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Kulture Sport : après Bayonne, 10 raisons de les envoyer au Qatar

15 juin 2015 > > 7 commentaires

Le festival Kulture Sport ayant annoncé son intention de revenir à Bayonne dès l’an prochain malgré le désaveu public dont il a fait l’objet ce week-end à Bayonne, sa délocalisation vers le Qatar pourrait être une solution à envisager sérieusement.

Après une première édition à Bayonne, le week-end dernier, que ses organisateurs ont commentée comme « un accouchement difficile », les organisateurs du festival Kulture Sport pourraient voir enfin un peu de soleil dans un ciel noyé de contestations qu’ils apprécient avec amertume.

Des semaines de communication intensive n’ont en effet pas convaincu les Bayonnais d’aller se présenter en nombre vers ce « festival unique ».

Une soirée d’ouverture sans concert, une fréquentation famélique dans les salles de cinéma (220 entrées payantes pour 30 séances) ou, pour ne parler que d’elles, la Nuit Rocky annulée samedi soir, faute de participants ; 11 spectateurs payants pour la cérémonie de clôture le dimanche, et pas de spectateurs ensuite pour la première européenne de The Grand Master en 3D : il y a urgence à trouver une solution.

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Le maire de Bayonne, Jean René Etchegaray, faisant une courte intervention à la cérémonie de clôture de Kulture Sport

La faute n’en revient pas au programme, estiment ses organisateurs, mais à la double malchance d’une météo trop capricieuse, et d’un manque surprenant de curiosité des Bayonnais.

Ce lundi matin, dans un entretien assez serein accordé au journal Sud Ouest, sous le titre « Kulture Sport à Bayonne : était-ce le Bide festival ? », le Président de Kulture Sport, le producteur cinéma Vincent Maraval, balaie toute autre responsabilité.

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Sud Ouest, lundi 15 juin 2015

L’expression « cette première édition » étant en mesure de causer des sueurs froides aux Bayonnais qui en redoutent une deuxième, Eklektika a retrouvé une déclaration de Maraval (Sud Ouest du 28 mai 2015) qui pourrait contenter tout le monde.

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Sud Ouest du 28 mai 2015

Le souhait de Doha, capitale du Qatar, de récupérer Kulture Sport apporterait effectivement bien des solutions.

Encore à chaud de la couverture rédactionnelle passée tout le week-end durant, de salles de cinéma vides en visites au Village du Festival désert, voici dix bonnes raisons qui nous semblent suffisantes pour les diriger définitivement vers d’autres cieux.


1 – parce qu’il y fait toujours beau

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Le Golfe Persique a un avantage certain sur le Golfe du Lion, avec des températures rarement inférieures à 30°C.

Pas de souci de 10 minutes de pluie pour décider de l’annulation trois heures après du concert de The Shoes, comme à l’ouverture, ou le samedi, avec le concert (lui aussi annulé) de Betty the Shark (même si un repli dans la salle Lauga aurait pu être envisagé).


2 – parce qu’il n’y a pas de boue, là-bas

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Trois jours durant, le Village du festival n’a guère été l’épicentre proclamé de Kulture Sport, les associations, libraires et autres stands ayant plus compté les heures que les visiteurs.

La faute à une terre meuble, sous la pluie le samedi, et sous le soleil dimanche, ajoutant à son instabilité.

Au Qatar, quand ils ont de la boue, c’est qu’ils l’ont faite livrer, par avion. Un souci de moins pour les organisateurs, donc.


3 – parce qu’ils ont plein d’argent

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Vincent Maraval, cérémonie des Césars 2015

Avec un budget de 60.000 euros en cash, et 90.000 euros en prestations techniques apportées par la Ville de Bayonne, cette première édition s’est déroulée dans un climat délétère d’un calendrier culturel décimé, même si l’équipe municipale a nié toute corrélation possible entre Kulture Sport et la disparition des Translatines et de Black&Basque.

