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‘Good Kill’, d’Andrew Niccol : la nov-guerre des USA, façon X-Box

27 avril 2015 > > Soyez le premier à réagir !

Les films de guerre ont rarement Las Vegas comme décor, si on omet Mars Attacks ! de Tim Burton. Good Kill d’Andrew Nicoll peut donc être considéré le premier.

Les héros de guerre façon Hollywood ont souvent la mâchoire carrée et la stature pour aller au combat, dans la ligne de feu. Ici, ce n’est pas le cas puisque les guerriers sont des online gamers, de ceux qu’on imagine passer jours et nuits face à leur pc.

Le synopsis :

good-kill-7Le Commandant Tommy Egan, pilote de chasse reconverti en pilote de drone, combat douze heures par jour les Talibans derrière sa télécommande, depuis sa base, à Las Vegas. De retour chez lui, il passe l’autre moitié de la journée à se quereller avec sa femme, Molly et ses enfants. Tommy remet cependant sa mission en question. Ne serait-il pas en train de générer davantage de terroristes qu’il n’en extermine ? L’histoire d’un soldat, une épopée lourde de conséquences.

Les armes de choix ne sont pas des mitraillettes et autres engins bruyamment létaux. Non, ici, ce sont des ordinateurs, utilisés par le personnel militaire dans des « sweatboxes » containers d’acier, qui dirigent des drônes.

Leurs cibles sont à des milliers de kilomètres en Afganisthan, Yemen ou Pakistan. Leurs ennemis apparaissent sur les écrans, personnages pixelisés comme dans un jeu de Line of Duty, on cible et on presse un bouton, 10 secondes plus tard, splash comme le dit une des soldats (Zoe Kravitz), ils sont réduits en fumée.

good-kill-1« J’ai explosé six talibans et maintenant je rentre à la maison pour un barbecue », résumé parfait du Major Egan (Ethan Hawke) d’une journée de travail pour un soldat qui mène un guerre contre la terreur utilisant les nouvelles technologies.

Auparavant Egan était pilote pour de vrai. Aujourd’hui, il est dans son cockpit virtuel, puis quand son travail est fait, il repart dans sa maison de banlieue après un passage par les machines à sous pour jouer quelques dollars. Une vie de routine si on oublie que son job a pour but de détruire des vies.

good-kill-4Le scénariste-réalisateur Andrew Niccol aime l’hyperbole. Il était responsable de Lord of War en 2005, dans lequel Nicolas Cage jouait un personnage basé sur la vie réelle du marchand d’armes russes Viktor Bout, comme un Scarface moderne.

À sa manière, Good Kill continue sur cette lignée de films façon Apocalypse Now pour les phrases prononcées, – en particulier par le commandant Jack Johns (Bruce Greenwood) – qu’un bravado idiot comme  le Colonel Kilgore n’aurait pas reniées. « Ne me demandez pas si c’est une guerre juste. C’est juste une guerre» et «Rien n’explose comme un explosif » sont parmi ses pépites de sagesse.

Dans un sens, la stratégie de Niccol est logique.

C’est une histoire dans laquelle toutes les effusions de sang réelle et l’action se déroulent très loin – il faut quelque chose d’autre. Il n’y a pas de drame manifeste dans ce groupe de jeunes hommes et femmes qui exploitent des systèmes informatiques.

Niccol souligne alors les luttes du «héros» troublé qui doit compartimenter son travail et sa vie privée. Egan n’est pas seulement un gamer ; il aspire à piloter à nouveau un avion, « la peur me manque ». Il ne dort pas bien, est déprimé et parfois agressif. Sa femme, Molly (January Jones, de Mad Men, dans un rôle de soutien assez ingrat), ne peut pas l’aider.

Difficile de savoir si son angoisse est le résultat d’un stress post-traumatique ou de l’aliénation  de son nouveau travail et des sentiments de honte. «Chaque jour, je me sens comme un lâche à canarder quelqu’un à l’autre bout du monde», se plaint-il dans un moment d’auto-apitoiement.

good-kill-6Good Kill est un film étrange à regarder. Il a parfois la sensation d’un vrai film de guerre. Les collègues d’Egan se comportent avec la même posture machiste que Les douze salopards.

Et en même temps le film reste surréaliste de par leur routine quotidienne. La fascination voyeuriste macabre à regarder les drones «pilotes» en action, observer la vie de leurs objectifs et rendre la justice d’en haut est présente.

good-kill-8Comme une réponse à Clint Eastwood et son American Sniper, le scénario de Niccol met à nu la logique tordue et la syntaxe alambiquée de l’Amérique et de sa « guerre contre le terrorisme ».

La narration est parfois désinvolte mais le fond est là : la nature étrange de la guerre des drones et le fait qu’ils ne peuvent/doivent pas bombarder en toute impunité.

La brutalité reste la même, pour les ciblés comme pour les tireurs.

good-kill-2


good kill affGood Kill, d’Andrew Niccol, avec Ethan Hawke, Bruce Greenwood, Zoë Kravitz – Actuellement en VF au sélect de St Jean de Luz, on attend avec impatience la VO…

L’entretien avec Andrew Niccol, réalisé pour le Nouvels Obs, est édifiant

« L’assassinat est illégal aux Etats-Unis. Sauf qu’ils emploient des termes différents. Ils ont mis au point tout un lexique qui ferait bien rire George Orwell », à retrouver ici >>>

 


 


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