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Fête du Cinéma 2017 : les films qui y seront, ceux qu’on va devoir encore attendre, et ceux qui nous quittent (enfin)

23 juin 2017 > > Soyez le premier à réagir !

La 33e Fête du cinéma se déroule du dimanche 25 au mercredi 28 juin 2017, de grandes soldes du cinéma assorties de ce tarif unique de 4 euros par séance dans tous les cinémas, qui permet de reprendre le chemin des salles avec une désinvolture financière qui correspond bien à la crise actuelle, et d’en profiter pour lancer le dégagisme nécessaire dans les têtes de gondoles des semaines précédentes.

L’an dernier, près de 2,6 millions de spectateurs avaient profité de l’opération, loin du record absolu de 2009 et ses 4,6 millions de spectateurs (boostée par les succès de L’Âge de glace 3, Transformers 2 ou encore Very Bad Trip).

Un niveau qui ne devrait pas être égalé cette année encore, l’offre sur les écrans ne semblant pas portée par des films totalement incontournables.

Aux côtés du très frais Ce qui nous lie de Cédric Klapisch (lire notre critique), la sensation sauvageonne Ava de Léa Mysius, l’intimité volcanique du Jour d’après du réalisateur sud-coréen Hong Sang-soo, la reprise du terrifique Get out de Jordan Peele, ou le bon gros frisson It comes at night de Trey Edward Shults pourraient en constituer les repères les plus séduisants.

Ces quatre jours devraient également permettre de voir ici ou là des avants-premières des films excitants à venir, du Milky Road d’Emir Kusturica au Dunkerque de Chris Dolan, en réservant une attention toute particulière au nouveau Terrence Malick, Song to song, déjà précédé d’un enthousiaste bouche à oreilles outre-Atlantique.

Enfin, le tarif réduit pour tous permettra également d’appliquer aux têtes de gondole des semaines précédentes une forme souriante de dégagisme, le cinéma français ayant fait fort avec Desplechin (Les fantômes d’Ismaël), François Ozon (L’amant double) et Jacques Doillon (Rodin) dans son désir collectif de suicide du cinéma monotono-nombrilo-imbu.

Viendra ensuite à partir du 26 juillet la pleine puissance de communication autour du nouveau film de Luc Besson, Valerian, adapté de la Bd de Christin et Mézières, flashé comme le plus gros budget de l’histoire du cinéma français (200 millions d’euros).

Au vu de la bande-annonce, il fait effectivement reconnaitre que l’on a rarement eu autant envie d’acheter un nouveau smartphone, de goûter la nouvelle formule de l’Orangina, ou de se rapprocher des substances illicites ramenées d’Amsterdam par le gamin cet hiver.

Bonne Fête du Cinéma à tous.


Les films à voir


Ava

(France – 2017 – 1h45) Réalisé par Léa Mysius, avec Noée Abita, Laure Calamy, Juan Cano, … – Actuellement au Royal Biarritz, à L’Atalante Bayonne, au Select St Jean de Luz, …

Une très jeune fille en vacances d’été tranquilles en bord de mer, qui y apprend qu’elle est atteinte d’une maladie oculaire qui la conduit irrémédiablement à la cécité. Vivant dans la seule compagnie d’une mère ne songeant qu’à se dégoter un amant et ne voulant pas s’encombrer des problèmes de sa fille, Ava se trouve réduite à la solitude et à la révolte.

Le sentiment de se retrouver devant un pitch maintes fois avancé et la découverte d’une « nouvelle nouvelle actrice française incroyable » a partagé les critiques en deux camps très marqués, dans la droite ligne des productions des anciens diplômés de la Fémis, une vénérable maison qui se partage elle aussi entre introspections lassantes et grands écarts libertaires malgré tout assez ressemblants. – Prix SACD au dernier Festival de Cannes, pas forcément à confondre avec CQFD.


Le jour d’après

(Corée du Sud – 2017 – 1h32) Réalisé par Hong Sang-soo, avec Kim Min-Hee, Hae-hyo Kwon, Kim Saeybuk, …Actuellement au Royal Biarritz

Ce jour-là, comme tous les jours, Bongwan quitte le domicile conjugal bien avant l’aube pour partir au travail. Il n’arrête pas de penser à la femme qu’il avait embauchée, et qui est partie. Ce même jour, la femme de Bongwan trouve une lettre d’amour.

Il faut parfois s’accrocher un peu aux fauteuils en face des tics et codes du Sud Coréen, et son Le Jour d’Après ne devrait pas lui valoir d’être contacté pour le prochain Mad Max V. Ceux qui étaient encore là à la fin des séances de Cannes le recommandent tout de même chaleureusement.


Get out

(États-Unis – 2017 – 1h44) – Réalisé par Jordan Peele, avec Daniel Kaluuya, Allison Williams, Catherine Keener, Bradley Whitford, … À L’Atalante Bayonne

Sorti initialement dans le circuit commercial, le voir programmé en VO à L’Atalante est une très bonne nouvelle, qui salue comme il se doit l’un des films les plus impressionnants de l’année, non par la frousse qu’il distille mais par l’intelligence d’un thriller tendu autour de la question raciale. Une réussite à constater par vous-même si vous arrivez à vous rendre disponible pour les (trop) rares séances proposées.


It Comes At Night

(Etats Unis – 2016 – 1h37) Réalisé par Trey Edward Shults, avec Joel Edgerton, Kelvin Harrison Jr., Carmen Ejogo, Christopher Abbott, … A MonCiné Anglet

Un homme, sa femme, leur fils adolescent, enfermés dans une maison au fond des bois, soigneusement barricadée pour se protéger du monde extérieur dont on ne saura rien, si ce n’est qu’il est en proie à une épidémie qui tue les gens en moins de 24 heures. Surtout, il ne faut jamais, jamais sortir la nuit, et tenir la porte soigneusement fermée à double tour. Jusqu’au jour où un homme parvient à rentrer.