Maraval l’a rappelé, 80% du budget annoncé de 480.000 euros était privé, sans ce que cela n’éteigne la polémique.

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Avec le Qatar, c’est beaucoup plus simple : leur budget pourra être de 200% privé.


4 – parce que les invités viendront, là-bas

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Commentaire de « l’invité » Bixente Lizarazu, mettant les choses au clair sur sa non-présence à Kulture Sport de Bayonne

La liste des invités annoncés comme « probables » ou « confirmés » s’est réduite à peau de chagrin, durant ces 3 jours. On aura bien vu le parrain Teddy Riner, le photographe Raymond Depardon, le Délégué de Cannes Thierry Frémeaux, et  l’actrice-productrice-mais-pas-que Julie Gayet.

Mais aucune nouvelle de : George Eddy, Clément Poitrenaud, Vincent Labrune, Jean Dujardin, Gaspar Noé, Emir Kusturica, Ken Loach, Eric Cantona, Denis Charvet, Bixente Lizarazu, Lilian Thuram, Jean-Pierre Rives, Vincent Moscato, Valeria Bruni-Tedeschi…

L’absence de LGV entre Paris et Bayonne pourrait avoir été une vraie difficulté : les Qataris devraient mieux s’en sortir en envoyant des jets privés à chacun.


5 – parce que le Qatar aime le sport (surtout le foot)

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Une passion dévorante, on le sait, qui a déconcerté le monde entier : évident qu’un concept comme Kulture Sport pourrait intéresser Doha, qui organisera la Coupe du Monde de foot en 2022.

En plus, au moins l’année prochaine, Sepp Blatter, le Président de la FIFA rattrapé par la corruption, pourrait être disponible pour animer une rencontre (les années suivantes, le FBI pourrait l’en empêcher).


6 – parce que, là-bas, quand on te dit d’y aller, tu y vas

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Peines capitales au Qatar, source Amnesty International

Une méthode certes barbare, mais l’existence de la peine de mort au Qatar est assez efficace pour remplir les salles. Qu’il pleuve ou qu’il fasse beau, et que le film projeté soit vu et revu à la télé.

On n’a plus ça, à Bayonne, il faut bien l’admettre.


7 – parce que les médias sont toujours positifs

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« Situation très grave de la presse au Qatar », rapport Reporters sans Frontières

Cela fait partie de la culture populaire du Qatar, cette presse enthousiaste qui le reste aussi longtemps qu’elle n’enquête pas sur les violations des droits de l’homme, en particulier dans la construction des stades de foot du Mondial 2022.

De quoi être confortablement à l’abri de ces « contestataires », comme votre dévoué portail Eklektika, dans un pays où n’existe pas longtemps un tel « blog de merde, qui ne vaut rien », comme nous a qualifié Vincent Maraval après la « spectaculaire » ouverture du festival.


8 – parce que Zlatan serait un merveilleux parrain

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Zlatan Ibrahimovic, le footballeur fétiche du PSG, aux capitaux qataris, relève d’un premier choix, que ne lui convoitera pas l’Académie Française.

De quoi consoler les enfants des dojos Bayonnais, qui pensaient que le parrain 2015, Teddy Riner, prendrait la peine de venir les voir (mais on ne peut pas être à la fois dans les réceptions et dans les associations locales, c’est ballot).


9 –  parce que Twitter, ça se contrôle facilement

kulture-sport-fiasco-3C’est un petit peu l’avantage du Qatar sur nos sociétés décadentes, ce contrôle des réseaux sociaux : tout le week-end, de nombreux internautes ont alimenté un concert de récriminations, annulations après annulations, un cas de figure heureusement impossible du côté de Doha.


10 – et parce que, à Bayonne, ça va poser problème

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La réaction de Maraval, accusant les salles art et essai de ne pas avoir « joué le jeu » a fait l’objet d’un retour d’ascenseur de l’Atalante, ce lundi, qui, par communiqué de presse, a estimé son attitude « peu fair-play ».

