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Festivals été 2015 : ralliements solidaires ou têtes d’affiches show biz, et ses conséquences

4 août 2015 > > Un commentaire

La semaine passée, le Festival Emmaus Lescar Pau a dû faire face à une perte sèche de 200.000 euros, quand, du côté de Brive, une plus grande notoriété de ses têtes d’affiches a fait le plein.

Mardi 28 juillet, au premier soir de la 8ème édition du festival Emmaüs Lescar, son responsable du festival et de la communauté, Germain, fait face à la foule, entre le concert de Tricky et celui de The Dø.

Lui le sait déjà, il faut positiver la déception de son équipe : les réservations sont molles, les prévisions de fréquentation sont de moitié par rapport à l’édition précédente, et le bilan final fera grimacer, avec une perte de 200.000 euros sur un budget total de 550.000 euros.

Le contexte de l’été 2015 s’avance comme souriant : des records de fréquentation pour les Solidays et les Eurockéennes ; une édition «merveilleuse» pour les Vieilles Charrues, avec leurs 250.000 spectateurs ; et 700.000 litres de bière écoulés au Hellfest.

Le festival, pourtant, ce n’est pas que des chiffres, Germain va s’employer à le rappeler sur scène, le positionnement de la communauté solidaire d’Emmaüs doit atteindre la première cible visée.

« Vous, les jeunes, vous êtes les piliers de notre avenir » en intro, avant de déballer un hymne à la résistance arqué sur le refus du consumérisme à tout va, sur la vigilance climatique et sur les choix éthiques et fraternels qui doivent construire un socle commun.

emmaus-lescar-bilan-2« Les jeunes » sont effectivement majoritaires dans la fosse, ils apprécient le discours les enjoignant à endosser ce rêve de soldats de l’extraordinaire qui serait à portée de main, ce sentiment d’une rébellion au moins pour deux soirs les galvanise, les portables saisissent l’instant, envoyés sur les réseaux sociaux quelques secondes plus tard.

Le rassemblement éthique n’est pas une façade du Festival : il en est les fondations, celles qui devraient permettre de programmer un plateau de groupes avec des critères finalement assez simples.

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The Dø, Lescar 2015

Sur cette année, deux têtes d’affiches en exclusivité sur le bassin de vie, The Dø et Fauve #, étaient chargées de fixer l’événement, et le risque financier pris (un cachet de 45.000 euros aurait été accepté, pour 55 minutes au final sur scène des seconds). Mais la double tête de pont de l’édition 2015 n’a pas renouvelé l’engouement surprise de M. et Keziah Jones de l’an passé (et leurs deux soirs plein à craquer).

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Keziah Jones, Lescar 2014

Le reste de la programmation oscillait entre les compagnons de route (Zebda, Les Hurlements d’Léo) et ceux chargés d’apporter un éclectisme ambitieux (EZ3quiel, Tricky, Moriarty), Gojira étant chargé avec son déferlement métal de changer des habituels sons ragga de ce type de festival.

Des bons ingrédients, mais une sauce qui n’a pas pris, sans qu’il faille changer de cuisinier.

Plus au nord, et quasiment à la même date, Brive s’est positionné sur une ambition régionale similaire (exister sans s’appeler Solidays ou les Eurockéennes), mais couronnée de succès cette année pour sa 12ème édition.

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Black M, Brive 2015

Shaka Ponk, Julien Doré, Black M, la famille Chedid, de gros contrats enveloppés dans la formule fun d’une plage construite au cœur de la Corrèze qui fait la réputation du rendez-vous, éclectique dans le reste de sa programmation : « Quand on programme un festival, il n’y a pas de science exacte », a communiqué sa direction dans La Montagne.

Des groupes et artistes qui n’auraient pas forcément eu les faveurs de la programmation du Festival Emmaüs Lescar, quand, à Brive, un autre atout de fabrication règne en évidence, celui d’y attirer des noms d’habitués des grandes tournées dans les Zéniths : « on est dans une ville où on ne peut pas se permettre de cibler le public », complète son directeur, « l’état d’esprit familial est notre marque de fabrique ».

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Shaka Ponk, Brive 2015

La famille plus bankable que la planète : l’an prochain, la cartocrise des Festivals menacés n’intégrera pas ces deux Festivals, Germain l’a dit en toute transparence, « cela ne remet pas en cause la prochaine édition. Il y a juste des projets que l’on devra décaler ».

emmaus-lescar-bilan-1L’important sans doute, c’est d’imaginer avoir le choix de son propre Festival.


 


Commentaires

Une réponse à Festivals été 2015 : ralliements solidaires ou têtes d’affiches show biz, et ses conséquences

  1. Peio dit :

    Pourquoi pouvait-on pas acheter des billets en ligne? Ça ne donne pas envie d’y aller à Pau pour rien vu le sold out de 2014.

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