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Kulture Sport à Bayonne, avec un K comme copié-collé à Lyon

18 mars 2015 > > 5 commentaires

Le futur festival Kulture Sport annoncé comme le mariage « pour la première fois » du sport et de la culture fait tousser du côté de Lyon, où l’évènement se conjugue depuis deux ans, mais sans le K.

Les organisateurs du 1er festival Kulture Sport, qui doit se tenir à Bayonne du 12 au 14 juin prochains, n’ont pas compté leurs efforts pour faire la promotion au Pays Basque d’un « évènement culturel qui marie les expressions artistiques et la thématique du sport de manière exclusive ».

Autour de Vincent Maraval, président de la société de cinéma Wild Bunch, désigné comme le créateur du Festival, a donc été avancé un programmes de réjouissances autour de projections de films en avant-premières, de lectures et d’exposition photos, à laquelle de prestigieux noms ont déjà été associés.

« Un Festival original, qui marie pour la première fois la thématique du sport à la culture sous toutes ses formes », peut-on lire dans le dossier de presse de novembre 2014, et qui aura été répété à l’envi lors de sa présentation officielle à Bayonne le 15 janvier 2015 au Cinéma L’Atalante de Bayonne, devant tout ce que ce territoire compte d’élus de Bayonne et de partenaires privés potentiels.

kulture atalante

Crédit photo : Kulture Sport, Facebook

Sauf que la manifestation n’a pas l’entière originalité qui lui est prêtée, surtout quand accompagnée de personnalités comme l’acteur-footballeur Eric Cantona, le judoka Teddy Riner, le photographe Raymond Depardon ou Thierry Frémeaux, Délégué du Festival de Cannes.

C’est à la députée socialiste Colette Capdevielle que revient d’avoir tiré la sonnette d’alarme, sur son communiqué réagissant à la disparition du Festival des Translatines l’année de l’avènement de Kulture Sport :

Combien d’autres rendez-vous et d’acteurs culturels de notre territoire disparaitront pour satisfaire le projet de l’adjoint à la Culture, Yves UGALDE, Kulture Sport – manifestation qui n’a de basque que le K puisqu’elle existe déjà à Lyon ?

colette-capdevielleEffectivement, cela existe déjà dans une forme similaire à Lyon, porté par l’Institut Lumière, et cela, pour sa seconde édition cette année.

culture sport lyon

Au pays de la quenelle, l’événement ne s’appelle pas Kulture Sport, mais se décline comme Culture Sport comme le rapporte le site partenaire de L’Equipe.fr.

Une petite erreur dans les dates fait apparaitre cette manifestation en mars 2014, mais non, assure-t-on à l’Institut Lumière de Lyon, c’est bien en janvier qu’a lieu cette manifestation créée à sa seule initiative il y a plus d’un an, sous la houlette de Thierry Frémeaux, le directeur de cet Institut, accessoirement décrit par les tenants de Kulture Sport comme « un invité attendu ».

Une manifestation qui a déjà été largement financée et parrainée par des titres de presse nationale, une banque et la Ville de Lyon.

Et dont le programme reprend peu ou prou tous les effets d’annonces de son pendant bayonnais, à savoir :

– des avants-premières de films sur le sport, dont l’un d’entre eux présenté par Eric Cantona ;
– des discussions sur les thématiques croisées du sport et du cinéma par Thierry Frémeaux ;
– des rencontres littéraires ;
– une exposition de photos de Raymond Depardon.

depardon sport

Arrivée du 5 000 mètres. Tokyo, 1964 – Photo Raymond Depardon.

A Bayonne, nous l’avions déjà écrit, il est bien difficile de dépasser ces « effets d’annonce », puisque le site dédié à la manifestation avec un grand K est toujours vide.

Sur leur page Facebook, on peut trouver la photo fournissant le souriant effet visuel de cet article, le cliché ayant été pris aux Césars derniers (aux côtés de Dany Boon), et mention suivante :

« Le Festival sur ses terres. Soirée bayonnaise à l’Atalante pour la présentation de notre Festival », sa naissance sur les bords de l’Adour ayant été annoncée comme inspirée par nos seules terres basques.

Pourquoi Bayonne ? Sans doute faut-il chercher la réponse dans les racines locales d’Alain Chasseriaud. Et dans l’installation sur la Côte basque de Vincent Maraval, qui partage son temps entre Paris et son havre basque. La configuration même de la cité, son ADN sportif associatif et professionnel, a sans doute contribué à ce choix, relatait ainsi le journal Sud Ouest dans son édition du 27 octobre 2014.

kulture-sport-1

A gauche, Vincent Maraval, créateur de Kulture Sport

Dans une interview donnée à L’Express, Thierry Frémeaux justifiait pourtant d’être le créateur un an auparavant d’un tel mariage, avec des termes très précis.

