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‘Le bouton de nacre’, et ‘The Lobster’, à repérer dans les sorties cinéma du 28 octobre 2015

27 octobre 2015 > > Soyez le premier à réagir !

Les sorties du 28 octobre, et une bonne vieille météo d’automne, favorisent le retour vers les salles de cinéma de la côte basque, où le nouveau documentaire de Patricio Guzman Le bouton de nacre et le film grec The Lobster, de Yorgos Lanthimos (retenez son nom) tiennent la cordes des favoris.

Sans doute que le soleil éclatant de ces derniers jours n’a pas nourri l’excitation nécessaire pour aller voir le nouveau de Maïwenn, Mon Roi, avec Vincent Cassel et Emmanuelle Bercot, quoi que cela puisse ne pas être l’unique raison, vu le peu d’unanimité que le film semble provoquer.

Les adeptes de cinéma japonais trouveront une épaule réconfortante du côté de Notre petite soeur de Kore-eda, sans pouvoir pour autant détourner nos regards de deux films déjà sortis qui semblent portés par un joli bouche à oreille, Fatima de Philippe Faucon et Asphalte de Samuel Benchetrit.

On aurait pu aussi vous dire que L’homme irrationnel, le dernier Woody Allen, est incontournable, ce qui accompagne chacune des sorties de ses films, avant que, dans la même prise de paroles, ceux qui vous le présentent ainsi n’intègrent quelques phrases plus tard « en tout cas meilleur que certains de ses films les plus récents ».

Bonne(s) séance(s) à tous (et toutes).


LE BOUTON DE NACRE

sorties-2810-bouton-nacre-1Documentaire poético-politique de Patricio Guzmán – 1h20 – A L’Atalante de Bayonne.

Le bouton de Nacre est une histoire sur l’eau, le Cosmos et nous. Il part de deux mystérieux boutons découverts au fond de l’Océan Pacifique, au large des côtes chiliennes.

Il faudrait s’en tenir à ça, un pitch limpide comme une source ancienne, et se demander d’abord ce que, dans le contexte d’écrans tremblants à l’approche du Star Wars VII, un tel film souhaite marquer comme distance définitive.

Il reste un réflexe salutaire, celui d’associer le Chili à cette tragédie de 1973, que ce réalisateur chilien filma jusqu’à risquer en crever, pour nous donner l’un des documentaires les plus marquants de toute l’histoire du cinéma, La Bataille du Chili, film monstre de plus de 5 heures, à pleurer de rage, à enfoncer les ongle dans sa peau, aujourd’hui encore.

La Nostalgie de la Lumière, Patricio Guzman, 2010

Guzman a survécu à ça, obstiné à restituer l’histoire d’un pays spolié de sa liberté, un 11 septembre, mais pas de sa poésie, fusse-t-elle aussi acérée que patiente.

Second volet d’un dyptique entamé en 2010 avec La Nostalgie de la Lumière,  Patricio Guzman nous emmenait dans le désert d’Atacama, à l’extrême nord du Chili. Là-bas, il y sondait le cosmos pour scruter les rocs et les sables du désert. Son Botón de nacár nous emporte, lui, à l’extrême sud du pays, 4000 km plus bas, où c’est maintenant l’eau qu’on trouve dans les étoiles.

Mais c’est encore et toujours sur l’histoire des hommes et de leur mémoire que revient Patricio Guzmán. Le film a été présenté à Biarritz fin septembre, dont il repartit avec des applaudissements vibrants qui complétèrent cet incroyable Ours d’Argent du Scénario de Berlin 2015, encore jamais remis à un documentaire.

sorties-2810-bouton-nacre-4Rien d’étonnant pourtant, quand est vu le travail patient de Guzman pour montrer ce que nos civilisations doivent à l’eau, avant que les plus mauvais des hommes aient décidé de les convertir en cimetières infinis, tentant d’y effacer des milliers d’individus de nos mémoires.

Deux boutons de nacre, dont l’un trouvé près d’un rail de fer de 30 kgs, séparés par deux siècles, font la jonction entre l’extermination des peuples indigènes et les desaparecidos de Pinochet.

sorties-2810-bouton-nacre-2Cela dure 1h20 devant l’écran, mais cela restera bien plus longtemps dans nos mémoires.


THE LOBSTER (« Le homard »)

sorties-2810-lobsterRéalisé par Yorgos Lanthimos, avec Colin Farrell, Rachel Weisz, Jessica Barden… – 1h58 en VO – A L’Atalante de Bayonne et au Royal de Biarritz

Dans un futur proche… Toute personne célibataire est arrêtée, transférée à l’Hôtel et a 45 jours pour trouver l’âme soeur. Passé ce délai, il sera transformé en l’animal de son choix. Pour échapper à ce destin, un homme s’enfuit et rejoint dans les bois un groupe de résistants : les Solitaires.

