Après 3 ans, plus de 1 000 articles écrits
par une trentaine d'auteurs, 1 700 dates d'agenda,
340 fils musique, 330 brèves de culture,
420 newsletters envoyées à 4500 abonnés
pour un total de 900.000 pages vues,

Eklektika s'arrête.

Merci à ceux qui nous ont fait confiance.

Si le projet vous intéresse : continuer@eklektika.fr

Retour en haut de la page
Twitter Facebook Contact Recherche

‘Interstellar’ de Nolan rompt brillamment avec le film SF macho

11 novembre 2014 > > 6 commentaires

Sorti depuis le 5 novembre sur les écrans français, Interstellar de Chris Nolan est une merveille de film qui impressionne bien au-delà des attentes des amateurs de films SF.

La sortie d’un film de Chris Nolan est un évènement depuis son premier Memento, un talent de mise en scène et en images que la trilogie renouvelée de Batman en Chevalier noir a étendu au niveau planétaire.

Son dernier opus, Interstellar, se présentait pourtant comme une nouvelle mise à l’épreuve pour celui invité à prendre sa place aux côtés des plus grands réalisateurs de Science Fiction, avec ce récit d’une quête dans un futur proche d’une solution pour une Terre exsangue.

Dans l’espace, un trou de ver comme un trou de souris, pour y glisser à la fois les espoirs d’une humanité condamnée et une navette spatiale à même d’explorer l’existence d’une planète capable de la recueillir.

De cet argument largement éculé en étaient attendues les figures habituelles du héros masculin par qui tout sera sauvé, des scientifiques principalement hommes, dont il faudrait toujours se méfier un petit peu, ainsi que celles de ces personnages féminins chargées de propager des tempêtes intérieures qui n’ont pas toujours le crâne comme épicentre.

Interstellar-7Toutes les actrices le savent, elles n’ont pas le droit à un rôle comme celui de Helen Ripley dans Alien.

Mais aux fauteuses maladroites habituelles, aux potiches qui comprennent petit à petit,  aux vilaines entremetteuses ou aux figures sur-féminines, le scénario a pris le parti de s’en remettre à une espèce rare dans ce genre de scénario, celle de l’intuition féminine, contre toute logique de coup de force, de truc malin pour se défaire d’improbables mésaventures, ou de raisonnement valable, c’est à dire proféré par un autre humain qu’un homme (scientifique ou militaire).

Dans Interstellar de Nolan, sans insister sur la justesse de jeu absolument indéniable de tous les acteurs, l’émotion provient dès lors de l’économie visuelle choisie, débarrassée de l’obligation de grandes scènes catastrophes remarquables, au profit d’une réflexion inattendue sur la puissance de l’amour.

Celui d’une fille et de son père, ou de deux astronautes séparés par bien trop d’années-lumière pour espérer se retrouver.

Interstellar-6Interstellar-4Le film se mue alors fermement vers l’espoir pour toute l’humanité que deux mains à nouveau serrées vaudront tous les détours, quand bien même le doute et la douleur les accompagneront.

En ce sens, il faudra parler d’Interstellar comme d’un film absolument remarquable, inscrit dans la lignée assumée des grandes dramaturgies SF, de Solaris de Tarkovski (et de son impeccable remarke par Soderbergh, avec George Clooney en star masculine) ou du 2001 de Kubrick.

Interstellar-3A sa sortie, la multitude de niveaux atteints par le film, dont celui rompant avec efficacité avec le mythe machiste du super héros seul contre tous (et toutes), aura de quoi réjouir tous ceux qui l’attendaient, et, même ceux qui ne s’attendaient pas à une aussi belle illustration des propos amoureux d’Aragon.


Interstellar-afficheLe film Interstellar de Chris Nolan est actuellement
sur l’écran de certains de nos cinémas préférés :
en VF au Monciné d’Anglet, en VO au Royal de Biarritz


 


Commentaires

6 réponses à ‘Interstellar’ de Nolan rompt brillamment avec le film SF macho

  1. Murielle dit :

    Wow! « Le scénario a pris le parti de s’en remettre à une espèce rare dans ce genre de scénario, celle de l’intuition féminine… »
    Bravo pour la phrase la plus sexiste de l’article. 🙂
    Dans la veine de « Les hommes viennent de Mars et les femmes de Venus?

    Sinon le film aurait pu être pas mal s’il ne s’était pas noyé dans le pathos et l’absurdité. Pour reprendre l’image de la gravité, il y a tellement d’idées, d’ambitions, de prouesses techniques, d’imageries, d’émotions qu’il était inévitable que certaines d’entre elles retombent lourdement.

    Un film SF pas mal sur le même sujet, qui date de 2004 et sans les mêmes moyens : Primer.

