Après 3 ans, plus de 1 000 articles écrits
par une trentaine d'auteurs, 1 700 dates d'agenda,
340 fils musique, 330 brèves de culture,
420 newsletters envoyées à 4500 abonnés
pour un total de 900.000 pages vues,

Eklektika s'arrête.

Merci à ceux qui nous ont fait confiance.

Si le projet vous intéresse : continuer@eklektika.fr

Retour en haut de la page
Twitter Facebook Contact Recherche

« Le client » de l’Iranien Asghar Farhadi, incompréhensible Prix du Scénario à Cannes pour du fade ciné-novela (et les sorties de la semaine)

23 novembre 2016 > > Soyez le premier à réagir !

La liste des déceptions après le dernier palmarès cannois compte un petit nouveau, doublement primé, trois autres films (La fille de Brest, Une vie et Louise en hiver) devant être repérés sans doute en priorité, en lieu et place de cette chronique iranienne fade et assez prétentieuse, tournant à vide.

C’est un peu avant la moitié de ce film de deux heures que l’ennui pointe son nez devant Le client du cinéaste iranien Asghar Farhadi, Prix du Scénario et d’Interprétation masculine au dernier Festival de Cannes, avec le sentiment que ce qui est à l’écran pourrait désormais être apprécié les yeux clos, uniquement avec les oreilles, ce qui ne traduit pas la bonne santé du projet.

le-client-asghar-farhadi-cannes-2016-1L’histoire de ce couple à Téhéran nouvellement arrivé dans un appartement, dont la femme va être tabassée par méprise par un habitué des faveurs taxées de l’occupante précédente, relève d’un huis clos théâtral, déjà à l’oeuvre dans son précédent Le passé (2013, avec Bérénice Bejo et Tahar Rahim, tourné à Paris), et c’est une première déception, l’Iran est le premier absent du film pour le retour dans son pays du cinéaste de Une séparation (2011).

Seul l’aveuglement critique franco-chrétien-démocrate, englué de poncifs sur un peuple réduit à sa gouvernance libertiphobe, a permis de lire ici ou là que le film portait entre ses lignes l’évocation d’un Iran en déconfiture, tourné à la barbe des mollahs, quand le succès du film sorti en Iran (plus d’un million d’entrées rien que dans la capitale) n’a guère défrisé les censeurs.

le-client-asghar-farhadi-cannes-2016-4Deux heures durant, le mécanisme dramatique tourne au système narratif plus proche de la télé-novela ou du théâtre radiophonique, Asghar Farhadi (qui vient de ce monde là, faut-il le rappeler) n’ayant rien à filmer d’autre que la progression de son récit, entre la tentation vaine de se voir en un Tennessee Williams (La chatte sur un toit brûlant) ou un Cassavetes (Opening night).

Ce n’est pas le cas de ce Client, la vie ne trouve jamais l’air et les failles pour s’y engouffrer et faire voler en éclats le petit monde de cette compagnie de théâtre jouant (bien mal) Mort d’un commis voyageur d’Arthur Miller.

le-client-asghar-farhadi-cannes-2016-6Pour ces aller-retours entre le plateau (l’irruption bien appuyée du théâtre dans la vie, de la vie dans le théâtre, etc) et la recherche du coupable par le mari, les critiques qui ont osé évoquer « un suspense hitchcokien » ou la relecture du Dernier Metro de Truffaut devraient être condamnés sans trainer à revoir quelques grands films puis à s’en excuser publiquement, certains morts pouvant refusés d’être éternellement réveillés pour ce genre d’âneries.

Une fois le système Farhadi mis en place, la perspective d’un Prix dans un festival occidental ne le quittant pas une seconde, il faut donc aller jusqu’au bout d’une résolution sans autre enjeu perceptible.

le-client-asghar-farhadi-cannes-20163Peut-on s’apitoyer sur la condition féminine dans son pays en excluant son personnage principal de la moindre scène où elle cesserait d’être filmée comme agaçante par ses silences, sa maladresse (constante depuis l’ouverture du film), et son refus finalement pas traité de participer à la nécessaire résolution du drame ?

Fahradi s’en contre-fiche comme de son premier louchoum, cherchant en vain à nous asséner un dernier « coup de théâtre », qui ne délivre que son spectateur, au bout de deux heures.

le-client-asghar-farhadi-cannes-2016-5Il est alors temps de sortir de la salle en se promettant de ne pas s’attarder sur l’affiche barrée d’hallucinants superlatifs, et se projeter, agacé, vers les sorties de la semaine du 23 novembre 2016.


la-fille-de-brest-bercotLa fille de Brest de la jamais décevante Emmanuelle Bercot (réalisatrice de la Tête Haute en 2013, scénariste de Polisse et Mon roi de Maiwenn) a pris une place considérable de visibilité pour le traitement cinématographique du scandale du Mediator, inspiré par le récit de sa lanceuse d’alertes Irène Frachon.

De l’isolement des débuts à l’explosion médiatique de l’affaire, l’histoire décrite comme « une bataille de David contre Goliath pour voir enfin triompher la vérité » ne souffrirait pas d’effets secondaires des bons sentiments manichéens, on croise donc les doigts pour ne pas assister à un naufrage breton, à lire rapidement dans Eklektika.

une-vie-brizeUne vie du réalisateur français Stéphane Brizé, qui nous les avait bien traitées comme cela avec son insignifiant La loi du Marché l’an passé, effectue son retour par le côté éponyme de Maupassant, récits de désillusions du mariage au début du 19ème siècle. Ca sent un peu l’embrouille scénaristique d’arriver avec un béton littéraire censé « nous parler » de notre époque, mais cela serait sauvé par l’interprétation et un vrai travail de mise en scène, on demande à voir, donc.

louise-en-hiver-laguionieMais c’est du côté des séances cinéma pour les bambins que pourrait se cacher la vraie pépite de la semaine, avec ce Louise en Hiver du réalisateur d’animation Jean-François Laguionie (Le Château des singes, L’Île de Black Mór, Le Tableau), qu’il faut définitivement considérer comme le grand successeur du regretté Paul Grimault (Le roi et l’oiseau), qui l’avait soutenu pour ses trois premiers courts métrages.

Ce nouveau rendez-vous s’attache à cette vieille Louise, qui, depuis la petite station balnéaire de Biligen, voit le dernier train de la saison partir sans elle. La ville est désertée, le temps se dégrade rapidement, mais ses souvenirs s’invitent sans ne rien leur avoir demandé, dans les déjà rudes conditions de vie qui l’entourent.


Tous ces films à retrouver au programme de nos cinémas préférés de la côte basque : Le Royal de Biarritz, L’Atalante de Bayonne, le Select de St Jean de Luz, le cinéma Itsas Mendi d’Urrugne.


 


Vous pourriez aussi aimer

Commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. Apprenez comment vos données de commentaires sont traitées.