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Jeanne Added à l’Atabal : effectivement la fille pop-rock à ne pas lâcher d’une oreille [avec We are Match]

7 mars 2016 > > Soyez le premier à réagir !

Avec We Are Match et Jeanne Added pour sa soirée FAIR de vendredi, l’Atabal a enquillé l’une de ces soirées impeccables où l’on ressort les grands mots aux lèvres et le corps en braise, devant les performances d’artistes à la hauteur des espoirs placés en eux.

Ça devrait aller vite, pour Jeanne Added. Depuis son premier « vrai » album pop-rock sorti en juin 2015, Be Sensational, son calendrier s’est accéléré, avec les bonnes salles sur Paris (notamment la Cigale), les bons passages télé (Victoires de la Musique il y a 3 semaines), et les festivals ou la tournée FAIR qui vont bien avec cette comète blonde, à la voix dévastatrice.

Vendredi soir à L’Atabal Biarritz, il ne lui aura pas fallu trois chansons pour fixer la salle pleine et ne pas voir une partie se diriger vers le bar, cette bonne vieille habitude maintenue dans toute bonne salle qui se respecte pour expliquer aux artistes que rien n’est gagné, jamais.

Sa basse en bandoulière et sa tête de Jacky Quartz sur un physique sautillant à la Jimmy Sommerville auraient pourtant suffi à faire naître des sarcasmes faciles, à singer bière à la main par ce combat de boxe qu’elle mime pour entamer le concert dès son premier morceau.

Personne n’a été assez bête pour le faire, parce que Jeanne a commencé à chanter, et que tout est monté très vite, pour conférer à cette soirée une dimension qui dépasse le prix d’entrée du billet dans votre poche arrière. Voire le sens de l’accréd à votre nom.

Des soirées comme cela dans la saison de l’Atabal vous donnent le droit de dire alentour que, oui, vous savez ce que sont des tremblements de terre. Quand ce que vous connaissiez s’est fissuré et que, des espaces entrouverts, s’est faite jour l’envie de transes admiratives que vous aviez enterrées trop rapidement sous le mot « pop ».

Il y a d’abord la capacité de Jeanne Added à prendre la scène, qu’elle investit en guerrière, bras en moulinets et envie viscérale d’être là, devant le public, maintenant, avec ce qu’elle est, ni plus ni moins.

Avec ses mots, ses incantations, et cette sincérité troublante dans une voix dont elle fait absolument ce qu’elle veut.

Le reste de l’emballage, signé Dan The Dø Levy, fonctionne sur un même équilibre puissant.

Les boucles sonores se sont affranchies de l’obligation de ne pas trop défaire les postures capillaires insupportables des années électroniques 90, pour mieux se concentrer sur les deux vertèbres cervicales C1 (dite Atlas, portant le poids de la tête) et C2 (dite Axis, permettant de faire pivoter la tête de haut en bas et de droite à gauche, et inversement).

Moins sophistiqué que les influences du duo de The , à peine un poil moins dance mais pas moins efficace, l’ensemble, par des morceaux comme War is coming ou Look at them, possède le potentiel de ne plus vous lâcher du réveil jusqu’au coucher.

La différence se fait alors encore plus visible quand, pour le rappel, Jeanne Added est en mesure de revenir seule avec sa basse, la compagne de ses premières routes, là où on ne l’attendait pas encore (mais ça, c’était avant).

Sa  voix toujours, sa sincérité, les frissons gagnent, l’empathie joue à bloc, et le bar reste vide.

added-atabal-5Elle va se faire applaudir à tout rompre, elle ne semble pas s’y habituer totalement, il lui faudra sans doute encore un peu de temps pour saisir à quel point elle échappe pour l’heure au marketing, au produit.

Elle en a sous la pédale, à l’évidence, et elle manque déjà à ceux qui viennent de la découvrir.

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Au comptoir, à ce moment-là, il doit bien n’y avoir que les quatre popeux français de We Are Match, qui ont assuré la première partie de cette soirée impeccable.

we-are-match-atabal-2Leurs morceaux à eux, mâtinés d’Alt-J et de leurs jeunesses insolentes, prennent une bonne dose qualitative sur scène, quand les cordes de la basse semblent avoir été changées par du barbelé qui claque à chaque titre, derrière une électronique aux ordres, puissante.

Avec la maturité nécessaire de savoir que le batteur joue mieux quand on place les machines à brouillard juste derrière lui, les gars de We are Match ont mis une bonne claque aux personnes présentes, et une grosse torgnole à ceux qui pensaient pouvoir se pointer vers 21h30 quand le programme stipulait 21h.

we-are-match-atabal-1Leurs « Suis dégoûté ! » perclus de regrets restaient audibles au milieu de la clameur qui a salué un set trop court, portant malgré tout assurance que l’on n’a pas fini d’entendre parler d’eux.


(magnifique) Jeanne Added en live à la Cigale, Paris, octobre 2015


 


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