Après 3 ans, plus de 1 000 articles écrits
par une trentaine d'auteurs, 1 700 dates d'agenda,
340 fils musique, 330 brèves de culture,
420 newsletters envoyées à 4500 abonnés
pour un total de 900.000 pages vues,

Eklektika s'arrête.

Merci à ceux qui nous ont fait confiance.

Si le projet vous intéresse : continuer@eklektika.fr

Retour en haut de la page
Twitter Facebook Contact Recherche

Le tourisme de la côte basque suspendu à ses égoûts (L’avenir sera culture, ou ne sera pas)

14 août 2014 > > Soyez le premier à réagir !

La Une du Sud Ouest de ce jeudi matin n’a abasourdi personne : sur la côte basque, l’été n’a pas été au rendez-vous des attentes, estivantes en particulier, avec une seule semaine réelle de beau temps ressenti, autour du 14 juillet.

Dans ce contexte globalement partagé, « la faute au ciel » est la conclusion économique erronée que ne manquent pas répéter ceux, en charge des principales villes du littoral atlantique, qui cherchent à se défausser de leurs responsabilités et rejoignent les lamentations des commerçants locaux.

bayonneLe phénomène est pourtant connu, et répétitif : à la partie de poker météorologique tentée par l’estivant de choisir la Côte basque comme lieu de vacances (pour ses images d’Epinal, toutes de plages et de terrasses ensoleillées), se superposent désormais celles de cieux régulièrement maussades, et, après chaque épisode pluvieux, celles de la fermeture de ses plages d’Anglet, Bidart, St Jean de Luz. Et, avec un sens politique discutable, d’une possibilité de voir les plages de Biarritz suivre la même logique (Guillaume Barrucq, l’adjoint à l’environnement de Biarritz, par ailleurs médecin, enjoignant les touristes à ne pas « boire la tasse », auprès de l’AFP).

En cause un napoléonien réseau d’égouts qui évacue son surplus d’eaux mêlées et douteuses directement dans la mer, une priorité d’assainissement qu’aucun candidat aux récentes élections municipales n’avait contestée, mais a assorti d’une demande de patience (et d’investissements à réaliser sur les 10 prochaines années).

rhuneLes conséquences en termes d’images dégradées sont considérables : peut-on sérieusement imaginer que l’attraction touristique durant cette décennie à venir se nourrira d’une agglomération urbaine saturée à chacune de ses entrées/sorties, du seul Musée de la Mer de Biarritz et du petit train de la Rhune comme propositions alternatives aux plages fermées (ou suspectes), et au coupe-vent à ne jamais oublier sur la côte basque ?

Car enfin, avec l’absence de points de repère culturel fort, dans une agglomération dépourvue de musées de renom, de lieux de spectacles ouverts l’été (saisons terminées pour le Théâtre de Bayonne ou la salle Quintaou d’Anglet) ou de manifestations publiques incontournables, quel est le ressort qui pourrait permettre à l’économie locale de croire encore à ses chances ?

Dans un article du Monde de ce jour pourtant, une autre analyse mérite d’être considérée, qui classe le Languedoc Roussillon ou la région PACA comme les régions de France attirant le plus de touristes. Ses plages et son soleil constant expliquent cela, mais un petit tour dans le Midi permet également de comprendre l’attractivité de ces territoires, qui ont fait de l’été le terreau propice de leurs actions culturelles, et, partant de là, touristiques.

Exposition Soulages

Exposition Soulages

L’exposition Viallat et les toiles de Soulages au Musée Fabre de Montpellier, les Rencontres photographiques d’Arles ou le Festival d’Avignon : les ondes radio et les compte-rendus culturels des autres médias n’ont eu de cesse de nous répéter que c’était vers là, et nulle part ailleurs, que nos regards devaient converger.

Festival d'Avignon

Festival d’Avignon

100.000 visiteurs pour la capitale arlésienne, qui a rempli tout l’été le moindre restaurant et hôtel dans et à proximité de la ville ; Avignon, même perturbé par l’action de la CGT Spectacles a également fait le plein ; et le musée Fabre de Montpellier a lui aussi enregistré un record de fréquentation, dont toute la région a bénéficié économiquement.

Rencontres photographiques d'Arles

Rencontres photographiques d’Arles

Au contrario des politiques culturelles de la côte basque, le privé n’y est pas seul chargé d’organiser un agenda local attractif (Stromae comme tête d’affiche du Big Festival de Biarritz, ou le centenaire de Luis Mariano aux Arènes comme tête de pont du calendrier bayonnais, avant que la pluie n’en écourte le programme ce mercredi 13 août).

luis_marianoQuel touriste, passé cet été, se jure de revenir l’an prochain aux mêmes dates ? Et pour quelle raison objective le ferait-il ? Espère-t-il intérieurement que les vendeurs de fromage de brebis de St Jean Pied de Port existeront toujours ?

La côte basque a du souci à se faire, de ne pas avoir été pour l’heure capable de fidéliser un public sur sa fibre curieuse et exigeante. L’adage selon lequel « cela ne sert à rien de proposer de la culture durant l’été, les gens sont à la plage » est une gourde pleine de ciguë tétée avec la délectation d’un festayre pendant le barnum no-limit des Fêtes de Bayonne.

bayonneIl n’est plus temps de décider, comme depuis longtemps, de reporter à la fin de l’été des rendez-vous annuels autour de manifestations de premier plan. Bayonne attendant le 15 août pour lancer son programme Fortius, ou Biarritz enclenchant sa saison avec le Temps d’Aimer début septembre ? Les locaux sont (enfin) servis tandis que, partout ailleurs, les futurs touristes tapent « vacaciones España » et « location été Gard » sur Google.

En juin prochain, les grands médias prescripteurs tendront leurs micros et caméras vers d’autres régions que la nôtre. Et les restaurateurs, hôteliers et élus basques regarderont vers le ciel, en se demandant si les égouts tiendront ou pas jusqu’au 15 aout.

cri


Commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. Apprenez comment vos données de commentaires sont traitées.