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Kulture Sport : un Waterloo culturel, un naufrage politique

13 juin 2015 > > 9 commentaires

L’ouverture du 1er festival Kulture Sport à Bayonne hier vendredi a surtout brillé par une série de désillusions et de confrontations ratées aux grands discours initiaux, qui compromettent déjà son existence.

Ce vendredi 12 juin, l’ouverture du festival Kulture Sport à Bayonne a été très loin du spectaculaire annoncé, l’ouverture de l’exposition Raymond Depardon et les JO à l’espace DIDAM étant la seule véritable exception d’une première journée qui est allée crescendo dans le mur, depuis des couacs en série jusqu’à un final catastrophique et atterrant, dans les Arènes de la ville.

Et la très faible réponse du public (dans les salles de L’Atalante dans la journée, et le soir, dans les Arènes de la ville) n’est pas le seul élément à considérer pour comprendre que la manifestation a déjà hypothéqué son avenir, dès sa 1ere édition.

Car l’épreuve de vérité dans la construction de ce nouveau rendez-vous a apporté un effet de miroir cruel pour Bayonne, qui n’a a pas été honorée par l’événement.

Regroupés autour de son Président, le producteur de cinéma Vincent Maraval, les organisateurs de AVA Organisation n’ont guère fait mentir le scepticisme ressenti devant les prétentions affichées d’un « Festival populaire pour Bayonne, à l’image de ce qu’est Cannes pour le cinéma ou Avignon pour le théâtre ».

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Le Maire de Bayonne, Jean René Etchegaray, en présence des invités de Kulture Sport (à gauche, Teddy Riner, à droite, Raymond Depardon)

Une programmation Wikipédiesque du volet cinéma indigne du travail mené depuis des années par la salle art et essai de L’Atalante ; des expositions disséminées dans la ville sans rupture avec ce que cette ville peut faire par elle-même (et a déjà fait) ; une réflexion anorexique sur le potentiel de la littérature, du théâtre dans ce rapprochement de thématiques :

rien dans cette première journée n’a permis de rendre concret ce que Kulture Sport peut apporter à Bayonne.

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Didam, lieu d’exposition de Raymond Depardon, jusqu’au dimanche 14 juin

Ce qui aura marqué cette première journée risque de se résumer à un défilé de « stars » selfies-compatibles, de Teddy Riner à Julie Gaillet (repartis dès le lendemain pour la plupart),  les associations bayonnaises participantes ne bénéficiant jamais d’une telle mise en lumière.

Vendredi à 18h, une séance du documentaire d’Eric Cantona, Foot et immigration, a donné le la à une manifestation qui ne s’est pas embarrassé de respecter ceux à qui elle s’adresse.

Pas d’intervenants (malgré la présence en ville de Joël, le frère de), pas d’organisateurs présents, et la lumière qui tombe dans la salle sans autres forme d’accueil, devant 2 spectatrices qui se regardent, consternées.

Et un vrai sentiment d’être pris pour des culs-terreux, à fasciner par des effets télévisuels de shows de début de soirée, marquera les esprits, en particulier ceux d’environ 300 spectateurs venus pour « la grande soirée d’ouverture du Festival », délestés de 15 euros dans des arènes de 6.000 places, de part et d’autre de la centaine d’invités.

L’intervention charismatique de Thierry Frémeaux, Directeur de l’Institut Lumière de Lyon, devant des premiers films courts des réalisateurs du même nom, aura seule surnagé dans un programme qui, aux « surprises » annoncées, s’est contenté d’aligner des bandes annonces de films et des extraits de séquences sportives, sur fond de musiques tonitruantes.

Une gabegie culturelle qui n’aura pas versé dans la plus grande considération du public, une fois encore.

Après que les organisateurs soient enfin arrivés avec leurs invités une heure après l’heure de début annoncée, en raison d’un entre-soi au champagne s’éternisant au vernissage du DIDAM, les 10 minutes de pluie de fin de soirée auront été leur argument avancé pour expliquer, vers 23h et pas avant, la déprogrammation du concert du groupe The Shoes, remplacé sans plus d’explications par un trio de jongleurs de feu (le cirque Oreka, voir commentaire complémentaire ci-dessous).

kulture-sport-bayonne-8Une brutale sortie de route, déjà anticipée par le départ discret en cours de soirée du maire de Bayonne, Jean-René Etchegaray, décrite micro à la main par son adjoint aux affaires culturelles, Yves Ugalde comme reliée à « un coup de fil important » concernant le dossier de la fusion rugby en cours (sic), probablement le seul vrai moment de cinéma de la soirée,

Et c’est dans des Arènes quasi-vidées de spectateurs consternés qu’explosa tout à coup dans le ciel le feu d’artifice tiré depuis ses renforts.

kulture-sport-bayonne-10 Cinq minutes de pyrotechnies, pour une image qui a fait sens, ce vendredi soir, devant une petite quarantaine de spectateurs encore présents : un spectacle grandiose pour ceux qui l’ont vu de l’extérieur, et une aberration prétentieuse pour ceux qui l’ont vécu de l’intérieur.

A avoir relayé sans souffler « l’ambition culturelle et populaire de ce Festival unique », la municipalité de Bayonne aura besoin d’autres éléments de langage que « des conditions climatiques peu favorables aux arènes », tenus dès le lendemain par son adjoint à la culture, pour expliquer ce rendez-vous manqué.

