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Koons et Basquiat, au Guggenheim : deux faces opposées d’une même médaille d’or

14 juillet 2015 > > Un commentaire

Les deux grandes expositions de l’été au Musée Guggenheim de Bilbao sont consacrées à Jeff Koons et Jean-Michel Basquiat, deux artistes qui ont émergé dans les années 1980 et qui dominent le marché aux enchères de l’art contemporain.

Selon Jeff Koons, ses oeuvres n’auraient jamais été exposées d’une façon aussi élégante comme au Musée Guggenheim de Bilbao (Basquiat aurait sans doute pu penser la même chose, malgré tout ce qui l’oppose au premier).

De fait, cette rétrospective qui lui est consacrée à Jeff Koons est organisée par le Musée Whitney de New York en collaboration avec le Musée Guggenheim de Bilbao et le Centre Pompidou de Paris, et retrace de façon chronologique le travail d’un créateur au style unique.

Koons-Basquiat-bilbao-13Des premiers Inflatables, jouets gonflables, jusqu’à sa dernière série Gazing ball, reproductions de sculptures classiques accompagnées par des sphères bleues et brillantes réalisées en verre soufflé, l’exposition montre la cohérence du travail de l’artiste ainsi que sa diversité.

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Crédit photo : Frederik Verbeke

Le visiteur pourra y découvrir les aquariums contenant des ballons de basket de la série Equilibrium (1985), le célèbre lapin en acier inoxydable Rabbit (1986), la sculpture en porcelaine Michael Jackson and Bubbles (1988) et Balloon Dog (1994-2000), représentant un chien en acier inoxydable.

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Crédit photo : Frederik Verbeke

L’objet gonflable semble être le fil rouge de l’exposition ; il est présent à presque toutes les périodes de l’oeuvre de Jeff Koons, comme en témoignent les séries Popeye (2003) ou Hulk Elvis (2007).

L’œuvre de Koons tente de réconcilier l’art moderne et la culture populaire et fait coexister harmonieusement des concepts en principe antagonistes tels la vie et la mort, le passé et le présent, la sexualité et l’innocence, le luxe et l’austérité, l’éternel et l’éphémère, le féminin et le masculin.

Porteuse de l’iconographie de la culture populaire, son oeuvre est un miroir de la société post-industrielle américaine, voire occidentale.

Tout du moins cette part de cette société, notamment celle qui est obsédée par le progrès, la technologie et la consommation, animée par des divertissements genre Disney ou hantée par des fantasmes sexuels.

Koons-Basquiat-bilbao-5L’autre part, celle de l’Amérique des noirs et des clandestins, de la drogue et de la misère, brille par son absence.

Absente dans l’imaginaire de Koons, cette part de la société jouit d’une plus grande visibilité chez Jean-Michel Basquiat (1960-1988), l’autre grand artiste américain auquel le Musée Guggenheim consacre une rétrospective cet été.

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Crédit photo : Frederik Verbeke

Avec plus de 100 peintures, dessins et photographies, l’exposition Jean-Michel Basquiat, Le Moment est venu, est la rétrospective la plus importante jamais organisée en Europe.

Elle propose une exploration thématique de l’oeuvre de l’artiste : depuis ses oeuvres de jeunesse et des graffiti à fort contenu social jusqu’à ses relations avec la musique, notamment le hip-hop, en passant par des sections dédiées aux thèmes du racisme, de la lutte des classes, de l’histoire noire ou de la diaspora africaine, entre autres.

Célèbre dès l’âge de 20 ans pour ses dessins et ses peintures corrosives à contre-courant, Jean-Michel Basquiat a bouleversé la scène artistique new-yorkaise au début des années quatre-vingt.

Il doit sa réputation à des oeuvres percutantes, chargées d’emotion et d’une forte expressivité qui abordent des thèmes comme le racisme, la politique ou l’hypocrisie sociale.

Koons-Basquiat-bilbao-2Décrites par le propre artiste comme “un tremplin vers les vérités les plus profondes de l’individu”, ses toiles, qui empruntent comme support des objects recyclés, se nourrissent de l’art de la rue et de sa première pratique comme graffiteur conceptuel.

Bien que sa carrière ait été brutalement interrompue par sa mort prématurée à l’âge de 27 ans, son travail continue à exercer une énorme influence.

Symboles des excès du marché de l’art contemporain

Koons-Basquiat-bilbao-15Malgré leurs différences, Koons et Basquiat figurent parmi les artistes contemporains les plus convoités par les collectionneurs.

Ils dominent le marché aux enchères de l’art contemporain (artistes nés après 1945), un marché qui a connu une flambée de 1000% en 10 ans, selon Art Price, société leader sur la cotation et les indices de l’art.

Six oeuvres de Jeff Koons ont dépassé la barre de 10 millions de dollars en 2014 (autant que Picasso).

Vendu en novembre 2013 par Christie’s pour 58,4 millions de dollars, le Balloon Dog (orange) de Jeff Koons est devenu l’œuvre d’art, conçue par un artiste vivant, la plus chère de tous les temps.

koons-orange-balloon-dogIl occupe la 10ème place du classement des artistes les plus performants aux enchères toutes catégories confondues.

Jean-Michel Basquiat talonne Jeff Koons dans le classement par produit de ventes, avec 148 millions de dollars.

En 2013, la vente de ses œuvres avait atteint un sommet à 250 millions de dollars.

La plus belle enchère 2014 pour l’art contemporain concernait précisément une œuvre de Basquiat, Untitled (1981), adjugée 48 millions de dollars.

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Koons-Basquiat-bilbao-7Exposition JEFF KOONS
9 juin – 27 septembre, 2015
Museo Guggenheim Bilbao

Exposition BASQUIAT
3 juillet 2015 – 1 novembre 2015
Museo Guggenheim Bilbao


 


Commentaires

Une réponse à Koons et Basquiat, au Guggenheim : deux faces opposées d’une même médaille d’or

  1. Une histoire de gros sous en SOMME >;-)
    L’idée même de « marché de l’art » m’a toujours fait penser à son équivalent en sport… le « mercato » des joueurs de foot. BEURK ! En allant souvent au Guggenheim, je m’interroge chaque fois sur le sens de ces valeurs financières. Un peu écœurant de mesurer ce qui se trame derrière le travail d’un seul individu. Je n’ai pas aimé les propositions de Koons (aucune émotion et des concepts ajournés de longue date), et ai moyennement accroché sur les œuvres de Basquiat présentées (que j’apprécie beaucoup habituellement). Je reste happé par les impressions glanées lors de mon précédent crochet marquées par les malignes mystique et poésie de Nikki de Saint Phalle.

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