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« Horror » de Jakop Ahlbom : sang pour sang de ses promesses tenues au Théâtre de Bayonne

23 janvier 2017 > > Un commentaire

« Horror » de Jakop Ahlbom marquera clairement la saison 2016/2017 de la Scène Nationale Sud Aquitain, après avoir été donné deux fois ce week-end à Bayonne : ces 24 et 25 janvier 2017 près de Bordeaux, deux nouvelles représentations sont offertes près de nous pour apprécier le traitement théâtral d’un univers d’effroi qui gagne toute sa raison d’être sur un plateau, pour un divertissement très réussi entre cabaret d’horreurs et magie très élégante.

Ce week-end, du côté de Bayonne, vous avez peut-être remarqué l’immense poids lourd garé devant l’entrée des coulisses de son Théâtre.

Une logistique digne d’un film de science fiction qui se passera de caméra avait pris demeure du lieu, faisant du plateau une maison mutante pour imaginaire trash.

Horror, ce spectacle théâtralisé dont l’humour chatouille l’effroi sans le dévêtir d’une certaine élégance, a rempli toutes ses promesses, qu’il est impératif de ne pas dévoiler trop précisément.

L’histoire est celle d’une jeune femme revenant avec des amis dans sa maison d’enfance, abandonnée depuis longtemps. Le lieu se retrouve vite chargé d’un passé sombre et poisseux, dont la mort de certains de ses habitants n’aurait calmé ni les blessures ni le poison, toujours présents.

Les ombres sortent de leurs cachettes improbables et se lancent dans un conte à mi chemin entre cinéma muet, thriller fantastique, mime et danse contemporaine.

Sur scène, un intérieur de maison kitch à souhait, présentant deux niveaux distincts (un salon et une cuisine), ainsi qu’une fenêtre laissant imaginer une forêt obscure.

Tel est le cadre prêt à accueillir les sueurs froides essuyées entre autres dans Carry, The Grudge, l’Exorciste, The Blair Witch Project, ou l’humour décalé du Bal des Vampires et de la Famille Addam’s réunis.

Soit bien plus près que d’habitude, sans écran qui protège ni nul besoin d’artifices 3D : la promesse est tendue.

De l’effroi, du rire, du rock, des voix revenues d’outre-tombe grimaçant d’inquiétantes présences : le décor sonore est aussi posé, les décibels hurlent et saisissent l’espace.

Rien n’est pourtant défini par ce qui est visible, tout ce qui semble immobile ne l’est pas, avec ce décor en trompe-l’œil à la Georges Méliès, sans caméra mais avec des projections audiovisuelles s’invitant de temps en temps dans la scénographie.

Les arrêts de cette dernière sont remplacés par des noirs sur le plateau dont la rapidité force vite l’admiration autant que les effets spéciaux en chaine et le jeu très chorégraphié des personnages, comblant l’absence de tout dialogue une heure et demie durant.

De la scène culte au cliché, il n’y a qu’un pas dans le temps, et le metteur en scène, mime et chorégraphe Jakop Ahlbom s’avère un passionné assidu qui s’attache à l’authenticité des sources d’effroi telles qu’immortalisées chez Polanski, Hitchcock ou Kubrick.

Le résultat n’en est jamais guignolesque ou épuisé : l’ingéniosité geek de l’auteur est un spectacle en soi, un « pari », comme il le nomme, ou un rêve de gosse qui se réalise.

Le plateau devient un vaisseau fantomatique aux mystères insolubles (qui produit dans le public un vif désir de s’en faire expliquer les « secrets »), et éclate sensiblement le quatrième mur du spectacle.

S’il échappe aux facilités éventuellement craintes des codes du show cabaret à l’américaine, le spectacle ne fouille pas par contre les profondeurs de ses multiples thématiques, du poids du secret d’enfant à l’étouffante relation familiale.

C’est un divertissement interprété avec énergie par de très bons comédiens, surfant sur des instincts primaires, de la violence à la tendresse, de la pulsion sexuelle au lien spirituel, de la peur à la curiosité, et autres labyrinthes mentaux empruntés par le cinéma d’horreur.

Et les rideaux se referment au bon moment, à l’instant où le « beaucoup » s’arrête avant le « trop ».

Après un ballet rock surprenant et décoiffant, l’auteur s’accorde une poésie finale, dont les tableaux inspireraient bien des photographes tortueux, nous rappelant que le cauchemar sait composer avec la beauté.

En pleine tournée actuellement, le spectacle sera donné les 24 et 25 janvier 2017 aux Colonnes de St Médard en Jalles (Gironde) : les âmes aimant être impressionnées y trouveront leur compte, c’est promis, sans autre dommage collatéral qu’un sourire amusé et ravi sur le visage au moment de rejoindre os nuits plus ordinaires.


Teaser de présentation de « Horror »


 


Commentaires

Une réponse à « Horror » de Jakop Ahlbom : sang pour sang de ses promesses tenues au Théâtre de Bayonne

  1. Sarrade Nicolas dit :

    Encore un article fidèle à la réalité du terrain (de la salle)… à un détail prés… selon moi, le volet introductif de quelques secondes nous en montre beaucoup trop, trop rapidement, trop tôt. On sait tout de suite à quelle sauce ont va être dévoré !

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