On aurait dû repérer depuis bien longtemps, le gars avec son nom de Tzatziki. Prix Un certain regard au Festival de Cannes pour son 2ème film,  Canine (en 2009), Prix du scénario à la Mostra de Venise 2011 pour son 3ème, Alps, et puis, avec le suivant, Prix du Jury au Festival de Cannes 2015.

L’absurde est sa signature, sans qu’elle puisse lui être reprochée, quand, au plus profond de son cinéma, a gagné le sentiment que le moindre geste dérogeant aux règles imposées par la société rapproche un peu plus de la mort.

La solution n’est ni dans l’acceptation ni dans l’accablement, mais dans la riposte héroico-fantasmagorique, à peu près le dénominateur commun de ceux qui ont découvert ce « homard » (Lobster) à Cannes.

Il est sans doute temps de poser au plus vite notre regard sur ce cinéaste déroutant, et pas dérouté (on vous en parle très vite dans Eklektika).


MON ROI

sorties-2810-mon-roiRéalisé par Maïwenn, avec Vincent Cassel, Emmanuelle Bercot, Louis Garrel – 2h04 – A L’Atalante de Bayonne, au Royal de Biarritz et au Sélect de St Jean de Luz

Les rebondissements heureux et funestes de la vie d’une nana, Tony, admise dans un centre de rééducation après une grave chute de ski. Aux maux du corps se mêlent ceux de l’âme, encore à vif au seul nom de la passion étouffante et destructrice vécue avec Georgio.

Après Polisse (2013) qui l’a avait révélée au plus grand nombre, il devrait y avoir une précipitation certaine à aller voir le nouveau film de Maïwenn, honoré de la Palme d’interprétation féminine pour son actrice et habituelle co-scnériste Emmanuelle Bercot.

La prudence est pourtant de mise, avec ce soupçon d’errance qui aime être filmée, dont les échos cannois sur une consternante mise en scène dont les spectateurs se sont sentis exclus, puis agacés. Sa sortie en salles pourrait permettre de montrer que ce Mon Roi est également séduisant, vous allez peut-être le dire avant nous.


NOTRE PETITE SOEUR

sorties-2810-soeurRéalisé par Hirokazu Kore-eda, avec Haruka Ayase, Masami Nagasawa, Kaho – 2h07 en VO – Au Royal de Biarritz –

Trois soeurs vivant ensemble dans la maison de leur grand-mère voient leurs vies bouleversées par l’irruption de leur demi-soeur, orpheline.

Hirokazu Kore-eda porte le soupçon, peut-être injuste, d’être un très bon réalisateur de festivals, où ses trois derniers films ont fait le tour du monde à chaque fois.

Le cinéaste japonais ayant compris combien la douceur des sentiments peut valoir de reconnaissance universelle, surtout dans un contexte familial où silences et pleurs font d’excellents repères de narration, il pourra attirer à lui ceux qui pensent que la tendresse n’est jamais dégoulinante.


Dans nos repères en retard

Deux films se maintiennent sur les écrans  avec un bouche à oreille insistant, cela bruisse en sorties de salles, on vous les présente à notre tour…

FATIMA

sorties-2810-fatimaRéalisé par Philippe Faucon, avec Soria Zeroual, Zita Hanrot, Kenza Noah Aïche – 1h19 – A L’Atalante de Bayonne, au Royal de Biarritz et au Sélect de St Jean de Luz

Fatima vit seule avec ses deux filles : Souad, 15 ans, adolescente en révolte, et Nesrine, 18 ans, qui commence des études de médecine. Toutes deux sont sa fierté, son moteur, son inquiétude aussi. Un accident de travail l’oblige au repos, et elle se met à écrire en arabe ce qu’il ne lui a pas été possible de dire jusque-là en français à ses filles.

Philippe Faucon est un cinéaste doublement rare, qui a su tenir une ligne d’étude aimante sur les différences dans nos sociétés et qui également a compris qu’un film d’1h20 pouvait en dire aussi long qu’en deux heures. Coup de coeur des meilleures salles art et essai de l’Hexagone, sa Fatima serait une proposition devant laquelle se positionner en toute confiance, avant de laisser l’émotion l’inscrire dans nos meilleurs souvenirs de cinéma.

ASPHALTE

sorties-2810-asphalteRéalisé par Samuel Benchetrit, avec Isabelle Huppert, Gustave Kervern, Valeria Bruni Tedeschi – 1h40 – A L’Atalante de Bayonne, au Royal de Biarritz

Un immeuble dans une cité. Un ascenseur en panne. Trois rencontres. Six personnages, dont un astronaute tombé du ciel et recueilli par Madame Hamida.

Le trio de sketches part d’un arrière-plan connu, la misère affective et sociale des vies en cité, pour basculer dans une comédie loufoque et incarnée, toujours vivante et tendre, par le pari de ne lui accorder aucune vraisemblance.

Et le pari semble gagné, qui fait de ce nouveau film de Benchetrit un retour plein et délicieux vers la banlieue de sa jeunesse, la fantaisie et l’humanisme lui permettant de se situer dans ces petits films dont on espère toujours l’existence dans le cinéma français.


 


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