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‘Laurent Binet et Héléna Marienské : des sourires et des hommes’

25 septembre 2015 > > Soyez le premier à réagir !

Après deux déceptions littéraires, il est temps enfin de passer à des romans qui sont maintenant des incontournables. Attendre qu’ils soient édités en version poche serait une erreur grossière.

laurent-binetUn titre qui effraie tout de même un peu. On veut lire une histoire et pas un cours de sémiologie – même si la discipline est passionnante. Mais Roland Barthes est dans l’actualité.

On ouvre alors La septième fonction du langage de Laurent Binet avec prudence et, dès le premier chapitre, on ne regrette pas :

«La politique, ouais, ouais, on verra ça. On ne peut pas dire qu’il soit très maoïste depuis son voyage en Chine. En même temps, ce n’est pas ce qu’on attend de lui.
Chateaubriand, La Rochefoucauld, Brecht, Racine, Robbe-Grillet, Michelet, Maman. L’amour d’un garçon.
Je me demande s’il y avait déjà des « Vieux Campeur » partout dans le quartier.
Dans un quart d’heure, il sera mort.»

La-septième-fonction-du-langageOn comprend alors que ce roman est un « trois en un » et qu’on a gagné le gros lot.

C’est un polar-thriller, c’est une comédie, c’est un roman historique. Mais c’est surtout et avant tout un roman intelligent et instruit.

Il est le livre compagnon du lecteur qui aime autant apprendre que s’amuser.

«Bianca lui explique que l’expression « Voir Naples et mourir » (vedi Napoli e poi muori ; en latin, videre Neapolim et Mori) est en fait un jeu de mots : Mori est une petite ville des environs de Naples.»

On entre dans les théories du complot, dans les affaires politiques, dans les backrooms des saunas, dans les cercles intellectuels sans jamais se départir d’humour.

«Le lecteur s’étonnera peut-être de la présence de BHL mais, déjà à l’époque, il est dans tous les bons coups. Barthes l’a soutenu en tant que « nouveau philosophe » dans des termes un peu opaques mais néanmoins relativement officiels et il s’est d’ailleurs fait incendier par Deleuze pour ça.»

Il est émaillé de phrases à glousser, de bons mots et de clins d’œil au lecteur-sérievore qui aime autant le commissaire Maigret que Jack Bauer – aka commissaire Jacques Bayard – et Sherlock Holmes – aka Simon Herzog.

«Entre la Rive gauche et la Rive droite… Entre Paris et Pékin… Entre Venise et Rome… Entre Mussolini et Hitler… Entre l’andouille et la purée…»

Entre le chef-d’œuvre et le chef d’œuvre


helena-mirienskeCe qui en redemandent, ce sont aussi les personnages d’Héléna Marienské dans Les ennemis de la vie ordinaire.

L’histoire : Sept personnages souffrant d’addictions –alcoolisme, sport, jeux d’argent, cocaïne, shopping, sexe– se trouvent réunis par la psy qui les suit, Clarisse, pour des séances de thérapie de groupe. Clarisse espère que le «décloisonnement» peut les aider à guérir. Mais en ont-ils vraiment envie, eux? Pas sûr… Ces «ennemis de la vie ordinaire» vont, peu à peu, se lier d’amitié au point de déteindre les uns sur les autres.

les-ennemis-de-la-vie-ordinaireSept personnages en quête d’auteur qui saura leur donner une – nouvelle – vie, débarrassée des addictions, des manques et des folies.

Cet auteur sera Clarisse Albéniz, leur thérapeute. Une psy aussi déjantée qu’inefficace à les aider. Pourtant l’idée était bonne :

«Mon credo : tous les addicts qui décident de participer à un groupe de parole ont déjà touché le fond et sont prêts pour l’aventure de l’abstinence. Ils ont tous des stratégies. Toutes sont différentes. Leur entraide sera du jamais vu. Moi, je les mets en synergie. J’attends des résultats époustouflants.»

On rit – beaucoup – parce que les portraits sont dessinés formidablement dans un style qui allie avec beaucoup de talent le réalisme et la loufoquerie.

Puis on s’arrête de rire un moment pour comprendre que c’est beaucoup plus sérieux que ça. Parce que c’est l’histoire de vies et de solitudes. Des personnages marqués dans leur corps et âme.

«82 centimètres, ni plus ni moins : il faut que chaque patient se sente en sécurité, protégé dans son espace vital. »

Mais parce que ce c’est un roman, on plonge dans une histoire façon Quentin Tarantino, il y a du réel mais aussi du grotesque, du gore, et du surréalisme. On aime et on en redemande.


La-septième-fonction-du-langageLa septième fonction du langage, de Laurent Binet,
édité chez Grasset, sorti le 19 Août 2015,
Prix : 22€

 

 


les-ennemis-de-la-vie-ordinaireLes ennemis de la vie ordinaire, d’Héléna Marienské
édité chez Flammarion, sorti le 19 Août 2015,
Prix : 19€


 


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