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Protestation de citoyens à l’ouverture de Kulture Sport, photo sur Facebook Sos Translatines

Devant les Arènes, des spectateurs l’ont rappelé, en silences noir et blanc : privé de ses principaux festivals des Translatines et du Black&Basque, dans l’incompréhension de ses acteurs culturels, la redéfinition du calendrier de la ville a une signification politique qui doit être clarifiée, puis assumée.

Car toutes les affirmations à venir doivent désormais trouver leurs distances avec ce Waterloo culturel, qui ne trouvera pas dans le reste du programme de quoi faire estomper la pitoyable sensation dégagée par cette première journée.

Comme dans cette fable de La Bruyère où l’on peut entendre que « vouloir imposer aux yeux, et vouloir paraître contre la vérité ; c’est une espèce de menterie ».

Ce samedi soir, Kulture Sport projette la finale de Top 14 avec un argument putassier et inutile : « aux supporters de l’Aviron Bayonnais qui manifestent contre la fusion à Lauga vous êtes invités à nous rejoindre dans la salle à 20h30 pour la finale du Top 14 et la soirée Rocky ! »; comme lu sur leur page Facebook.

Et dimanche, la clôture s’appuiera sur la rediffusion au Théâtre de Bayonne du documentaire télé, « Les yeux dans les Bleus », sur le match France Brésil de 1998.

Viendra ensuite le temps de prendre le temps du débat autour de la devise de Bayonne, Nunquam Polluta, « jamais souillée », à l’aune des grands discours portés, de l’aveuglement qui les a accompagnés, et, dès lors, des moyens et énergies qui ont été offerts.


 


Commentaires

9 réponses à Kulture Sport : un Waterloo culturel, un naufrage politique

  1. J’ai aussi entendu parler d’un match de boxe de fin de soirée, qui n’était pas programmé… Vrai ?

  2. renaud Renaud dit :

    Merci Ramuntxo pour cet article lumineux et fruit d’un vrai travail journalistique !

    En l’occurrence que dire de plus sur ce vrai naufrage fort prévisible de la part de gens pour le moins autistes et seulement accueillant à la parole venue d’ailleurs , les bayonnais sauront peut-être enfin en tirer quelques conclusions à propos de la capacité de ces élus à « conduire » l’élaboration d’une politique culturelle digne de nos héritages .

    La messe est dite !

  3. Excuse-moi Ramuntxo mais le trio de jongleurs de feu n’a pas remplacé The Shoes !!!! Ce trio, ce sont des élèves de oreka, l’école de cirque de Bayonne…qui ont participé BENEVOLEMENT !!! Si ils sont passé après la photo de groupe des vedettes c’est parce que les organisateurs les ont oubliés !!!!! Ecoeurant !!!! le présentateur ne se souvenait même pas du nom de notre association alors qu’il n’y avait que 3 associations présentes !! Les jongleurs sont venus la veille pour répéter à 19h, cela a commencé à 20h….et finit à 23h30…. + vendredi rebelote ! Pour être traités par le mépris !! Donc, nous nous sentons + victimes que remplaçants ! Nous avions en même temps notre festi-cirque qui a réunit près de 1000 personnes sous le chapiteau installé à bayonne Nord pour nos spectacles de fin d’année, et ce, malgrè la pluie ! Si nous avons et allons cette après midi participer à Kulturesport, c’est que pour nous le cirque est à la croisée du sport et de la culture ! La preuve vous en sera encore donnée les 19 et 20 juin avec la Cie Cirque TROC qui jouera son spectacle « conte de l’ordinaire »
    Merci à ceux qui font vivre la culture….

    • Merci, Doriane, pour ta précision, et ce complément d’informations, dans une soirée où la grande confusion a régné (et, à l’évidence, le manque de respect, recueilli à peu près dans les mêmes termes de la part de la tamborrada présente sur les lieux en ouverture).
      et n’hésite pas à donner les dates et résumés du spectacle du 19 juin prochain sur notre zone Agenda
      http://www.eklektika.fr/proposer-une-date-dans-lagenda/

      Merci effectivement à ceux qui font vivre la culture…

  4. Anne d'Avezac dit :

    TOUT EST VRAI !!! J’Y ÉTAIS (c’est moi sur la photo avec Laurence ),j’ai vu bcp de choses et je peux témoigner [ je suis adhérente /et -ou cine PHILE depuis un certain temps…].
    Je suis active sur les « réseaux » sociaux, j’ai déjà twitte ce ce « petit  » bilan … Catastrophique,… :-(. C’est DOMMAGE,L’IDEE était bonne !!! Et j’ai vu de BELLES CHOSES !
    Anne d’Avezac

  5. Boughdadi dit :

    De Toulouse, nous sommes venus assister à ce festival, nous avons adoré la programmation, les films et les débats avec les réalisateurs… C’est une première édition, ce n’est jamais facile!!! Si vous ne le voulez plus ce festival qui était fabuleux… Nous on le prend à Toulouse, là au moins il aura sa place et il saura trouver son public… A Bayonne vous n’êtes bons que pour les férias… La culture ce n’est pas pour vous!!!

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