Après 3 ans, plus de 1 000 articles écrits
par une trentaine d'auteurs, 1 700 dates d'agenda,
340 fils musique, 330 brèves de culture,
420 newsletters envoyées à 4500 abonnés
pour un total de 900.000 pages vues,

Eklektika s'arrête.

Merci à ceux qui nous ont fait confiance.

Si le projet vous intéresse : continuer@eklektika.fr

Retour en haut de la page
Twitter Facebook Contact Recherche

La directrice Stéphanie Jaunay licenciée, le Cinéma Royal de Biarritz plonge dans l’incertitude

16 décembre 2016 > > Un commentaire

Depuis son entretien préalable pour licenciement le 28 novembre dernier, de nombreux soutiens lui étaient parvenus pour interpeler son employeur associatif Version Originale et la Ville de Biarritz : aujourd’hui, Stéphanie Jaunay est officiellement licenciée de son poste de directrice, sans que cette mesure disciplinaire n’évacue la question du projet très incertain pour le Cinéma Royal.

La date du 16 décembre n’aura pas le goût habituel de cette journée où les proches de Stéphanie Jaunay lui souhaitent un bon anniversaire : mise à pied à titre conservatoire depuis le 17 novembre dernier, la directrice et programmatrice du Cinéma Royal de Biarritz est officiellement licenciée pour faute grave, comme le stipule la lettre recommandée reçue, l’informant de la fin de sa collaboration avec l’association Version Originale.

Depuis l’officialisation de cette menace la visant, après 10 mois d’exploitation des trois salles art et et essai de la ville, un mouvement de soutien a bien tenté de demander des explications franches à son employeur, une pétition réunissant plus de 500 signatures et de nombreux commentaires alarmés n’ayant finalement pas eu le succès espéré.

cinema-royal-biarritz-sthephanie-jaunay-conflit-2Après avoir incarné peu à peu le nouveau visage du cinéma de cette ville, ce qui lui a sans doute valu les ennuis actuels, Stéphanie Jaunay avait également reçu de nombreux soutiens de la part de distributeurs de films, et des représentations professionnelles du secteur.

Aujourd’hui, avec sa petite famille, elle est donc renvoyée vers une autre destination de vie, qui devrait emprunter ce secteur d’exploitation dans lequel son image n’a pas été ternie par ce « conflit social interne » à Biarritz, décliné sur six pages qu’elle confie avoir reçu avec « un grand sentiment de déception humaine », puis un soulagement, celui de « finir avec l’incertitude imposée depuis un mois ».

Dans les faits qui lui sont finalement reprochés, l’essentiel tourne autour  d’un « manque d’écoute et de communication » entre la directrice et la communication, ce qui lui vaut une réaction agacée, « c’est une blague ! »..

« Les griefs retenus dans cette lettre sont les mêmes que ceux entendus pendant l’entretien préalable, une façon de m’expliquer que tous mes contre-arguments n’ont même pas été pris en compte », elle complète, « là, sa propre conception de la communication avec une salariée me fait penser à l’équivalent d’un Casse-toi pauvre conne !« .

Le cas de l’exploitation actuelle du film Rogue One de la franchise Star Wars fournit l’un des aspects les plus signifiants des griefs prononcés contre elle.

star-wars-rogue-one-cinema-12Alors que le volet de 2015 avait été programmé au Royal trois mois avant son arrivée, consigne lui avait été donné de prolonger cette saga en VO au Royal, malgré les avertissements de la directrice sur la différence flagrante de potentiel des films d’une année sur l’autre, et le déséquilibre qu’il introduirait dans la programmation classique de ce mois de décembre.

« Ordre m’a été donné de le programmer, même aux conditions d’exposition à quatre séances par jour exigées par le studios Disney, et pourtant, ma lettre de licenciement rapporte le fait que cela serait de mon fait, et que j’aurais atteint aux objectifs art et essai du cinéma », elle répète « c’est une blague, il n’y pas le début d’un fait là-dedans », puis conclut « en fait, je le répète, au delà de ma seule personne, toute la question est de savoir quel projet est mis en place aujourd’hui pour le Royal ».

Il lui appartiendra désormais de choisir de contester ces faits devant des instances de justice sociale, mais, à compter d’aujourd’hui, cette place forte de l’art et essai devra assumer son choix de plonger dans l’incertitude.

stephanie-jaunay-biarritz-uEn effet, la décision de l’éviction de la directrice n’a pas été précédée d’un choix de recrutement d’un(e) remplaçant(e), laissant cette structure sans programmateur(trice) professionnel(le) à son bord.

Dans les faits, le choix de confectionner « en interne » le programme de décembre a déjà été sanctionné par les distributeurs qui, fait exceptionnel dans le métier, ont retiré deux films de l’affiche du Royal, pour cause de rupture d’engagement sur les conditions d’expositions de Souvenir de Bavo Defurne, avec Isabelle Huppert (au 21 décembre 2016) et du dessin animé Ballerina (depuis le 14 décembre).

Le nom du Royal Biarritz est désormais associé à un doute sur sa capacité à établir une réelle relation de confiance professionnelle, et le successeur de Stéphanie Jaunay aura donc à retisser ces liens, en premier chef.

royal-biarritz-stephanie-jaunay-licenciement-association-version-originaleLa structure fermée de l’association, qui lui a permis de prendre cette décision au sein d’un conseil d’administration d’une douzaine de personnes, sourd aux demandes de ses vrais-faux adhérents des « Amis du Royal », ne pourra rester en l’état, sa gestion par délégation de service public l’obligeant à ouvrir un lien plus sincère avec ses spectateurs, et avec la collectivité donneuse d’ordres de Biarritz.

Une autre paire de manches qui ne concernera plus Stéphanie Jaunay, « l’avenir de ce cinéma est pourtant la question principale qui doit être réglée aujourd’hui ».

Dans quelques jours, elle s’en ira de ce Pays basque en le laissant finalement dans des interrogations plus fortes que celles qu’elle a trouvées en arrivant il y a dix mois, et sans doute incapable pour l’heure de mesurer exactement le souvenir chaleureux et convaincant qu’elle représente ici.

cinema-royal-biarritz-conflit-stephanie-jaunay-1


Ndlr : contrairement à ses engagements pris auprès de la presse locale, l’association Version originale n’a pas communiqué pour l’heure sur les raisons qui l’ont motivé dans cette sanction.


 


Commentaires

Une réponse à La directrice Stéphanie Jaunay licenciée, le Cinéma Royal de Biarritz plonge dans l’incertitude

  1. Maune Alain dit :

    Victoire de la médiocrité sur la compétence. Caprice de « mini république bananière » pour assoir une autorité contestable et contestée.
    Honte à une municipalité complice par lâcheté.
    Déshonorant !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. Apprenez comment vos données de commentaires sont traitées.