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‘Gaur Konstelazioak’ et ‘Ikimilikiliklik’ : voyage en deux étapes dans la poésie basque à Donostia

11 février 2016 > > Soyez le premier à réagir !

Les plus grands sculpteurs basques du mouvement Gaur au rez-de-chaussée, et, deux étages au-dessus, l’expo audiovisuelle « Ikimilikiliklik » sur le poète Joxean Artze : le musée San Telmo porte une double interpellation poétique à privilégier dans vos promenades affamées.

Le Musée San Telmo de Donostia se niche au coeur du quartier historique de la ville, derrière le quartier de la Bretxa et ses ruelles gorgées de pintxos.

C’est dans cette place forte de l’art contemporain qu’est actuellement proposée l’exposition Gaur Konstelazioak, ouverte pour le lancement de l’année Donostia Capitale Culturelle Européenne 2016.

musee-san-telmo-donostiaLe terme de « constellation » n’est pas de trop pour y voir rassemblées des oeuvres des plus importants rénovateurs de l’art basque, quand, au milieu de ces années 60 hostiles à la création par le joug franquiste, s’est formé le groupe Gaur, il y a exactement un demi-siècle.

Oteiza, Chillida, Balerdi, Basterretxea, Sistiaga, Amable, Mendiburu et Zumeta : les deux premiers ont acquis une aura internationale mais tous ont porté ensemble le désir sublimé d’une avant-garde artistique, à même de récupérer un patrimoine moderne de l’art interrompu dramatiquement par la guerre civile.

Leurs oeuvres exposées méritent le détour suggéré par Donostia 2016, pas tant dans l’exhaustivité de ce qui y est présenté (d’autres galeries en ville complètent la proposition), mais surtout parce que, deux étages possibles, l’exposition suivante, Ikimilikiliklik (jusqu’au 14 février), permet de la compléter émotionnellement.

Aux pièces de métal et de bois exposées au rez-de-chaussée de San Telmo, leur correspond une installation étonnante, dédiée à « l’autre face » du compositeur et chanteur Mikel Laboa, par un second voyage très sensible dans les mots du poète Joxean Artze.

Des poufs au sol invitent à une immersion au sein d’un dispositif de projections sur quatre écrans latéraux, ainsi qu’au sol et au plafond, des images initiales défilent sur la blessure originelle de Gernika, avant que ne s’en dévoilent d’autres, de tout ce qui a fait sens dans son oeuvre.

dss-2016-ikimili-3L’émotion vient autant de la juxtaposition d’images poétiques que de la puissance de ses textes, traduits en français, espagnol et anglais, quand entendus en basque.

Hegoak ebaki banizkio,
nerea izanen zen,
ez zuen aldeginen ;
baina,
honela,
ez zen gehiago txoria izanen,
eta nik…
txoria nuen maite.

Si je lui avais coupé les ailes,
Il aurait été à moi,
il ne serait pas parti
Mais ainsi
Il n’aurait plus été un oiseau,
Et moi
C’est l’oiseau que j’aimais.

Artze a de fait écrit les paroles des chansons les plus emblématiques de Mikel Laboa, comme Txoria txori, Ama hil zaigu, Zaude lasai ou Geure bazterrak, et l’on (re)découvre la puissance de ses images poétiques qui firent la base de spectacles de danse et de poésie comme Baga, biga, higa.

dss-2016-ikimili-deuxCette transmission inclut et accueille celui qui s’avance sans bagage culturel particulier, s’adresse à vous dans un cycle court de 30 minutes, et vous fait ressentir combien il sera difficile de quitter sa place quand démarre une nouvelle session.

Et l’émotion vous surprend là, quand reviennent en mémoire les oeuvres de Gaur vues quelques instants auparavant.

L’histoire poétique du Pays Basque s’est inscrit en tapant sur de l’acier pour le tordre et lui faire cesser cette rigidité du cadre dans lequel il était enfermé ; et les arbres étaient à magnifier comme des êtres essentiels autrement plus fréquentables que les peurs ordinaires.

dss-2016-gaur-2Des poètes comme Laboa et Artze ont accompagné le mouvement, tordant les syllabes et tapant sur les rythmes pour illustrer ce refus d’une « paix offerte comme des peignes de marteaux dans les cheveux ».

L’exposition audiovisuelle Ikimilikiliklik (reprenant une onomatopée de la chanson Baga, biga, higa de Laboa) sera accueillie du 5 mars au 2 avril prochain à la Médiathèque de Biarritz, grâce au soutien de l’Institut Culturel basque (Eke).

Voir ces deux expositions en une reste une interpellation poétique à privilégier dans ses promenades affamées : la somme de 6 euros dans votre main vous offrira ce voyage en deux étapes à ne pas dissocier.


Exposition ‘Gaur Konstelazioak’ du 23 janvier au 15 mai 2016
Installation ‘Ikimilikiliklik’ jusqu’au 14 février 2016 :

musee-san-telmo-donostia-2tous les renseignements sur le site du musée San Telmo de Donostia


 

 


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