Après 3 ans, plus de 1 000 articles écrits
par une trentaine d'auteurs, 1 700 dates d'agenda,
340 fils musique, 330 brèves de culture,
420 newsletters envoyées à 4500 abonnés
pour un total de 900.000 pages vues,

Eklektika s'arrête.

Merci à ceux qui nous ont fait confiance.

Si le projet vous intéresse : continuer@eklektika.fr

Retour en haut de la page
Twitter Facebook Contact Recherche

Le Temps d’Aimer de Biarritz, entre vendanges exceptionnelles et solides renvois de tartes à la crème

21 septembre 2015 > > Soyez le premier à réagir !

Le 25ème Temps d’Aimer la danse de Biarritz a permis de chiffrer une édition record en termes d’affluence, mais également de fournir l’occasion à son directeur et chorégraphe Thierry Malandain de réaffirmer quelques vérités sur un festival et un art qui méritent, parfois, un meilleur traitement médiatique national.

C’est une habitude des organisateurs du festival de danse du 25ème Temps d’Aimer, porté par l’équipe de Biarritz Culture (sous la houlette de son Président Jakes Abeberry) et concocté par le chorégraphe Thierry Malandain, à la tête du Centre Chorégraphique National dans cette ville : le bilan n’attend guère, qui vous est servi dès le lendemain du dernier jour.

L’exercice a donc prévalu, en ce début d’après-midi, et les grands enseignements ont été tirés (les vendanges sont bonnes), en même temps que quelques mises au point de son emblématique Directeur, en particulier sur d’éternelles tartes à la crème qui lui parviennent, avec un goût éculé, aura-t-il pris le soin d’expliquer.

Dans cet exercice des chiffres et des lettres, les premiers sont très bons, le Temps d’Aimer ayant battu son record de fréquentation, avec plus de 22.000 spectateurs (voir ci-dessous).

Sur la diversité des opinions des spectateurs concernant l’éclectisme de ce 25ème rendez-vous, son directeur assume et défend cette fondation du Festival, « on a fait le choix d’une sélection adaptée au goût du jour, sans aller dans les marges de ce qui se fait en danse aujourd’hui ».

caliixto-biarritz-une

Calixto – Photo Stéphane Bellocq – http://www.regardencoin.com

Gardant en tête que le public local voit 4 à 5 spectacles de danse en moyenne dans une année, le dosage a été fixé sur des coups de coeur pouvant être partagés par le public (Maribor, CND España, Calixto), par ce souci de donner de la visibilité à la réalité de la danse aujourd’hui (Sprint, CCN du Havre Haute Normandie, ou bien (Re)Connaissance), « même si cela peut faire peur, un peu ».

« Je programme ce que l’on peut montrer ici, sans doute, mais également ce qu’on peut accueillir financièrement, en positionnant  le Festival pour que les spectateurs y trouvent 10 jours de bonheur », et de compléter d’un « Le Temps d’Aimer doit être le moment de gâter le public, avec, comme point commun et absolu, l’exigence de spectacles de grande qualité ».

Nacional-de-Danza-14

CND España – Photo Stéphane Bellocq – http://www.regardencoin.com

Mais le bonheur de cette force n’efface pas le voile sombre balancé sur le Festival par une presse nationale qui ne goûte ce rendez-vous qu’en faisant la grimace.

« Il faut savoir comment ça se fabrique, un tel événement, et il faut dire les choses », glisse-t-il avec fermeté, en se demandant ce que, parfois, des traitements de défaveur dans la presse nationale avaient comme rapport avec la choucroute.

Réunir un plateau international dans une ville de 26.000 habitants, recenser 22.000 spectateurs, avec un budget dix fois inférieur à celui de la Biennale de Lyon ou du festival de danse de Montpellier ?

