes.

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