Après 3 ans, plus de 1 000 articles écrits
par une trentaine d'auteurs, 1 700 dates d'agenda,
340 fils musique, 330 brèves de culture,
420 newsletters envoyées à 4500 abonnés
pour un total de 900.000 pages vues,

Eklektika s'arrête.

Merci à ceux qui nous ont fait confiance.

Si le projet vous intéresse : continuer@eklektika.fr

Retour en haut de la page
Twitter Facebook Contact Recherche

Georgio à L’Atabal Biarritz, et 9 kms entre son flow et le Baionan Bar Fest

20 février 2017 > > Soyez le premier à réagir !

Entre le rendez-vous rock et gratteux bien en place dans quelques bars de Bayonne et la venue du phénomène rap Georgio, la soirée de jeudi dernier a sonné l’hallali des programmes télévisuels confortables pour un trip entre les deux villes qui a valu son pesant de bras levés, ravis.

L’appareil photo est dans le sac, le trépied ne rentre pas dans le sac, le cahier Oxford 96 pages oui, grands carreaux, et deux stylos. Et une pomme. Il est 18h45, ce jeudi 16 février 2017, et les portes de l’Atabal Biarritz ouvriront dans moins de deux heures, pour la venue de Georgio.

Vingt trois piges et déjà la maturité d’un Rocé, prétendant il y a dix ans être le seul trentenaire à rapper comme un adulte. Malicieux, le natif des Lilas s’est fait un surnom dans le rap français, à grand renfort de textes soutenus et d’influences éclectiques. Si le rap est aux banlieues françaises ce que le condiment est à la nourriture, un inattendu devenu indissociable, Georgio est au rap français ce que le fenouil est à la pomme, un troublant exhausteur, un savoureux métissage, un fouteur de troubles.

Pendant ce temps-là, le Baionan Bar Fest débute sa neuvième édition. Alors, en attendant Georgio, neuf kilomètres séparent le Café des Pyrénées, chez Xina, de la salle de l’Atabal. Jouable, dans un esprit de rien rater.

Censés débuter leur concert à 19h, Les Extracteurs De Jus jouent d’emblée les prolongations, en terrasse. Tout sourires, leur audience patiente à peine, rigole beaucoup, « on est les Extracteurs de Jus, et on n’a pas la condition ! ».

Le ton est rapidement donné, les Souletins, dont c’est la deuxième apparition en public, cherchent l’équilibre, comme on hésite au moment d’allier la pomme et le fenouil. Punch-rock, biguine, garage-guinchant, textes aux frontières de l’absurde, le duo guitare-batterie fait trembler les murs, donne tout, sue à grosses goutes, avec la nonchalance des gens qui s’amusent, sans condition.

C’est pas tout ça, il s’agirait d’aller là où l’on doit être, soit ces neuf kilomètres où, à Biarritz, Beriwam termine la première partie de Georgio.

Les 4 boîtes à rythmes humaines ont assuré, il n’y a qu’à voir les regards des kids de l’assistance, écouter leurs commentaires, lire leurs attitudes. Ils trépignent d’impatience mais aussi, déjà, de satisfaction. Ils ont entre quinze et vingt-cinq ans, ces « autres » qu’on appelle les jeunes.

Neuf kilomètres et vingt ans de moyenne d’âge séparent Bayonne de Biarritz ce soir, la trentaine de votre serviteur s’en accommodera.

Dès son arrivée sur la scène, Georgio est des leurs, en trouvant immédiatement l’équilibre, entre un beat chirurgical et des nappes langoureuses, qui surlignent sa singularité dans ce rap hexagonal fracturé entre d’un côté les auto-tunes et de l’autre, ben, « les autres ».

Lui cite Céline, « bigger than hip-hop », qui le place comme un des chaînons manquants qui finira par faire admettre aux rageux que le rap est une poésie comme nulle autre.

On pense au MC Solaar de Prose Combat, enchainant Caroline à La concubine de l’hémoglobine. Combien sont-ils, les rappeurs français à chanter les traumas des soldats engagés au Mali ? La vue du sang de Georgio révèle alors un rappeur pacifiste, conscient.

Conscient ? Presque. « Est-ce que la jeunesse de Biarritz en a marre de sa putain de condition ?! », scande-t-il. Timide levée de boucliers dans une Atabal copieusement garnie.

Et ça chante, ça bouge à tue-tête.  Mon voisin de fosse s’égosille tant qu’il est invité, « poto » d’un soir, à grimper sur scène auprès des trois comparses de la 75ème session, A little Rooster, Diabi et Sanka, entourant Georgio.

Hilares à l’issue de cet improbable featuring, ces quatre-là prennent leur pied, en dignes représentants de Panenka Music et ce malgré la cheville plâtrée du leader qui aura passé deux heures à sautiller, béquille en main, sur une patte.

La salle sonne bien, le public est en phase, qu’importent les « Qu’en dirai-je ? », tout est déjà dit sur Georgio.

Tout sauf ce qui n’est pas encore sorti de son stylo : de quoi espérer, pour longtemps, car « l’espoir meurt en dernier ».


Georgio – « A l’abri » en live (mai 2014)


 


Commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. Apprenez comment vos données de commentaires sont traitées.