« Depuis le début, le Temps d’Aimer a été jugé ringard par une grande partie de la presse nationale », partage-t-il quand, effectivement, aux terrasses des cafés, les fidèles se souviennent d’articles leur demandant de se retrouver dans la dénomination de festivaliers bourgeois ou de touristes égarés, et dans un festival sans lignes directrices comme 2015 a permis de le lire.

temps-aimer-biarritz-3

Ballet de Maribor (Slovénie)

« Le reproche qui est fait, plus que l’éclectisme du Temps d’Aimer, c’est sans doute mon obédience à la danse néo-classique, alors, que, cette année, seul le spectacle slovène de Maribor en relevait », justifie Thierry Malandain, quand bien même ses créations ne cessent de tourner dans le monde entier.

Tenter de rester au contact de la « dans-ification » de cet art est un combat qui n’est pas gagné, quand, il le déplore, « la non-danse se généralise aujourd’hui, qui met ses professionnels dans une forme d’obligation de se mêler à des amateurs d’autres arts, comme le théâtre, les arts visuels, etc ».

L’homme bouillonne, il ne lâchera rien sur son profond sentiment que « l’exigence de la danse, c’est sa force, sa bonne formule ».

Dans quelques semaines, Thierry Malandain aura fini la création de son très attendu « la Belle et la Bête », pour fin novembre.

« J’ai un peu transformé l’histoire, même s’il y a toujours le thème de la beauté et de la laideur, du bien et du mal », a expliqué le chorégraphe dans Sud Ouest, « mais j’y ajoute une autre dimension : la lutte du chorégraphe ».

A l’avoir entendu aujourd’hui, Thierry Malandain n’a pas l’intention ni de lâcher l’affaire.


Record absolu de fréquentation pour le 25ème Temps d’Aimer

temps-aimer-2015-bilan-1

Ouverture du 25ème Temps d’Aimer, Port Vieux de Biarritz – Photo Johan Morin

L’élan avait été donné dès le lancement de cette édition, avec, sur le Port Vieux, près de 4.000 personnes dénombrées pour un programme inaugural de Estro du Ballet Biarritz Malandain précédé de la première française de Monger, par le Ballet Junior de Genève.

Et les affluences, par la suite, confirmèrent la tendance, jusqu’à la Gare du Midi, dont la jauge de 1.400 places fut insuffisante par deux fois (et trois spectacles pour les deux cents places du Colisée et une au Casino Municipal, avec 750 places).

« Une très belle édition », résuma Jakes Abeberry, complétant de sa satisfaction d’avoir eu 90% de remplissage des jauges sur les 10 jours du festival, et remerciant chaleureusement les 40 techniciens en charge de montages complexes pour les 30 programmes proposés.

temps-aimer-2015-bilan-2« C’est une véritable performance, par une équipe parvenue à l’heure de l’exploit d’assurer les montages des plus exigeants, mais capable également de laisser repartir ces compagnies avec une pleine satisfaction », a insisté le Président du Festival.

temps-aimer-2015-bilan-5

Techniciens « 5 fruits 5 légumes », par Stéphane Bellocq (et bravo à eux)

L’enracinement de la danse dans une terre basque qui l’a portée depuis bien longtemps, certes, est le premier facteur expliquant son succès.

Le travail au long cours du chorégraphe Thierry Malandain, enthousiasmant dans les rendez-vous fixés dans « ses deux maisons » de Biarritz et de Donostia, en est incontestablement le second.

Le bel avenir du Temps d’Aimer repose donc sur une équation connue de tous, mais dont seul le Ministère de la Culture a la réponse : en décembre 2016, Thierry Malandain saura si, d’autorité, il lui sera demandé de quitter la côte basque pour un autre CCN, ou bien de bénéficier d’un statut de membre fondateur de la danse, et en ce cas, libre de son choix de rester à Biarritz.

Des révolutions culturelles se sont déclenchées pour moins que ça.


 


Commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. Apprenez comment vos données de commentaires sont traitées.