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La corrida retirée du Patrimoine culturel immatériel français, un séisme financier pour ses tenants

8 juin 2015 > > 3 commentaires

La semaine passée, un verdict a établi que la tauromachie était « radiée » du patrimoine culturel immatériel de la France, une décision en forme de séisme économique pour les organisateurs de corridas.

En avril 2011, l’inscription de la tauromachie dans le Patrimoine culturel immatériel français avait largement ébranlé le pays qui, dans sa grande majorité, avait traduit cela par le pouvoir de lobby de l’Observatoire national des cultures taurines, créé en 2008 à Arles, et relayée jusqu’aux arènes de Bayonne, qui y participe.

Saisie par deux associations anti-corridas, la décision d’inscrire la corrida à l’inventaire du patrimoine immatériel de la France « doit être regardée comme ayant été abrogée », a estimé le 6 juin 2015 la cour administrative d’appel de Paris.

corrida-culture-2Le constat est le suivant : bien que proclamée par le Ministère de la Culture, cette décision ne s’est jamais matérialisée autrement que par la mise en ligne, sur le site internet du ministère, d’une « fiche technique » dédiée à la corrida, qui n’y figure plus aujourd’hui.

Un manquement qui a motivé la sentence comme « valant abrogation de la décision d’inscription de la corrida à l’inventaire du patrimoine immatériel de la France ».

La victoire du « Comité radicalement anti-corrida Europe » (CRAC) et de « Droit des animaux » ouvre une nouvelle passe d’armes entre anti et pro-corridas, pour une polémique qui n’est pas tant celle d’une fin de non-recevoir à toute contestation, mais surtout à celle de la tentative d’une aubaine fiscale qui se fait bien plus hypothétique.

corrida-culture-1En effet (quelques malins s’y sont déjà tentés du côté de Nîmes), l’idée a toujours résidé dans la possibilité d’appliquer aux recettes guichets non pas la TVA normale de 20% mais celle de 5,5%, liée aux propositions culturelles.

Une différence de 14,5% directement dans la poche des organisateurs, qui pensaient pouvoir ainsi faire face aux difficultés économiques de ce genre de spectacles.

Depuis 2011, ceux qui avaient « anticipé » cette mesure ont été estourbis par le fisc, pour des sommes de plusieurs centaines de milliers d’euros.

Toujours aussi impopulaire, la corrida ne dispose plus pour l’heure de cet argument.

Dans un livre de mémoires, La récréation, le Ministre de la Culture de l’époque, Frédéric Mitterrand, décrivait sa « stupéfaction » de voir comment même lui avait été mis au devoir par François Fillon de ne pas s’opposer à cette inscription immatérielle, « une faute » qui a désormais un coup dans le flanc.

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Commentaires

3 réponses à La corrida retirée du Patrimoine culturel immatériel français, un séisme financier pour ses tenants

  1. Mariobac dit :

    Ce qui m’intéresse, est-ce-que les bandits qui ont escroqué le fisc, donc nous, ont remboursé ce qu’ils doivent?

  2. Eric BENECH dit :

    C’est tout simplement génial !

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