Le sport et le cinéma ont longtemps été considérés comme peu recommandables parce que trop populaires. Les associer à la littérature, et aussi à la photo, c’est leur apporter la noblesse qui leur manque.

Thierry Fremaux, general delegate of the 64th Cannes Film Festival, attends a news conference to announce the selection of competing films in ParisCette personnalité incontestable du cinéma confiait le travail ordinaire de la cinémathèque dont il a la charge.

Je voudrais aussi réunir les cinéphiles et les amateurs de sport : ces publics ne se mêlent pas, alors qu’ils ont des choses en commun. Quel est le plus beau film sur la boxe? Raging Bull, de Scorsese (également annoncé comme film pressenti à Bayonne).

La première question qui se pose aujourd’hui est de savoir pourquoi à aucun moment les organisateurs de Kulture Sport n’ont été plus explicites sur les influences patentes de leur « festival original ».

Surtout en le présentant à Bayonne le 15 janvier 2015, trois jours après la clôture d’une seconde édition à Lyon.

Certes, le programme pressenti à Bayonne pourra différer sur ses choix d’avant-premières ou sur les manifestations complémentaires qui pourraient l’enrichir, sans toutefois pouvoir ré-affirmer comme ils l’ont fait à Paris devant le journaliste du Parisien que « ce nouveau Festival mélangera pour la première fois les thématiques du sport et de la culture ».

L’idée d’accueillir cette manifestation lyonnaise sur Bayonne reste une bonne idée potentielle, dans la mesure où elle expliciterait la mention « en partenariat avec l’Institut Lumière de Lyon », pour le moins.

Car la Ville de Bayonne n’a jamais caché son enthousiasme, par la voix de son adjoint à la Culture Yves Ugalde (« Il y a une large adhésion », affirmait-il dans Sud Ouest le 12 décembre 2014).

ugalde sud ouest

Yves Ugalde. Photo Sud Ouest

Mais le budget global de 300.000 euros par biennale, avancé par les organisateurs de Kulture Sport, s’accompagne d’une subvention de 60.000 euros par édition de la Ville de Bayonne, sans comptabiliser les 95.000 euros de mises à disposition de lieux et de personnels communaux.

La facture est salée, et certainement très amère pour cette majorité municipale qui pensait pouvoir s’enorgueillir d’accueillir à Bayonne « la volonté des organisateurs de toucher la presse nationale, donc l’aspiration à un retentissement national du festival Kulture Sport », comme le rapporta encore lui Sud Ouest dans son édition du 12 décembre 2014.


Eklektika n’a pas réussi à contacter les organisateurs de Kulture Sport à l’heure de la publication de cet article.

Leurs réponses sont bien entendu espérées rapidement, tout comme les justifications de la Culture à Bayonne qui lui a ouvert aussi grand les bras. Et ses finances, mêmes modestes.

Affaire à suivre, donc.



Commentaires

5 réponses à Kulture Sport à Bayonne, avec un K comme copié-collé à Lyon

  1. Pat dit :

    Sur la photo où apparait Vincent Maraval, il est à gauche et non à droite…
    En espérant que les organisateurs (AVA Festival et la ville de Bayonne) vont s’expliquer rapidement !

  2. Murielle dit :

    Barrès, Leblanc, Jarry, Blondin, Londres pour n’en citer que quelques uns. Ils ont tous écrit sur le sport en particulier le cyclisme. Mr Frémeaux se trompe sur le sport et le cinéma considérés comme peu recommandables. D’autant que « populaire » n’est pas un défaut. Populaire et qualité sont deux mots qui peuvent très bien aller ensemble.
    C’est les festival livré « clés en main », le festival « prêt à porter » qui gêne quand les acteurs culturels d’ici se démènent pour apporter une originalité un ton à des manifestations maintenant délaissées par la ville au profit de plus grands et de plus forts. Quant à Mr Maraval, il comprendra certainement que les associations bayonnaises, les compagnies théâtrales, musicales et les autres aient envie de rester un « wild bunch »…

    • Absolument d’accord sur cette notion de « festival clé en main », observé avec gourmandise en tournant le dos aux manifestations plus ancrées dans notre sol.
      Merci pour ce commentaire, Murielle.

  3. le K de Kulture est sûrement là pour donner un côté
    BasK, à tout ceci..Comme quoi quand la ville veut, elle peut lâcher quelques aides financières..tout est question de choix

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