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Festival de Cannes : Thomas Bidegain, la force basque de Jacques Audiard

25 mai 2015 > > 2 commentaires

Le succès des films de Jacques Audiard, Palme d’Or du Festival de Cannes 2015 pour « Dheepan », vient assurément de la complicité trouvée avec le scénariste basque Thomas Bidegain, pour leur 3ème collaboration commune.

Pour l’état-civil, Thomas Bidegain est né au Pays Basque en 1968, près de Mauléon, mais pour le 7ème art, il faudrait considérer qu’il est né en 2005, avec une première collaboration avec Jacques Audiard sur le tournage de « De battre mon coeur s’est arrêté ».

L’homme à la large carrure et au sourire omniprésent est ensuite devenu indissociable des succès internationaux de celui qui vient de recevoir la Palme d’Or hier avec ce nouveau projet écrit à quatre mains, Dheepan.

Le parcours de Thomas Bidegain n’a pas fait qu’emprunter l’obligation de suivre les pas de sa famille, quand il porte aussi fortement l’ADN d’un père né basque en Argentine, José Bidegain.

Un patron de gauche venu s’installer en France pour y défier le Medef de l’époque, qui lui reprocha d’être trop « conciliant » avec les syndicats de la filière chaussures créée : dans une chronique nécrologique vibrante, Serge July rendit hommage en 1999 à « un battant né, tout le temps en mouvement, ignorant la fatigue et le repli », qui fut l’un des soutiens précieux de Libération.

Thomas Bidegain avait deux ans quand il quitta le Pays basque pour Paris, des études non motivantes (économie et gestion) semblant moins caractériser qu’une adolescence passée sur les fauteuils de cinéma de l’Action-Christine, où le jeune homme avala tout ce qu’il pouvait voir comme classiques du cinéma américain.

Des premières expériences dans le court métrage ne furent pas dès lors ce qui attira vers lui Jacques Audiard, mais plutôt cette complicité entre deux scénaristes nourris de ce que le cinéma nous dit des époques dans lesquelles furent conçus les chefs d’oeuvres de Ford, Walsh, Huston, Laughton ou Browning.

bidegain-audiard-3La rencontre prit corps avec cette envie d’Audiard de recevoir chaque soir les commentaires sur une page ou deux de Thomas Bidegain, à qui il montrait jour après jour les rushes de ce premier grand succès de sa filmographie, De Battre…

La co-écriture de « Un prophète », en 2009, permit alors de constituer un duo remarqué, Thomas Bidegain recevant en 2010 le César du meilleur scénario en 2010.

Dès lors, la complicité professionnelle sut déployer ses ailes, « travailler avec Audiard est extraordinaire, parce qu’il a été scénariste au début de sa carrière, et que nous sommes nourris de films l’un et l’autre », confiait-il à Cannes en 2012 pour la présentation de De rouille et d’os, leur seconde collaboration.

bidegain-audiard-4Mais c’est surtout en 2010, quand il fut l’invité apprécié du festival international de cinéma de Donostia-San Sebastian, le Zinemaldia, pour El profeta qu’il montra son aisance dans sa terre natale, lui « le basque du côté français de la frontière » comme il choisit de se présenter à la réunion des scénaristes basques de Bilbao qui l’accueillit quelques jours plus tard.

Discret derrière son prestigieux compagnon d’armes, Thomas Bidegain a vécu avec une joie non contenue ce Festival de Cannes pour cette 3ème collaboration avec Jacques Audiard.

bidegain-audiard-5Mais également pour l’accueil unanime qui a été rendu à son premier long-métrage, Les Cowboys, qui met en scène François Damien pour le drame d’un père partant à la recherche de sa fille disparue, quand aucune explication qui lui est fournie ne peut atteindre son obsession de la retrouver.

Une réussite saluée, qui sera les écrans français en novembre 2015.

Espérons qu’une salle de cinéma « du côté français de la frontière » nous permettra de croiser cet homme au parcours déjà exceptionnel.

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Commentaires

2 réponses à Festival de Cannes : Thomas Bidegain, la force basque de Jacques Audiard

  1. Muriel dit :

    Merci Ramuntxo pour ce portrait intéressant. Je partage ton espoir de le voir de ce côté des Pyrénées.

  2. Merci pour ton commentaire, Muriel…
    Rencontré en 2010 au Zinemaldia : attachant, humain, souriant…
    Un bonhomme à aimer.

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