C’est avec une approbation critique très proche de Get Out (au-dessus) que s’avance ce film, dont la principale qualité est d’en mettre plein la vue avec un minimum d’effets. Penser à amener votre belle-mère cardiaque avec vous, les 4 euros offerts ne sont pas un gros risque financier pour un alibi efficace.


Par ici la sortie


Rodin

(France – 2017 – 1h59) Réalisé par Jacques Doillon avec Vincent Lindon, Izïa Higelin, Séverine Caneele, Bernard Verley, … Actuellement au Royal Biarritz, à L’Atalante Bayonne, au Select St Jean de Luz, …

Rodin, sa pierre, ses silences et Camille Claudel, et puis aussi beaucoup de silences, ou comment en dire très peu en prenant autant de temps que l’on veut. On peut laisser la critique s’extasier, ou bien juste saluer le réalisateur de ne pas avoir donné le rôle à Gérard Depardieu : Vincent Lindon n’est pas un grand acteur et il le prouve avec beaucoup de talent de film en film, et plus d’humilité que le gros Gégé.


L’amant double

(France – 2017 – 1h50) Réalisé par François Ozon avec Marine Vacth, Jérémie Renier, Jacqueline Bisset, …

Une fille, un mec et puis un autre, à moins que ce soit le même, mais pas tout à fait. Ozon est un auteur intéressant, mais aussi cyclique que les jours de chance au turf. En l’occurrence, ceux qui ont parié sur ce cheval ont (majoritairement) déchiré leur ticket à la sortie, ayant anticipé rapidement que le bourrin avait de mauvaises pattes, malgré le port un peu fiérot de son museau.

Retour à Montauk

(Allemagne – France – Irlande – 2016 – 1h46) Réalisé par Volker Schlöndorff, avec Stellan Skarsgård, Nina Hoss, Susanne Wolff, … Au Select St Jean de Luz

Il y a un amour dans la vie, que tu n’oublies jamais, peu importe à quel point tu essaies, se dit l’écrivain Max Zorn à son arrivée à New York, où il retrouve par hasard Rebecca, 17 ans après, la femme au centre de son nouveau roman.

Dans la revue Positif, on peut en lire que « le flottement est l’étoffe du film et du récit, entre la vie et l’art, l’idée et la réalité, entre la femme, matériel littéraire, et la femme aimée ». Une preuve émouvante que Volker a pris une belle longueur d’avance dans sa compétition directe avec un autre cinéaste allemand aimé, Wim Wenders, pour réduire son talent de film en film.


Les films que l’on doit encore attendre


Song to song

(USA – 2017 – 2h09) Réalisé par Terrence Malick, avec Ryan Gosling, Rooney Mara, Michael Fassbender, …. – Sortie : 12 juillet 2017

Une histoire d’amour moderne, sur la scène musicale d’Austin au Texas, deux couples – d’un côté Faye et le chanteur BV, et de l’autre un magnat de l’industrie musicale et une serveuse – voient leurs destins et leurs amours se mêler, alors que chacun cherche le succès dans cet univers rock’n’roll fait de séduction et de trahison.

Il faudra oublier les ronflements de vos voisins devant le Tree of Life de Malick, Palmé en 2011 par un Jury de Cannes affaibli par de la coke de mauvaise qualité, et reprendre là où on l’espérait, dans une veine radicale qui fait la part belle au film choral, porté par un casting exceptionnel.

Et y retrouver là dedans la belle Patti Smith a encore amplifié le bouche à oreilles admiratif entendu chez les bouffeurs de pancakes au sirop d’érable, où le film est sorti l’hiver dernier.


On the milky road

(Serbie – 2016 – 2h05) Réalisé par Emir Kusturika avec Monica Bellucci, Emir Kusturica, Sloboda Micalovic, … – Date de sortie : 12 juillet 2017 ( déjà prévu en octobre 2016)

Sous le feu des balles, Kosta, un laitier, traverse la ligne de front chaque jour au péril de sa vie pour livrer ses précieux vivres aux soldats. Bientôt, cette routine est bouleversée par l’arrivée de Nevesta, une belle réfugiée italienne. Entre eux débute une histoire d’amour passionnée et interdite qui les entraînera dans une série d’aventures rocambolesques.

Un nouveau Kusturica ne se refuserait pas, seul un réalisateur aussi talentueux étant en mesure de rendre ,potentiellement intéressant le jeu d’actrice de Monica Belluci, que l’on s’est pourtant promis de snober pour toujours après ses douloureuses interventions comme présentatrice des cérémonies du dernier Cannes.


Dunkerque

(France – USA – GB – 1h47) Réalisé par Christopher Nolan, avec Tom Hardy, Cillian Murphy, Mark Rylance, … – Sortie : 19 juillet 2017

Par le réalisateur de la formidable trilogie Dark Knight, et de l’envoûtant Interstellar, son nouveau long-métrage très attendu suivra des soldats britanniques et français après la débâcle de l’invasion de la France par les nazis et le début de ce qu’on a appelé l’Opération Dynamo.

Ca sent l’embarquement immédiat au plus près du drame, entre images à couper le souffle et le cou en même temps, et un casting exceptionnel : le film devrait débarquer comme une bombe jetée là dans la chaleur de l’été, et personne ne devrait songer à fuir.


 


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