Après 3 ans, plus de 1 000 articles écrits
par une trentaine d'auteurs, 1 700 dates d'agenda,
340 fils musique, 330 brèves de culture,
420 newsletters envoyées à 4500 abonnés
pour un total de 900.000 pages vues,

Eklektika s'arrête.

Merci à ceux qui nous ont fait confiance.

Si le projet vous intéresse : continuer@eklektika.fr

Retour en haut de la page
Twitter Facebook Contact Recherche

‘Groland le Gros-Métrage’, à Urrugne : rires et plaisir, avant la chute en Marinauté

7 décembre 2015 > > Soyez le premier à réagir !

Samedi soir Urrugne a définitivement rejoint le territoire de la Présipauté du Groland, pour la projection en exclusivité mondiale du film «Groland le gros-métrage» au cinéma Itsas Mendi d’Urrugne, après une première projection le matin à Salies de Béarn.

Certains inconditionnels le savaient : en sus de la projection en terre basque du Groland, une autre projection de Groland le Gros-Métrage avait lieu dès le samedi matin à Salies de Béarn, puisque beaucoup de scènes y ont été tournées, un nombre important de figurants, habitants de la région, justifiant de placer cette bourgade dans la carte sensible de la Présipauté.

groland-gros-metrage-deuxCette projection en fin de matinée fit plus que salle comble : certains malheureux venus sans réserver sont repartis bredouilles, n’ayant dès lors pour se consoler la diffusion du premier long-métrage signé Christian « Moustic » Bordes et Benoît « Mickael Kael » Délépine le 19 décembre à 21 sur Canal + (à privilégier les 1.505 bars qui le diffuseront en Marinauté française, la liste bientôt accessible).

L’accueil du public fut à la hauteur du travail produit par les deux compères Benito et Moustic : gigantesquement chaleureux.

groland-gros-metrage2Certes, ce n’est pas la salle parisienne du Grand Rex, ici, c’est 138 places, mais, différence notable avec d’autres superproductions, on peut avoir la chance d’être assis à côté d’un personnage du film.

Les minutes d’applaudissements à la fin de projection auraient été entendues jusqu’à Muflins et Noudin-les-Noillaux (Groland du centre), le pot de l’amitié joue à plein, Moustic et Mickael Kael se prêtent aux souhaits de selfies autour du panneau Groland.

Ça se termine en poignées de mains, embrassades, et ce « Groland je mourrirai pour toi » national, avant que l’équipe du film, autour de la productrice Sylvie Pialat, ne reprenne la route vers la banlieue sud du Groland, GPS calé sur Urrugne.

itsas-mendi-2Il n’est pas encore 20h, les rues d’Urrugne sont vides et cela n’affole aucun Urruñar, sauf devant le cinéma Itsas Mendi, où les places pour se garer imposent un certain sens de la stratégie.

Le public est déjà là. Il profite d’un buffet géant organisé par Frédérique, la directrice du Cinéma, et son équipe.

groland-urrugne-3

Crédit photo : Angela Mejias (milesker)

Elle le répète doucement, « c’est plein », son « et depuis longtemps » valant difficile accueil pour des Tarbais qui apprennent, désolés, le sens de la phrase « impératif de réserver avant ».

Ici, même si Frédérique confesse volontiers n’avoir pas vu le film (« je veux le découvrir en même temps que notre public »), on trinque déjà avant.

Une question d’instinct, car on sait déjà à quoi s’attendre (du bon), avant que, à 20h45, un aboyeur ne s’engouffre au milieu de la foule et hurle le début de la séance.

groland-urrugne-10Son «Allez, allez, viendez les amis, on ouvre les portes» identifie le Moustic, salle comble, et l’équipe d’Itsas Mendi regardera le film debout, Frédérique prend la parole :

« Je suis ravie d’être ici», et, dans sa générosité réputée, confie une « petite histoire », celle « d’un mec qui l’a appelé pour lui dire qu’il avait des trucs pour elle, et qu’ils allaient faire des choses ensemble».

groland-urrugne-9

Crédit photo : Angela Mejias (milesker)

Elle tape sur l’épaule de Christian et l’embrasse, « rien de sexuel, rassurez-vous, car lors de notre première rencontre, sa femme était là, hein, Christelle ! ».

