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‘La Belle et la Bête’ de Thierry Malandain : en bonne route vers son chef d’oeuvre

8 décembre 2015 > > Soyez le premier à réagir !

Pour sa première sortie de création du ballet de La Belle et la Bête samedi dernier à Biarritz, son chorégraphe Thierry Malandain a pu mesurer le chemin encore à parcourir, que ses spectateurs ravis ont désigné comme l’une de ses oeuvres majeures.

La salle archi-pleine samedi dernier à la Gare du Midi de Biarritz pour la sortie de création publique du nouveau ballet de Thierry Malandain, La Belle et la Bête, n’est pas une surprise en soi.

Mais elle n’est pas non plus la finalité recherchée par le chorégraphe qui, comme à son habitude, a pris de la hauteur pour regarder « dans son jardin » l’état de travail de l’adaptation du conte.

belle-bete-malandain-32Cette pièce portée par les notes de la Symphonie Pathétique de Tchaïkovski, jouée devant les danseurs par l’Orchestre Symphonique d’Euskadi, doit encore être travaillée pour Versailles le week-end prochain, avant la vraie première à Lyon, pour la Biennale de la danse en septembre 2016.

Le plus tendu d’entre tous les spectateurs a probablement été le seul à voir tout ce qu’il reste encore à améliorer, avant que les travées ne se lèvent pour une longue ovation, une heure et demie après.

Ce nombre officiel de 97 chorégraphies signées de son nom ne lui a apporté aucune des assurances habituelles, cela crève les yeux, ce projet s’inscrivant dans une inspiration bien plus complexe et tendue que beaucoup de ses succès antérieurs.

belle-bete-malandain-12Les mouvements d’ensemble portent sa patte, mais à la différence de Magifique (2009) et Cendrillon (2013), les tableaux dégagés ici ne sont pas simplement chargés de reproduire la magnificence qui a fait sa renommée.

C’est bien dans la continuité de son précédent Nocturnes (2014) que le chorégraphe continue d’affronter la mort, dans sa volonté de la définir comme l’impossibilité de vivre la danse telle que définie dans son âme.

L’amour ultime entre la Belle et la Bête porte cela, avec l’obligation de se dégager de l’emprise du père aussi aimant qu’avide et sans guère de pitié pour sa fille, le combat intérieur de la Bête pour crier sous son masque de déceler le prince en lui, et cet absolu final, qui porte l’espoir de s’étourdir de noces éternelles entre la beauté et la danse.

belle-bete-malandain-15Sans doute est-ce la première fois que Malandain met autant de ses doutes et de ses convictions dans une chorégraphie qu’il faudra voir et revoir plusieurs fois, comme un tableau de maître qui s’avance masqué et foisonnant.

Pour cela, il a multiplié les prises de risques, jusque dans l’utilisation à couper le souffle de rideaux séparateurs, un procédé introduisant des notions de flash-backs et de montages cut que le cinéma n’a guère l’occasion de voir empruntées par l’art de la danse.

belle-bete-malandain-2Depuis son poste d’observation au coeur de la salle, Thierry Malandain a sans doute mesuré la difficulté pour ses danseurs de « prendre le plateau », extrêmement grand à Biarritz, et qui sera resserré ailleurs.

La mise en lumière est probablement aussi un chantier encore ouvert, le parti-pris de nombreux pas de deux ne pouvant se contenter d’illuminer toute la scène, sans questionner les choix de chaleurs tentés ici.

Mais le chorégraphe ne pourra pas plus occulter ce torrent d’applaudissements réservé à un créateur qui a fait du bien, ce samedi soir.

La route vers la perfection recherchée est encore longue : aucun de ces premiers spectateurs n’a douté qu’elle mènerait vers le chef d’oeuvre d’un maître de la danse.

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A lire dans le site Eklektika dédié à La Belle et la Bête

belle-bete-malandain-1Et suivre droit son cœur
(5 déc. 2015, sortie de création, Biarritz)

Que les choses soient bien claires : le manque d’amour ne tue pas, on en crève, c’est tout.
A petit feu, à tout petit bouillon muet, le sourire aux lèvres s’il le faut. Faire bonne figure est une stratégie de socialisation ordinaire pour un paquet d’affamés. Mais même accoutumée à une certaine dose de trop peu, de rien ou de pas grand-chose, au cœur de l’exaspérante cacophonie de la solitude, force est de constater, sismographe braqué sur l’âme, la persistance du chuchotement et des lueurs. >>>> (lire la suite)

Sevàn L’Hostis, 6 décembre 2015



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