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‘Imagenes’, le ballet flamenco de Andalucia dans les pas de ses maîtres

26 mai 2015 > > Soyez le premier à réagir !

Dimanche 24 mai à Saint-Jean-de-Luz dans le cadre du festival Andalou, le Jaï Alaï accueillait pour la première fois « Imagenes », une chorégraphie réalisée pour les 20 ans du Ballet Flamenco de Andalucia, compagnie ambassadrice du flamenco implantée à Séville et dirigée par l’étoile Rafaela Carrasco.

Marcher dans les pas de ses maestros. Tel est le désir de Rafaela Carrasco, chorégraphe, danseuse et directrice artistique, dans ce ballet en forme d’hommage à ceux qui ont marqué l’histoire de la compagnie et contribué à l’universalisation du flamenco : Mario Maya, Jose Antonio, Maria Pagès et les danseurs Israel Galvan, Belène Maya ou encore Mercedes Ruiz, enfants sacrés de l’institution.

Mais c’est un sourire plus large encore que tend la chorégraphe à ses anciens. Au début du ballet, la quinzaine de danseurs évolue assis.

flamenco-st-jean-de-luz-10La dextérité est telle qu’on les croirait debout et on ne peut s’empêcher de penser au danseur Juan de la Plata, qui s’asseyait sur une chaise et marquait le compas avec sa canne, en soutient à sa jambe défaillante.

flamenco-st-jean-de-luz-6S’en suivent des pas de deux très sensuels, des tableaux de groupe où chaque danseur porte une lanterne qu’il allume au moment de danser et éteint lorsque la frénésie retombe.

Des tocas endiablés se partagent à plus de trente mains.

Des images sont projetées sur les danseurs, filets de sang sur les robes blanches : virginité, passion, colère, sont ainsi illustrés. Le voyage aussi, lorsque des valises sont posées sur scène et tombent, accompagnant les zapateados (rythmes émis en frappant les pieds au sol).

La chorégraphie plonge dans la magie intarissable de l’art flamenco, sa communion sauvage entre le corps et la voix. Le chant, la guitare, le corps infusent, fusionnent, se vident en éclats spasmodiques ou en une brûlante et haletante agonie.

flamenco-st-jean-de-luz-9Moment de grâce.

La danseuse Rafaela Carrasco est seule sur scène avec les musiciens dans une robe rouge. Si on connaît la sensualité de l’art flamenco, le ballet dévoile son érotisme.

flamenco-st-jean-de-luz-11Bien loin de simuler la nudité, Rafaela joue de sa robe, la froisse, la soulève, la serre.

Autant de mouvements suggestifs et brûlants pour danser les pulsions du désir, ses détresses et une féminité assumée et absolue. Le public n’attend pas la fin du ballet pour laisser exploser des olés d’admiration.

Rafaela danse depuis l’âge de six. Elle ne force pas. Elle respire, avec une douce violence.

Au royaume de la domination, les flamencas sont reines et la virilité des danseurs s’y abreuve. Les châles sont tantôt protection, tantôt filet.

Le jeu des guitares accompagne celui de la séduction, teintée de la certitude fraternelle d’appartenir au même peuple.

Dans Imagenes, les hommes aussi dansent avec des châles.

Cette petite provocation se laisse apprécier mais on regrette un peu le jeu des vestes, plus fier, tout de même. On regrette aussi le caractère un peu lisse, classique de la gente masculine, beaucoup moins « puro » que ces dames.

Des bruits de métaux sont simulés par les caisses de guitares en rappel aux forges, là où les premiers danseurs flamencos dansaient sur des plaques de fer, avant de les clouer à leurs chaussures.

flamenco-st-jean-de-luz-3Les costumes sont sobres et on remercie ce choix qui laisse la danse au premier plan sans l’encombrer de folklore exubérant. La coordination des danseurs est à faire pâlir.

Le ballet est ordonné et éparpillé à la fois, il laisse au flamenco sa part de rencontres et d’improvisations, du moins, on nous le laisse croire.

flamenco-st-jean-de-luz-8Petit bémol, une projection d’images qui n’apporte pas toujours un plus, et dont l’utilisation « à la mode » lasse. Ce ballet n’a besoin que des danseurs, des deux guitares sanglotantes de Jesús Torres, de Juan Antonio Suárez “Cano” et des voix sublimes, errantes jusqu’au bout de leur souffle d’Antonio Campos et de Gabriel de la Tomasa.

flamenco-st-jean-de-luz-5Le ballet propulse l’art du flamenco dans un monde résolument contemporain tout en préservant sa mémoire.

Un dernier regret pourtant, pas de bis, pas de fiesta finale comme chez les gitans, malgré les chaleureux applaudissements d’une salle d’aficionados conquis.

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