Christelle, le bras droit, le bras gauche, la moitié, la chérie, la muse de Christian, sourit et, malgré la fatigue et le stress de l’accouchement cinématographique en cours, il ne se trouve personne pour douter de sa fierté pour son Moustic.

Pour le bienheureux, cette avant-première doit aussi être qualifiée d’évidence au moment de soutenir le travail de cette salle à écran unique de la côte basque, « et puis après tout, Frédérique est une Grolandaise, c’est normal ».

groland-urrugne-5

Crédit photo : Angela Mejias (milesker)

Christian Borde dépasse sa Moustiquerie connue du petit écran, le gars est dans le sourire, l’humilité et l’envie de faire partager ses goûts, ses envies, et organiser des rencontres avec des personnages qui demandent à Google Earth de leur situer Urrugne.

groland-urrugne-2

Crédit photo : Angela Mejias (milesker)

La productrice Sylvie Pialat prend la parole, elle ravie aussi d’être ici, «je suis du Sud-Ouest, pas du Pays Basque, mais bon. Nous indique que nous avons la chance d’avoir une personne comme Frédérique, c’est une battante et qu’il faut la soutenir. Le meilleur moyen, « c’est d’aller au cinéma».

Elle confie sa joie d’avoir fait un film avec Benoît et Christian, elle connait le premier depuis longtemps « c’est le seul à l’époque qui lui a fait décroché un sourire lors de l’enterrement de Maurice », son mari et immense réalisateur disparu et non remplacé.

C’est du brut, c’est la vie, c’est la mort, on n’est plus à la télé, cette Grande Dame que beaucoup ne connaissaient pas en fait prendre conscience.

On reprend vite une bonne dose de second degré, Moustic et Benoît souhaitent une nouvelle fois une bonne projection, en avouant « qu’ils flippent, car ils présentent leur enfant à la famille ». Les lumières s’éteignent, ça commence.

groland-urrugne-4

Crédit photo : Angela Mejias (milesker)

Une heure et demie après (le temps d’un match de foot), et la même « sanction » : applaudissements et cris de plaisir, et cette question que les deux réalisateurs devront affronter après chacune des projections devant eux, « A quand la suite ???? ».

Les petites confidences sont partagées sur le duo casté (remarquable) du film, « en 1999, Guy et Noël, c’était nous, mais aujourd’hui on est trop vieux », confie Christian.

Certaines idées avaient émergé pour les incarner, « on avait même pensé à Eric & Ramzy », ou Benoit Poelvorde, qui déclinera en leur répondant « si tu n’as vraiment personne, je le fais, mais franchement maintenant, je suis trop vieux, j’ai l’cul qui pend ».

groland-urrugne-8

Crédit photo : Angela Mejias (milesker)

La soirée se prolonge, des rires toujours, il reste de la quiche, du jambon du gâteau basque, et de quoi boire.

La soirée refuse de se terminer, avec cette perspective de ne plus rire dimanche soir lorsque seront dévoilés les résultats des Régionales en Marinauté (*).

Ce sadi, comme aurait pu dire le Président du Groland, les spectateurs préféraient le latin au barbare, faisant leur cette devise « Veni, Vedi, Vixi » (« Je suis venu, j’ai bu et j’ai rebu »).


groland-urrugne-11Marinauté :

définition du dimanche 7 novembre 2015 (et le score du Front National de Marine Le pen aux Régionales)

Où qui fait pas bon se sentir bien
« Vu l’merdier, on va aller au Groland, va chercher les gosses, on dégage de la Marinauté » (Victor Hugo, Les Désolations, 1852)


 


Commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. Apprenez comment vos données de commentaires sont traitées.