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Hamlet, par le petit théâtre du pain : offensive globale du théâtre en basque

23 octobre 2013 > > Un commentaire

L’ouverture du Hamlet du Petit Théâtre de Pain (encore en création à ce jour) ne trompe pas : il s’agit bien ici d’une relecture contemporaine du chef d’oeuvre de Shakespeare, où Horatio et ses hommes de garde sont désormais vêtus de treillis des GI’s des guerre d’Irak. Et leurs voix s’élèvent, mêlées aux cris quand est deviné le spectre du chef de l’empire, celui au sein duquel, on le sait, s’y trouve quelque chose de pourri.

Mais les mots entendus sont en basque (euskara). Et le resteront.

Pour ce spectacle qui sera joué une quarantaine de fois en Pays Basque (nord et sud) entre le 1er novembre 2013 et fin avril 2014, le surtitrage en français (ou espagnol) ne s’invitera pas au spectacle, une heure et demie durant. Cela pourrait changer, mais, « pour l’instant, ce ne sera pas le cas« , précise son metteur en scène, Ximun Fuchs, de la compagnie basée à Louhossoa, dans la Fabrique des Arts de Hameka (anciennement Harri Xuri).

Hamlet petit théatre de painUne proposition sans doute extra-ordinaire, par une troupe qui ne l’est pas moins : bande de potes théâtreux aguerris aux combats ordinaires avant d’être une compagnie hors-normes, elle n’a jamais laissé indifférents que les statues des jardins et les trottoirs des rues où ils se sont produits. Porté par une énergie visuelle impressionnante et par une incompatibilité à toute forme de petits braquets, le Petit Théâtre de Pain accumule succès publics et reconnaissances importantes depuis de très nombreuses années : de leurs Père Ubu, Cabaret, Traces, Le Siphon ou, actuellement, Le regard de l’Homme Sombre, à leurs créations en langue basque, Juglarea, Puta eta Eroa et Errautsak, primés deux années durant au prix Donostia Antzerki Saria.

Seuls ceux qui ne connaissent pas leurs engagements dans ce territoire pourraient penser que cette pièce en euskara relève d’un coup de tête. Eprouvée par de longues et nombreuses tournées, la sensation de devoir se poser la question globale de la place du théâtre en basque sur son espace linguistique a nourri le devoir de repenser sa pratique. Une implication très en amont de tous les lieux de diffusion possible (devenus partenaires), une communication unitaire, et un prix d’entrée réduit et similaire (entre 5 et 10 euros à chaque représentation) ont été les premiers éléments de cette réflexion, appuyée par l’Institut Culturel Basque.

Hamlet PtdpTête de pont d’un projet global sur tout Euskal Herria, ses créateurs et acteurs (Petit Théâtre de Pain au Nord, Artedrama et Dejabu au Sud) n’ont sans doute pas (pour l’heure) d’autres réponses supplémentaires que n’en a ce Hamlet, un crâne à la main, et son To be or not no be ? sur les lèvres.

Alors ce mardi matin, en conférence de presse donnée à Harri Xuri, on pouvait sentir une fébrilité certaine, liée, tout d’abord, au projet artistique, par cette confrontation à « une œuvre géniale, complexe, foisonnante de questions, pour lesquelles nous-mêmes n’apporterons pas de réponses, qui appartiendront aux seuls spectateurs« .

Avec cette ambition de « se sentir comme des instrumentistes qui ont besoin d’avancer avec des grandes oeuvres« , Ximun Fuchs ressentait également cette excitation initiale donnée par le point de départ du travail de mise en scène (« Que serait Hamlet s’il était un Basque, aujourd’hui ?« ).

spect2Alors, même si pour le jeu des sept acteurs, promesse a été faite d’un impact visuel très fort, en mesure de faire suivre aux spectateurs non euskaldun la quintessence de ce Hamlet en basque, Ximun Fuchs espère, à l’évidence, que la discussion finale avec le public (la signature de cette compagnie, qui n’a jamais dérogé à ce principe d’échanges) portera essentiellement sur le choix de cette pièce tragique.

Quand seront posées depuis ici les questions anciennes et shakespeariennes de la folie des hommes, du poids des dettes de sang, ou du choix de l’étreinte de la vie. Et qu’aura été éprouvée la possibilité d’y retrouver ce cri du damné, et sa place dans le Pays Basque d’aujourd’hui :

Qui, en effet, voudrait supporter les flagellations et les dédains du monde,
l’injure de l’oppresseur, l’humiliation de la pauvreté,
les angoisses de l’amour méprisé, les lenteurs de la loi,
l’insolence du pouvoir et les rebuffades
que le mérite résigné reçoit des créatures indignes ?

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