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Le festival du conte à Capbreton ou le langage sous toutes ses formes

12 août 2015 > > Un commentaire

Du 5 au 7 août, à Capbreton, l’art de la parole a usé de ses formes poétiques pour se frayer un chemin parmi les badauds.

Du spectacle audio au mime en passant par la langue des signes, les marionnettes et les conteurs, cette édition du Festival du Conte a rencontré un public nombreux où les adultes n’étaient pas en minorité. Il n’y a pas que les enfants qui aiment les histoires.

En tout cas, ceux présents au festival n’étaient pas devant la télé malgré un temps indécis et ça, ça fait toujours du bien au spectacle vivant.

jeanne-ferron

En trois jours, trente rendez-vous autour du conte dans des formes diverses et variées, se succèdent sur plusieurs sites de la ville, pour partager des histoires, des rires, des émotions, de la culture, de la conscience et toutes ces petites choses qui rapprochent.

Une comédienne et musicienne, Jeanne Ferron, en résidence au Pôle de l’oralité de Capbreton, revisite la soif d’absolu de Roméo et Juliette.

La compagnie Intérieur Nuit créé Le Bateau vide qu’elle joue en première au festival et donne à entendre d’autres récits de Beckett ou de Maupassant, pour adultes ou pour enfants, via des audio-spectacles dans un contexte surprenant – plongé dans le noir, installé sur une chaise longue – et via un concept – mêler la musique aux bruitages et au texte .

Tout cela pour conduire les auditeurs à un rêve éveillé qui stimule l’imaginaire.

atelier-denino

Le festival a pensé à tout le monde. Sans tous les citer… Aux bébés de 6 mois à 3 ans, avec Julie Boite et ses comptes et comptines. Aux petits de 5 ans, avec Sabrina Chezeau et ses ogres et ogresses ou l’Atelier Denino et son théâtre italien miniature (710 places, 80 loges tout de même).

Aux mômes de 10 ans et plus avec un conteur de Radiofrance, Daniel L’Homond et ses souffles vers les arbres qu’il invite à écouter ou la compagnie de théâtre de rue, Ultrabutane que nous rencontrons à l’arrivée.

cie Ultrabutane

Crédit photo : Jacques Olivier Badia

« Dans ce théâtre là, il s’agit de mémoire corporelle », explique, essoufflé, le comédien.

En effet, peu de texte mais un corps et une voix qui se transforme au gré des personnages et des objets, la plupart des sons étant des bruitages réalisés avec la bouche et… beaucoup d’idées et d’énergie pour ce one man show un peu farfelu.

Entre le monde de Tex Avery et celui des films de guerre, l’humour taquin est au rendez-vous et chatouille l’Histoire. D’ailleurs, les enfants et les adultes rient, mais pas forcément pour les mêmes raisons…

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Plus tard, on se régale du jonglage verbal, doux et vorace de Yannick Jaulin, ses envies d’incantations collectives, sa remise en question de conteur et son regard lucide sur le monde.

Les mots semblent ne jamais le quitter, surtout les bons et c’est avec tendresse qu’il amène le public à rencontrer d’autres collègues avec lesquels il se tente au langage des signes, Les Compagnons de Pierre Ménard ou notre coup de cœur Eklektika.

goupil-trio@sylvain-caro

Les Compagnons de Pierre Ménard donnaient un spectacle créé cette année et intitulé Goupil, qui mêle théâtre, musique et langue des signes autour du roman de Samivel. Nicolas Fagart, comédien et metteur en scène est la voix du spectacle. Isabelle Florido et Sabrina Dalleau utilisent le corps et la langue des signes.

Maxime Dupuis, lui, use de son violoncelle. Un quatuor pour un moment métaphorique, poétique et intelligent. Les enfants sont piqués de curiosité, les adultes y voient presque un ballet où chaque émotion prend visage harmonieux.

Mais ces comédiens sont aussi de fervents pédagogues. Ils portent un langage à faire connaître et, en douceur, prennent leur public par la main pour lui apprendre à l’utiliser. Ainsi, nous voilà guidé par le comédien Nicolas et ses jolies métaphores pour comprendre une culture et l’emprunter un moment, au cas où on aurait envie de s’y attarder.

goupil-quatuor@sylvain-caro

Tout le public se met à signer sous ses consignes et en prenant pour modèle Isabelle, une des comédiennes dont le langage des signes est la première langue, bien qu’elle ne soit pas sourde. En effet, un petit récit de vie nous est aussi compté. Isabelle a des parents sourds. Elle, est entendante. C’est avec passion et humour qu’elle transmet. Et ça marche.

À ce moment là, tout le public chante en langue des signes La chanson des musiciens de Brême. La compagnie a réussi à faire apprendre tout un texte à plus de cent personnes entassées là, sourires aux lèvres, volontaires et persévérantes.

Ça en fait des mots appris et des déclics, si on en croit les murmures prononcés. Avec de tels messagers, le théâtre bilingue LSF a de beaux jours devant lui, car tout est à faire pour transmettre cette langue, belle, théâtrale, métaphorique, à la croisée du mime et du théâtre muet.

goupil-trio3@sylvain-caro

Les spectateurs venus nombreux se sont laissés porter par l’enchaînement de spectacles, allant de la mairie au jardin public « pour voir », restant finalement jusqu’à l’évènement suivant. Des rendez-vous dans des lieux jolis et intimistes mais qui, du coup, ne prévoyaient pas toujours assez de place.

Des spectacles gratuits ou à 5 et 7 euros maximum l’entrée, intelligents et drôles, des yeux et des oreilles pour les recevoir. Un succès pour ce festival salué par les compagnies elles-mêmes et qu’on espère retrouver l’année prochaine.

Une autre bonne nouvelle, Les compagnons de Pierre Ménard seront au festival Les jours Heureux à Anglet les 11, 12 et 13 mars. À ne pas manquer.


 

 


Commentaires

Une réponse à Le festival du conte à Capbreton ou le langage sous toutes ses formes

  1. […] Du 5 au 7 août, à Capbreton, l’art de la parole a usé de ses formes poétiques pour se frayer un chemin parmi les badauds.  […]

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