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Fête de la Musique : rappel de quelques principes de base pour éviter le grand n’importe quoi (même gratuit)

21 juin 2017 > > Soyez le premier à réagir !

La côte basque n’échappe pas à la liesse proposée par la Fête de la Musique de ce mercredi 21 juin, un peu de prudence s’impose tout de même au moment de faire confiance aux programmes municipaux sur-enthousiastes de Bayonne, Anglet et Biarritz, et aux multiples raisons de foutre en l’air votre soirée malgré des considérations de prudence pourtant simples.

Contrairement à beaucoup d’éditions précédentes depuis sa création en France en 1982, la Fête de la Musique ne sera pas atteinte par un cycle d’averses tenaces cette année, avec cette canicule qui persiste sur près de 70 départements en ce 21 juin 2017.

Un bel alignement de planètes donc pour énormément de spectateurs qui s’inscrivent avec plaisir au foisonnement de concerts, de la fine fleur des stars actuelles aux nombreux groupes de musiciens amateurs au coin d’une rue, qui ont comme dénominateur commun de faire profiter les passants de leurs passions.

L’adage selon lequel « Tous les goûts sont dans la nature » n’est malgré tout pas suffisant pour vous assurer de passer une bonne soirée, quelques principes de base devant être observés si vous n’êtes pas cafetier d’une place publique, prêt à mentir sur votre mère en jurant toute la soirée que le concert devant son établissement est « sympâââa, non ? ».

Se retrouver à Toulouse face au grand concert retransmis en direct sur France 2 vous expose ainsi à vous faire écraser contre des grilles sans que cela ne se voie à l’antenne, et il vous faudra vous fader M Pokora, Vianney, Florent Pagny ou Calogero sans pouvoir mettre la main sur la zappette de votre salon, probablement au milieu de cris que vous auriez exclus du genre humain, en y réfléchissant.

Un destin malfaisant pourrait aussi vous surprendre près de Limoges, où la fête de Musique se trouve reliée cette année à un Salon du Livre de Musique parrainé par Michel Leeb : pour rappel la déviation RN220 permet désormais de relier les RN141 et RN147 à l’A20 sans passer par le centre ville.

Partout sur le territoire, où les 48.000 policiers et gendarmes déployés n’ont pas reçu consigne de neutraliser au Famas les voix discordantes, il est temps de comprendre que la Fête de Musique mise sur un grand choix de styles musicaux, mais que la tendance lourde reste la variété française, recherchée par un Français sur deux, d’après une étude Ipsos demandée par le Ministère de la Culture en 2015.

Amateurs de musiques alternatives, vous allez donc devoir côtoyer dans les rues des gens autour de vous qui partagent majoritairement le sentiment que « la musique met de bonne humeur » (92% des sondés), et qu’elle constitue « un moment de détente » (pour 94 %), soit à quelque chose près les pourcentages de clients de supermarchés qui apprécient de faire leurs achats avec de la musique en fond (89%).

C’est donc muni d’un petit guide municipal que s’effectueront vos déambulations curieuses ou vos départs ventre à terre, une alternative anticipable en surveillant les points d’exclamation (« … qui mettra tout le quartier en fête ! » ou encore « pour les amateurs de bonne musique ! »), censés vous convaincre du talent des groupes retenus par les commissions municipales, quand les mêmes sont actives tout au long de l’année pour les interdire dans leurs centre-villes en dehors du 21 juin.

A l’exception d’une obligation morale familiale, les débuts des programmes consacrés aux « ateliers scolaires de pratiques de musique actuelle » sont évidemment à fuir, aucun des ministres ou député Macronien n’est musicien ou artiste, l’enjeu de l’éducation de nos enfants n’est donc pas là, et pour rappel, le ménestrel  Francis Lalanne a  pris une veste aux législatives (1,08% contre le défunt Valls).

Il va falloir encore slalomer sans faillir entre les chanteurs qui ont des textes à faire passer dans leurs sets (favorable à une forte présence de punks à chiens), les concerts de musique classique si vous avez l’intention de reprendre le refrain à tue-tête avec une canette de bière à la main, un groupe de jeunes « qui se lancent » et qui ne vaudra le coup que si on les retrouve l’an prochain (autant ne pas trainer cette année, donc), et ces « potes qui jouent ensemble depuis 30 ans » (sans avoir jamais été remarqués par une boite de prod, même locale).

Sans les citer directement, cette humble mise en garde trouve naturellement son utilité dans les programmes proposés cette année encore par les trois grandes villes de la côte basque Bayonne, Anglet et Biarritz.

Les choeurs et formations basques forment une part grandissante de ceux-ci, qu’il est hors de question de réserver aux bataillons de touristes des deux prochains mois, dans un mouvement de plus en plus marqué de confusion entre la culture et l’animation culturelle traditionnelle.

Pour conclure, les joueurs de djembés forment un marronnier à rappeler chaque année : leur expliquer que vous venez de téléphoner à la police municipale permettra de sélectionner ceux qui ont les poches pleines de substances absolument proscrites devant des enfants, de faire fuir ce qui n’ont pas de papiers français (sans leur permettre de croire que le nouveau gouvernement serait plus conciliant), et de permettre d’éviter un tir de fusil au jugé depuis les fenêtres avoisinantes (ce qui gâcherait sensiblement la bonne humeur de la nuit).

D’autres considérations sur la Fête de la Musique sont bien entendu possibles, tous les goûts sont dans la nature (comme les amanites dans les sous-bois auprès des cèpes), et il s’élèvera sans doute des voix matures pour s’en indigner.

Il aurait sans doute été bien agréable de les entendre lorsque nos enfances et adolescences ont été mises à rude épreuve avec des formations musicales apportées dans les salon et la cuisine par nos ainés, par la télé et la radio, avant d’affecter nos jugements (voir dans cet article les illustrations en ce sens, hashtag #survivants).

Bonne Fête de la Musique à tous.


 


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