Après 3 ans, plus de 1 000 articles écrits
par une trentaine d'auteurs, 1 700 dates d'agenda,
340 fils musique, 330 brèves de culture,
420 newsletters envoyées à 4500 abonnés
pour un total de 900.000 pages vues,

Eklektika s'arrête.

Merci à ceux qui nous ont fait confiance.

Si le projet vous intéresse : continuer@eklektika.fr

Retour en haut de la page
Twitter Facebook Contact Recherche

Le cinéaste kurde Bahman Ghobadi, à l’honneur au Festival Zinebi de Bilbao, avec « A Flag without a Country »

18 novembre 2016 > > Soyez le premier à réagir !

Zinebi, le festival international du cinéma documentaire et du court métrage, débute ce vendredi 18 novembre à Bilbao. Le réalisateur kurde iranien Bahman Ghobaddi y recevra un Mikeldi d’honneur pour « l’importante dimension artistique de son oeuvre cinématographique, de son engagement sur la société et la culture du peuple kurde », au moment de la présentation de son tout dernier film « A Flag Without a Country ».

Le réalisateur kurde Bahman Ghobadi est attendu au Festival international du cinéma documentaire et du court métrage de Bilbao, Zinebi, qui débute ce vendredi 18 novembre. Lors de la cérémonie de clôture, le vendredi 25 novembre au théâtre Arriaga, il recevra un Mikeldi d’honneur en reconnaissance de « l’importante dimension artistique de son oeuvre cinématographique, de son engagement dans la lutte pour les libertés de son pays et de son témoignage fascinant sur la société et la culture du peuple kurde ».

zinebi-2016-bilbao-bahman-ghobadi-6La veille, le jeudi soir 24 novembre, Bahman Ghobadi participera à une soirée-rencontre organisée dans l’auditoire du Musée Guggenheim où il présentera son dernier film, A Flag Without a Country, un mélange de film documentaire et de fiction suivant parallèlement les histoires de la chanteuse Helly Luv et du pilote Nariman Anwar au Kurdistan (sans date pour l »instant de sortie en France).

Tous deux à la recherche du progrès, de la liberté et de la solidarité, les deux protagonistes sont une source de résistance pour leur société, qui doit perpétuellement faire face à des dures conditions de vie, la guerre et des attaques de l’Etat Islamique.


Le parcours multi-récompensé de Bahman Ghobadi


Né en 1966 à Baneh, au Kurdistan iranien, le réalisateur Bahman Ghobadi s’est formé à l’Iranian Broadcasting College et a commencé sa carrière en réalisant des courts métrages. Pendant plusieurs années, son nom était cité parmi les cinéastes iraniens qui avaient surpris la critique et les spectateurs avec leurs réalisations qui montraient la vie de leurs concitoyens avec des mises en scène d’apparence simple, avec une esthétique qualifiée de documentaire et l’utilisation d’acteurs non professionnels.

Ghobadi n’était qu’un simple jeune réalisateur quand ce cinéma iranien aussi surprenant débarqua en Europe pendant les années 1990, avec Abbas Kiarostami, Majid Majidi, Jafar Panahi ou Mohsen Makhmalbaf, entre autres.

zinebi-2016-bilbao-bahman-ghobadi-3Après avoir réalisé depuis 1991 une vingtaine de courts métrages en 8mm, Betacam et 16mm, il réalisa en 1999 son premier long métrage, Un temps pour l’ivresse des chevaux, qui évoque la rudesse de la vie rurale dans le Kurdistan iranien. Son film fut récompensé par la Caméra d’or au Festival de Cannes 2000 et par le Prix Fipresci de la critique internationale.

De plus en plus engagé, Bahman Ghobadi commence alors à utiliser son cinéma pour attirer l’attention sur la culture et la société kurdes. Ses films combineront des messages à caractère universel (une critique de la guerre, les traces laissées par les conflits dans les enfants, le dépaysement ou le remplacement des valeurs traditionnelles par celles de la société de consommation) avec des histoires locales et populaires kurdes.

zinebi-2016-bilbao-bahman-ghobadi-7Néanmoins, bien que ses films récoltent un gros succès sur les festivals internationaux – il obtient par exemple la Coquille d’or du Festival de San Sebastian pour Les tortues volent aussi en 2004 -, la distribution commerciale en Iran est presque inexistante, vu que son regard porté sur la réalité déplaît au régime iranien, comme c’est le cas de Demi-lune, Concha d’or du Festival de San Sebastian en 2006.

zinebi-2016-bilbao-bahman-ghobadi-4Sa situation devint pire avec Les Chats persans (2009), qui se situe dans le milieu musical underground de Téhéran. A son retour de Cannes, où il avait reçu le Prix spécial du jury « Un certain regard », il fut emprisonné pendant plusieurs jours. Une expérience qui le poussa à prendre le chemin de l’exil, suivant les pas d’autres cinéastes iraniens comme Mohsen Makhmalbaf, Babak Payami ou Jafar Panahi.

Entre les États-Unis, l’Allemagne et la Turquie, Ghobadi prépare plusieurs films dénoncer les situations de répression souffertes par les citoyens du Kurdistan. Ainsi, en jouissant d’une plus grande liberté, et sans devoir s’inquiéter de la censure, il présenta Rhino season, l’histoire d’un poète kurde incarcéré pendant près de 30 ans.

zinebi-2016-bilbao-bahman-ghobadi-2Dans ses dernières créations, qui seront à l’affiche du festival Zinebi, il mélange à nouveau la fiction et le documentaire, comme avec A Flag Without a Country (2015), présenté aux festivals de Busan (Corée du Sud) et Sundance (Etats-Unis).

En même temps, il a produit le flim Life on the border (La vie à la frontière), présenté lors de la dernière Berlinale. Avec d’autres réalisateurs, il a permis à huit enfants vivant dans les camps de réfugiés de Kobanê et Singal de raconter leur histoire à l’aide d’une caméra.


Festival Zinebi de Bilbao, 58ème édition


zinebi-2016-bilbao-1Le festival Zinebi remettra un autre Mikeldi d’honneur au réalisateur, acteur et critique cinématographique Jaime Chávarri, lors de la cérémonie d’ouverture. Un total de 71 productions en provenance de 31 pays seront en lice pour les Mikeldi d’or et d’argent dans les trois catégories du festival (fiction, documentaire, animation).

Le festival présentera aussi le documentaire Nosotras, Mujeres de Euskalduna, produit par le festival et réalisé par Larraitz Zuazo, qui se penche sur un épisode de la mémoire collective de la ville de Bilbao, la lutte des femmes pour le maintien des chantiers navals Euskalduna.

La section « Bertoko begiradak. Regards depuis Euskadi » permettra de découvrir cinq réalisations basques – quatre documentaires et une fiction -, dont la première de Gutariko azkena de Josu Venero, autour de l’écrivain basque Kirmen Uribe ou Bailarines callejeros de Xuban Intxausti, sur le travail de deux artistes basques avec de jeunes gitans dans un atelier de danse en Bulgarie.

Tous les détails sur le site de Zinebi: http://zinebi.eus/web/


 


Commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. Apprenez comment vos données de commentaires sont traitées.