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‘La vraie vie de Gennaro Costagliola’ : comme un beau singe en hiver (de Molière)

1 février 2016 > > 3 commentaires

Avec ‘La Vraie vie de Gennaro Costagliola’, la fausse-vraie biographie du Scapin de Molière mise en scène par Les Lézards qui Bougent est un vrai plaisir de théâtre, porté par un comédien impressionnant, Jacques Nouard.

Le metteur en scène Kristian Frédric, metteur en scène et fondateur de la compagnie bayonnaise Les Lézards qui bougent, avait plutôt habitué son public attentif à des représentations plus sophistiquées que cette Vraie vie de Gennaro Costagliola, donnée à Bayonne pour une douzaine de représentations depuis le 22 janvier jusqu’au samedi 6 février.

gennaro-costagliola-2Le spectacle est très éloigné de son précédent Andromaque 10-43 en 2013 (avec Denis Lavant dans le rôle de Pyrrhus pour 54 représentations en France, Suisse et au Québec) ou encore, l’an passé, l’Opéra Quai Ouest de Régis Campo d’après l’œuvre de Bernard-Marie Koltès (pour l’Opéra national du Rhin de Strasbourg et le Staastheater de Nürnberg).

Ici, la facture extrêmement simplifiée et réduite à un seul comédien fait une belle et inattendue parenthèse de pur théâtre, l’heure et demie de spectacle proposant une plongée fictive dans la vraie vie de celui immortalisé par Molière dans ses Fourberies de Scapin.

gennaro-costagliola-7Du personnage malin mais intéressé qui fait autant sa légende autant sa malédiction, le texte de François Douan, comédien et compagnon de route des Lézards, plonge dans l’existence assez miséreuse de ce Napolitain, occupé autant à démêler les nœuds dans ses filets de pêche que le vrai et le faux dans sa propre vie.

« Il faut en finir avec ce Scapin ! » devient le voeu le plus sincère de Gennaro, certes malin comme peu le sont, mais qui aurait payé cher le fait d’avoir été dépassé par sa légende de dénoueur d’intrigues, essentiellement amoureuses.

gennaro-costagliola-5S’adressant à un visiteur qui serait venu lui demander de l’aide, le vieux Gennaro prendra le temps de d’auto-démystifier, avant d’ouvrir son coeur à ce personnage invisible du public.

Seul sur scène pour l’invoquer et mettre en image les récits enfouis de son histoire personnelle, il faut une sacrée puissance au comédien Jacques Nouard pour happer l’attention et la force du récit qui couvre tout autant une tragédie intime que celle d’une Europe où la galère, au sens propre et au sens figuré, attend ceux qui « font les malins ».

gennaro-costagliola-4Il y a du Jean Gabin dans la prestation râblée de Jacques Nouard, sur son ponton, façon « Un singe en hiver » d’Henri Verneuil, à évoquer une vie rêvée, puis fracassée, les regrets autant que les remords, dans le manque de ceux-là, qui viendraient vous prendre par l’épaule, et vous dire « ce qui est bien avec toi, c’est que tout finit par s’arranger ».

On assiste à la plongée dans la vie d’un autre, sans vouloir se détacher du récit, sans pouvoir éviter les collisions avec sa propre histoire.

L’autre très bonne idée de cette Vraie de Vie de Gennaro Costagliola est aussi de se produire dans une configuration intime, dans une jauge réduite, comme la semaine passée à la salle Albizia de Bayonne nord, ou, cette semaine encore, à la MVC Polo Beyris.

Jacques Nouard se fait griot et vieil oncle, qui nous raconterait sans nous lasser les ravages des raccourcis de vie, des images et des étiquettes placardées sur votre front, qui encombrent et empoisonnent votre existence.

Le spectacle est vif et chaleureux, et l’humilité de Gennaro procure également le plaisir de renouer avec une essence authentique du théâtre.

Un homme, un décor, un beau texte : Jacques Nouard peut quitter son personnage de Gennaro, et, sous les applaudissements du public, savourer intérieurement ce retour à sa propre histoire personnelle de comédien, à l’évidence trop longtemps délaissée pour des projets musicaux.


 


Commentaires

3 réponses à ‘La vraie vie de Gennaro Costagliola’ : comme un beau singe en hiver (de Molière)

  1. Armelle DOROY dit :

    Stupéfiant, ce personnage de Gennaro !! Mais jouerez vous seulement à Bayonne ? J’avais cru comprendre que vous allez jouer dans d’autres villes… ce qui m’intéresserait.

  2. Poumailloux Christine dit :

    J’ai toujours su que tu avais de grandes choses à donner dans le théâtre. Si tu joue en Auvergne surtout fais moi signe. Je suis fier de toi. Bise

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