Il ne nous semble pas que l’absence de communication soit le souci majeur de ce festival. De notre côté, nous avons fait du mieux possible, sachant qu’une semaine avant le festival, les organisateurs modifiaient encore la programmation. Il nous était impossible de préciser le nom des invités sur les différents films.

On imagine mal une seconde édition du Festival sans l’appui de salles de cinéma, tout comme il sera difficile de réunir une nouvelle fois nombre d’associations bayonnaises qui se sont senties lésées par le manque de considération des organisateurs.


En conclusion

kulture-sport-fiasco-18Sans doute existera-t-il, ici ou là, des voix les implorant de continuer « les promesses d’un festival naissant », comme l’adjoint à la culture Yves Ugalde : crier seul dans le désert est une pratique plus caractéristique du Qatar que du Pays Basque.

Dévastée par son exigence de « culture populaire », le chantier de la redéfinition politique du mot « culture » doit permettre de la considérer comme un tout en soi, sans l’obligation de lui accoler un concept douteux.

Ou de considérer que l’argent mis en branle suffirait à l’évaluer.

Débat ouvert, à suivre sur Eklektika.


 


Commentaires

7 réponses à Kulture Sport : après Bayonne, 10 raisons de les envoyer au Qatar

  1. Kayrouz dit :

    merci pour cet article qui fait rire jaune, tant il décrit un festival qui n’a pas eu la possibilité d’accoucher même au forceps.
    Je retiens une seule chose : l’argent, notre argent, est mal dépensé, j’ose ajouter sans un contrôle citoyen efficace.
    Si j’ai un conseil à donner serait d’aller voir du côté des manifestations qui marchent avec un budget tendant vers zéro.

  2. jc enrique dit :

    Les gens bons…de Bayonne
    combien d’argent public pour un ovni à 200 entrées payantes…
    Maraval il a trouvé l’eldorado, comme d’autres avant lui, les peoples qui viennent jouer avec nos sous et la culture locale.. il sont dans leur logique et pourquoi pas sincères, suffisait de trouver des gens bons…. Non, le dramatique, c’est les décideurs, mairie, région, département, et autres qui devant des projets mal ficelés, sans visibilités, attribuent de l’argent public. Devant un projet aussi flou, aucunes affiches ou programmes prêts à 1 mois de l’événement, une programmation famélique, sans fond, basée sur du people, et quelques vieux films, peut on attendre du public pour venir voir les 3.rockys, qui sont passés 20 fois à la télé ? on se demande ce qui peut justifier un budget annoncé de 480.000 euros, dont 20% d’argent public, soit au minimum 96.000 euros, ça fait un rapport argent public/spectateur énorme et même s’il y avait eu 5000 personnes…Est-il sérieux de voter des subventions publiques à une large majorité devant un tel projet ?? quand je pense qu’on a flingué le Festival Baiona pour 7.000 euros, et tant d’autres…Alors je propose que les fonds publics ne soient pas versés, et servent à alimenter de vrais projets, tissant du lien social et culturel sur notre territoire. Loin des chimères foutraques, de quelques aventuriers cathodiques.
    Merci à Eklektika de continuer à nous eklairer sur de tels sujets…

  3. Ouafa dit :

    C’est incroyable… Que vous vous moquiez comme ca… J’y étais… Et c’était très bien.. J’ai vu des films plein d’émotion… La place du sport dans nos vies, l’espoir que cela donne à des milliers de gens… Qui s’en sortent grâce au sport!!! C’est une première édition… Et il n’y a que ceux qui ne font rien qui sont critiqués!! À Toulouse on adorerait avoir un festival comme ca. La preuve vous le dites vous- même il y en a un à Lyon! Merci pour l’info… La prochaine fois j’irai à Lyon…

    • en espérant que vous ne soyez pas obligé d’aller au Qatar, en effet, oui.
      En attendant, si vous continuez à regarder ce portail d’infos, vous verrez que à Bayonne, nous ne sommes pas « bons que pour les férias ».

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