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« Hautsa », après leurs chambres d’enfants

4 novembre 2013 > > Soyez le premier à réagir !

Unai crie sa panique d’être encore poursuivi par cet ascenseur qui lui faisait peur. Qu’il avait oublié depuis son enfance, là-bas, dans la capitale basque de Vitoria Gasteiz, mais qu’il a revu, ré-interprété, en voyant débouler des escouades de forces de l’ordre, plus tard, dans une place publique.

Sa soeur, Garazi, le regarde, l’empoigne, le secoue, s’éloigne d’un pas de danse rapide, puis reprend à ses côtés une trajectoire désordonnée, nourrie de ses propres doutes. Elle ouvre ses bras sur ce qui lui reste de ses souvenirs d’une chambre d’enfant, interrogeant l’adulte devenu danseuse sur le lien avec son histoire familiale, mais aussi l’Histoire de son pays. Celles des heures noires du franquisme, et d’une transition démocratique qui a mis du temps à chasser leurs peurs mûries.

De ces ressentis fragmentés est né le projet Hautsa (Les poussières), porté par le Parasite Kolektiboa depuis plus d’un an, et lauréat de l’appel à projets artistiques Hogei’ta-Spectacle vivant 2012, organisé par l’Institut culturel basque et la Scène nationale Bayonne-Sud aquitain.

hautsa bayonneCorps et textes en basque jetés sur la scène, un arrière-plan portant son sous-titrage en français, mais surtout des projections de forêts, de rideaux, ou de miroirs, éléments puissamment psychanalytiques pour cette plongée dans la caverne obscure de leurs êtres.

Après une semaine de résidence au Théâtre de Bayonne, il sera temps, ce mardi 5 novembre à 20h30, de se confronter au regard du public, estime sa metteur en scène, Hannah Frances Whelan, artiste anglaise intimement liée à l’un et l’autre.

« Nous nous sommes posés beaucoup de questions sur ce qu’il restait en nous de nos récits d’enfants, de nos peurs et de nos incompréhensions« , explique-t-elle, « et les fragments de réponses qui seront présentés à Bayonne seront portés par le langage du corps autant que par du texte, en grande partie improvisé, mais toujours très personnel« .

Hannah Frances Whelan HautsaL’idée de réunir cette danseuse, Garazi, et son frère, Unai, homme de théâtre, est née du désir d’en rassembler les énergies, pour un OVNI théâtral dansé dont les frontières n’auront pas à être déterminées, « une heureuse rencontre« , résume Hannah.

Le terreau de cette expérimentation a emprunté les feuilles de la langue basque, qu’elle ne comprend pas mais qui s’est imposée aux deux comédiens, peu à peu, après de multiples écritures initiales en anglais, puis en espagnol.

« Tout s’est passé comme si leur travail prenait plus de force avec le retour à cette langue qui ne fut pas maternelle, quand bannie de leur enfance, mais qui a signifié depuis un enrichissement entre les deux adultes qu’ils sont devenus« , explique-t-elle encore.

hautsa-2Sur un coin de scène, Garazi acquiesce, décrit cette profondeur que les mots en basque lui permettent d’atteindre, et avoue peu après l’ampleur de la consommation psychique et émotionnelle que cela provoque en eux.

Leurs corps à tous les trois, passés par le champ de bataille de l’European Theater Arts à Londres, ont connu ce « théâtre physique » auquel ils ont été formés. Des racines enrichies depuis par, notamment, un travail de restitution corporelle de sculptures d’un disciple d’Oteiza, auquel rend hommage visuellement le travail de lumière et de décor.

Les détails, renforcer l’impact des mots, et de certains déplacements : samedi dernier, la metteur en scène mesurait ce qui leur restait à parfaire avant leur représentation de mardi soir, « nous sommes dedans depuis tellement de temps qu’il va nous falloir du temps pour savoir exactement ce que nous avons produit, proposé« .

La réaction du public sera à l’évidence le premier élément de réponse.

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