    Quant à John Lithgow, il est enfin dans un premier rôle dans « Love is Strange »

  2. Wow aussi 🙂

    Merci pour ton commentaire, Murielle, mais je ne renie aucun des mots de cet article. La place des femmes dans la SF, particulièrement dans le sens de leurs actions ou de leurs réflexions, est bien trop rare, et moins sincère que dans ce film, que je trouve vraiment plus économe d’imageries que ses prédécesseurs, le discours sur la gravité n’étant qu’un arrière-plan moins intéressant que ses personnages.
    Et je trouve que le film ne tombe jamais dans l’absurdité.
    Ravi que tu l’aies vu aussi,
    bien à toi…

  3. Murielle dit :

    Naturellement je respecte ton opinion. Mon manque d’intuition féminine est compensé par une réactivité – tendance poil à gratter et pieds dans le plat – qui se manifeste à la lecture de certains mots.
    Bonne journée!

  4. […] de passer en version originale ce qui peut être assimilé à des blockbusters » (comme Interstellar de Chris Nolan qui trouve une place dans le programme de ce mois-ci), « il y a des […]

  5. Hello Ramuntxo.
    Pour une fois je ne suis pas du même avis que toi. Quoique… en ce qui concerne ton point de vue « anti-sexiste », je te rejoins même si cela peut ne pas plaire à Murielle, et même si « Gravity » l’an dernier mettait la barre plus haut. En revanche, côté « ouverture du cinéma américain grand public » il y a encore des efforts à faire : c’est bien un courageux blanc qui est en tête d’affiche et bien un gentil faire-valoir noir qui se fait exploser la trombine dans un cabanon perdu sur une planète perdue au milieu d’une galaxie cachée. J’en profite également pour souligner la présence surprise de Matt Damon incarnant la figure du salaud type nécessaire à la mise en avant de la bravoure du héros. Y a encore du chemin à parcourir côté renouveau du blockbuster américain. J’attendais beaucoup de ce film (entendu beaucoup de louanges à droite comme à gauche) et j’en suis finalement ressorti fort déçu hier soir. Pourquoi ?
    1. Parce que c’est une demi-mesure entre blockbuster et space odissey. Dans le genre pas évident de la SF, je pense qu’il ne faut pas trop mélanger les goûts et les couleurs et ne pas vouloir faire plaisir à tout le monde : soit tu pars sur un blockbuster, soit tu pars sur un space odyssey. En gros, un mélange de « Star Wars » et de « 2001, space odyssey », ce n’est pas une recette bien digestive (trop de ceci, pas assez de cela). Résultat selon moi : quand on passe après un chef-d’œuvre, on a souvent rendez-vous avec un crash (comme évoqué au début du film)… Kubrick, nous proposait un voyage poétique et philosophique, Nolan juste une narration auto-centrée sur le trio « famille, amour, héros ».
    2. Parce que, les faiblesses de scénario de la première partie de film le transforment en mélo caricatural et ridicule. On découvre une énième base militaire cachée dans la montagne depuis des années par une clôture électrique et un vieux panneau « forbidden » et dirigée par un vieux professeur qui n’est pas surpris de voir atterrir de vieux potes dans son bunker. On découvre également que ce vieux professeur est en fait un usurpateur le jour… le jour… le jour de sa mort !!! On découvre également qu’il est possible pour un 4×4 américain d’occasion de traverser le temps pendant 23 ans et de se retrouver une nouvelle jeunesse un quart de siècle plus tard. On découvre par la même qu’envoyant un robot dans un trou noir on peut découvrir la clé mathématique-quantique à un rébus permettant de faire décoller une station orbitale grosse comme cinq centrales nucléaires. On découvre enfin que l’on peut éclipser son petit frère d’agriculteur en déclenchant un feu dans son champ afin de pouvoir monter tranquillement dans sa chambre afin de sauver l’humanité entière (et que par la même, il est possible de mettre un gros crochet du gauche au médecin qui vient chez vous soigner votre fils… pas de problème… au plan suivant, il n’a aucune marque sur le visage). Et je ne reparlerais pas ici du paragraphe « Matt Damon » cité plus haut. Un ensemble de poncifs scénaristiques blockbustés et américains qui classent le film dans la presque catégorie des « nanars » ! Pour moi, on est très loin de « Solaris » (ou autre réussite SF).
    3. Parce qu’il n’a pas hésité à reprendre la recette (déjà goutée donc) qu’il a utilisé dans son « Inception » : une fin à suspens qui navigue sans cesse entre deux réalités-dimensions différentes… le père d’un côté perdu dans un labyrinthe en 5D et la fille qui redoute le retour de son frère de son hectare de verdure en feu. Trop facile puisque déjà monté dans le film précédent !
    Jusque là, j’appréciais beaucoup le travail de Nolan, notamment sa trilogie « Dark Knight » (le chevalier… sombre… il me semble). Un impair arrive au moins une fois dans une vie de réalisateur… c’est la loi de Murphy, il parait… à moins comme un certain Stanley, de mourir avant.
    On en reparle autour d’une bière, Ramuntcho ? Nicolas.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. Apprenez comment vos données de commentaires sont traitées.