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« Frontières » : ce qu’a réussi le festival accès)s( à Pau, ce que prétend « Confluences » à Bayonne

19 octobre 2016 > > Soyez le premier à réagir !

Issu des précédents Nouveaux Entretiens de Bayonne, « Confluences » est ce nouveau né dans le calendrier bayonnais organisé par la ville autour de l’écrivain bayonnais Francis Marmande : des propositions de qualité mais également des ingrédients déjà fatigants à la lecture du programme, un sentiment absent des émotions ressenties après la clôture du Festival accès)s( de Billère la semaine passée.

5 jours durant pour le festival accès)s( dans l’agglomération paloise depuis sa rampe de lancement de Billère (du 12 au 16 octobre dernier), et 8 jours pour « Confluences, les nouveaux rendez-vous de Bayonne », du 29 octobre au 6 novembre : à tour de rôle, ces deux manifestations se sont appuyées sur une thématique aussi déterminée qu’incontournable, « Frontières ».

Au sortir de sa 16ème édition, la manifestation paloise peut choisir de placer le curseur de sa satisfaction entre « encourageant » et « exceptionnel », tant les propositions ont fait le plein, que cela soit les nombreux concerts portés par l’ADN de l’organisateur, « Cultures Électroniques », le colloque de deux jours qui s’y est tenu, ou bien encore la grande exposition contemporaine ouverte jusqu’au 10 décembre au Bel Ordinaire de Billère.

confluences-bayonne-6Ce sont deux putains de tueurs qui se sont chargés de clore cette manifestation samedi, les artificiers sonores Arnaud Rebotini et Zanési ayant dynamité durant une heure les limites entre electro et techno, largement dépassées en l’espèce dans la salle pleine de la Centrifugeuse qui en aurait demandé le double.

En présentation de presse ce lundi matin, le maire de Bayonne Jean René Etchegaray a pris soin de ne pas limiter à son affluence le curseur du succès d’une manifestation, celle portée par « Confluences », pilotées par l’universitaire Pierre Vilar, devant être examinée au talon du rayonnement que ces rencontres apporteront à la capitale labourdine, et à la pertinence de la thématique de cette année, « les frontières, une thématique d’une grande richesse et fortement d’actualité ».

confluences-bayonne-1Venant reprendre le fil de temps forts littéraires et philosophiques portés par ses prédécesseurs (les Entretiens de Bayonne sous Henri Grenet, les Nouveaux Entretiens sous le fils, et désormais cette nouvelle formule le concernant), l’idée ici est de mettre à l’honneur « des Bayonnais devenus des personnalités du monde des arts et des sciences, qui ont participé au rayonnement de la ville et gardé en mémoire les liens forts qui les unissaient à leur cité ».

Les « frontières » sont ainsi convoquées pour fournir l’arrière plan d’une mise en lumière des talents de Francis Marmande, « écrivain et critique littéraire, passionné d’histoire, de musique et de tauromachie et véritable ambassadeur de la ville », à qui revient l’honneur d’orner l’affiche de la manifestation de 2016.

daesh comolliDans le meilleur, il ne faudra pas rater la projection de « Le Concerto de Mozart » (20h) au cinéma l’Atalante le lundi 31 octobre, sur Michel Portal, en présence du très grand réalisateur Jean-Louis Comolli, auteur de Daesh, le cinéma et la mort ;

  • la venue d’Olivier Weber, Prix Albert Londres 2012, le 2 novembre à la Médiathèque ;
  • la « sortie de sa réserve » d’une oeuvre du Musée Bonnat Helleu le jeudi 3 novembre ;
  • un grand entretien sur « Lignes de paix, lignes de guerre : l’horizon des frontières » animé par Francis Marmande le samedi 5 novembre au Musée basque ;
  • ou encore l’intervention de l’écrivaine Marie Cosnay le vendredi 4 novembre à la fac pour « Écrire la frontière ».

Dans l’ordinaire, c’est à dire le pire d’un narcissisme inopportun, y ont été incorporées la projection d’un vieux film des années 50 « La course de taureaux » le lundi31 octobre, l’exposition sur la tauromachie en Camargue signée Lucien Clergue au Didam ; puis l’auto-promotion d’un discours de clôture le dimanche 6 novembre « autour de Bayonne, des Fêtes, du jazz et de la corrida ».

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Inauguration de l’exposition du festival accès)s(

Là où le festival accès)s( s’est donc intéressé à l’Autre, le nourrissant de multiples élans, Bayonne tente donc de nourrir la célébration d’Un des Siens, éminent « ambassadeur » dont la conscience du monde est invitée à se mêler à des propositions de qualité mais également des ingrédients déjà fatigants à la lecture du programme.

Les spectateurs à Pau sont ressortis de la semaine avec des lignes de repères rendues mouvantes, propres à la réflexion sur le sens de l’Histoire et sur les à priori à dépoussiérer : Bayonne a choisi le contraire, faisant des « frontières » les limites intérieures d’un temps élégant de rencontres plaisantes, mais génétiquement centré sur elle-même.

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Concert inaugural de Antye Greie-Ripatti (Allemagne / Finlande) le mercredi 12 octobre à Pau

Pour l’avenir, ce nouveau-nouveau-né a déjà annoncé la couleur des enjeux qui porteront « Confluences », à savoir en 2017 un débat sur « Le goût de la ville, la ville du goût » ; en 2018, l’accueil de l’Académicienne bayonnaise Florence Delay ; en 2019 le thème « Art du Corps, art du sport » ; avant une nouvelle carte blanche, en 2020, cette fois au Bayonnais Michel Portal.

affiche-confluences-bayonneQu’il ait été entendu en présentation presse que l’ambition était ici, « évidemment », de « renouveler le principe des Nouveaux Entretiens de Bayonne, qui n’ont pas assez concerné le jeune public, qui n’ont pas assez touché un large public » a fait clairement douter de l’utilisation sincère de la thématique des « Frontières » :

psychanalytiquement absent de l’affiche de cette année, le mot « frontières » semble bien se résumer à un macaron accolé, dans un réflexe schizophrénique chic, à une ville-capitale qui n’a pas choisi de jouer le moindre rôle officiel d’accueil des migrants dirigés vers le Pays Basque.



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