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« C’est ça, c’est là », Julie Alcaraz pour le concerto N°3 de Beethoven au Théâtre Quintaou d’Anglet

27 septembre 2016 > > Soyez le premier à réagir !

Ce vendredi soir 30 septembre, la soirée d’ouverture de saison de l’Orchestre Régional Bayonne Côte Basque aura une importance toute particulière pour cette jeune pianiste bayonnaise, qui nous a confié son sentiment que l’heure du double rendez-vous avec ce lieu et ce concerto ne devait plus être reculée.

Programmée en soliste pour le concert d’ouverture de la saison de l’Orchestre Régional Bayonne Côte Basque ce vendredi au Théâtre Quintaou d’Anglet, la pianiste soliste Julie Alcaraz est l’un des grands espoirs de la musique classique française.

Ce n’est pas elle qui le dit ainsi. Ni sa nature souriante et humble, ni ses jeunes années, ne lui ont encore permis de mesurer complètement le chemin déjà entrepris depuis ses classes, ici, à Bayonne.

julie-alcaraz-sonate-angletN’y peuvent pas encore grand chose ces moments où pourtant elle a été applaudie et distinguée comme l’une des meilleures lauréates 2015 du Conservatoire de Paris, après avoir connu dès 2008 une première tournée au Japon en tant qu’Ambassadrice de la Musique Française, en Espagne, au Portugal, en Roumanie.

Elle vient de remporter le 3ème Prix au concours international Mackenzie de New York, autant de distinctions qui, ce lundi, s’effacent pour l’instant devant ses premiers pas sur la scène de Quintaou, qu’elle découvre pour la première fois, « je n’avais pas eu l’occasion encore de venir ici ».

julie-alcaraz-sonate-beethoven-anglet-quintaou-orbcb-1Quelques pas, un « pfffoooo » qu’elle ne contrôle pas, un silence, et ce « 758 places… » qu’elle murmure face aux gradins rouges du lieu, qui seront pris d’assaut pour son interprétation du Concerto N°3 en do mineur op.37 de Beethoven.

Les heures innombrables de répétition ne vous préparent pas à tout, « il y aura vendredi beaucoup de gens que je connais, qui m’ont soutenue depuis le début, ça met un peu plus de pression, forcément… ».

Le rituel sera pourtant le même, avant de rentrer sur le plateau. Des mouvements de respiration pour calmer son souffle et son cœur, relâcher les bras, puis quelques pas, « pas trop rapides, comme j’ai encore tendance à le faire », rit-elle de sa « manie », et puis le moment où elle posera ses mains sur le piano.

julie-alcaraz-sonate-beethoElle décrit un moment de communion très organique avec le bois de la caisse, avec les touches, avant les premières notes, « comme si je lui souhaitais bonne chance, que je le remerciais de m’accompagner dans cet instant », comme pour se rassurer à deux, également.

Car la pièce de Beethoven inscrite au programme n’est pas étrangère à la montagne de son impatience mêlée du désir d’un rendez-vous à ne plus reporter.

« C’est un tournant dans la création de Beethoven, le moment où il choisit une tonalité plus dramatique, en do mineur, il y a là désormais quelque chose qui parle, qui doit se dégager fortement, avec beaucoup d’intensité », elle avait reculé le moment de s’y attaquer, « on doit y aller corps et âme, se mettre à la disposition totale du discours musical tout en essayant de rester soi-même ».

julie-alcaraz-sonate-beethoven-anglet-quintaou-orbcb-3La différence des interprétations, et la sienne en particulier, va reposer sur sa traduction des annotations qui figurent sur la partition originale, « des repères qui arrivent avec Beethoven, quand, par exemple, la musique baroque de Bach en était dépourvue ».

Le piano reste un ensemble complexe de percussions mais finalement, « c’est un marteau qui frappe une corde » résume-t-elle, « la difficulté est de pouvoir lier les notes, il y a beaucoup de legatos dans ce concerto, qui n’est pas par définition un élément naturel de cet instrument ».

Elle évoque ce toucher propre à chaque interprète pour effectuer ce transfert de pressions et de poids sur les touches, comme « la marche, où les deux pieds doivent porter un déséquilibre pour avancer, et où tout consiste à lier ce mouvement, pour le transformer en démarche harmonieuse », elle conclut « porter son propre langage ».

julie-alcaraz-sonate-beethoven-anglet-quintaou-orbcb-2L’enseignement donné est perceptible dans ses confidences, sans jamais en séparer la passion qui l’anime, et sa certitude d’avoir « encore tellement à apprendre ».

Dans son esprit, la transition se fait alors immédiate, avec son immense plaisir de partager cette soirée avec le pianiste Olivier Chauzu qui interprètera le concerto N°2 de Bartók.

chauzu-aek-bayonne« C’est quelqu’un de très important pour moi, en tant que professeur à Bayonne d’abord, puis en tant qu’exemple de travail total, de passion communiquée », elle se rappelle une discussion où il l’encourage à travailler sur l’intégrale d’Iberia d’Isaac Albeniz, pour lequel son propre enregistrement a reçu en 2007 un Diapason d’Or Découverte. Et surtout tous les superlatifs sur « l’une des plus émouvantes interprétations qui soient, par son intériorité, sa maîtrise du temps, des rythmes et des couleurs ».

« Un très grand pianiste, un exemple pour moi », répète-t-elle, avant de reporter son regard sur la grande salle de Quintaou, « 758 places… » de nouveau dans un souffle, « c’est ça, et c’est là… ».julie-alcaraz-sonate-beethoven-anglet-quintaou-orbcb-4


« B&B », ouverture de saison de l’ORBCB
en co-réalisation avec la Scène nationale Sud Aquitain

Direction d’orchestre : Benjamin Levy

agenda-b-et-b-concert-ouverture-2016-orbcbJulie Alcaraz : Concerto N°3 en do mineur op.37 pour piano et orchestre de Ludwig van Beethoven
Allegro con brio, Largo, Rondo, Allegro

Olivier Chauzu : Concerto N°2 pour piano et orchestre de Béla Bartók
Allegro, Adagio-Presto-Adagio, Molto Allegro

Une surprise se cache dans la feuille de salle, dans nos mains par anticipation, où se cache un lapin sortant d’un chapeau de magicien, « Julie Alacaraz et Olivier Chauzu se verront réunis sur scène pour un double concerto en trois mouvements écrits en 1779 par un compositeur que vénérait Beethoven », et on s’arrête là pour ne pas en dire plus.

Toutes les infos sur le site de l’ORBCB


 


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