Après 3 ans, plus de 1 000 articles écrits
par une trentaine d'auteurs, 1 700 dates d'agenda,
340 fils musique, 330 brèves de culture,
420 newsletters envoyées à 4500 abonnés
pour un total de 900.000 pages vues,

Eklektika s'arrête.

Merci à ceux qui nous ont fait confiance.

Si le projet vous intéresse : continuer@eklektika.fr

Retour en haut de la page
Twitter Facebook Contact Recherche

‘Le tout nouveau Testament’ de Jaco van Dormael, décevant parmi les sorties de septembre

10 septembre 2015 > > 2 commentaires

Reprise en douceur automnale vers les écrans de la côte basque, avec, depuis le 9 septembre, nombre de films (trois en particuliers) à même de faire oublier le ratage de van Dormael, Le tout nouveau Testament, avec l’infortuné Poelvoorde.

Passée la déception devant Le tout nouveau testament de Jaco van Dormael, sorti la semaine dernière, une nouvelle livrée depuis ce mercredi fait apparaitre trois films qui semblent mériter le coup d’oeil.

Les Chansons que mes frères m’ont apprises, de la chino-américaine Chloé Zhao, sur ces Indiens qui ne semblent ne plus être que l’ombre de leurs ancêtres, a entamé une solide exploitation, porté par des commentaires admiratifs.

Life de Anton Corbijnn sur la rencontre entre Dennis Stock et James Dean, photographe et acteur encore inconnus,  et Youth de Paolo Sorrentino, avec Michael Caine et Harvey Keitel en duo de vieux chenus, ne recueillent pas la même unanimité : on attend vos avis, avant sans doute de vous donner le nôtre également.

Bonnes séances à tous.


LE TOUT NOUVEAU TESTAMENT

sorties-cine-09-sept-2Réalisé par Jaco van Dormael, avec Benoît Poelvoorde, Yolande Moreau, Catherine Deneuve – 1h54 – A L’Atalante de Bayonne, au Royal de Biarritz et au Select de St Jean de Luz

Dieu existe. Il habite à Bruxelles. Il est odieux avec sa femme et sa fille. On a beaucoup parlé de son fils, mais très peu de sa fille. Sa fille c’est moi. Je m’appelle Ea et j’ai dix ans. Pour me venger j’ai balancé par SMS les dates de décès de tout le monde…

Il n’est guère possible d’aborder un nouveau film de van Dormael sans la crainte de ne pas retrouver le réalisateur de Toto le Héros (1991) ou du Huitième Jour (1995). Pour sa 4ème film en 24 ans, malheureusement, l’ambiance est au ratage avec cette fable philosophico-burlesque où, comme un joueur de poker qui tenterait de refaire le coup d’un carré d’as inoubliable, reprend les mêmes cartes, puis se vautre.

sorties-cine-09-sept-6Du thème principal (que feriez-vous si l’on vous donnait votre date de décès, et le compte à rebours qui va avec ?), van Dormael tisse une parabole sous la forme d’un film à sketches, où Poelvoorde est en charge de lier tout cela par des grimaces, des coups de hache dans les portes, sans tout à fait comprendre comment il a accepté d’en être.

Il est un Dieu qui, des millénaires d’ennui passant, ne trouve plus de plaisir qu’à nuire, à doses variables, à une humanité qui l’ennuie. Le propos vaut blague de comptoir, et ce sentiment de vacuité ne tarde pas, passés quelques premiers sourires, à amorcer l’échec du film.

Car van Dormael a commis deux erreurs qui ne pardonnent pas.

sorties-cine-09-sept-1Premièrement, son cinéma défendait une naïveté portée par une poétique à l’image et une dramaturgie qui faisaient mouche : il faut désormais lui recommander d’aller casser la figure à celui qui pensait pouvoir la faire émerger du film par un abus d’effets spéciaux censés conférer à l’ensemble un merveilleux, tout juste lassant ici.

Et deuxièmement, l’idée des contre-emplois glissants d’acteurs (la bourgeoise Deneuve couche avec un gorille, le méchant François Damien est gentil, etc) ne fonctionne que quand on a travaillé leur épaisseur : ici, les enjeux sont nuls (la fille de Dieu est particulièrement insupportable), et l’humanité s’en sortira parce que Yolande Moreau est une gourde munie d’un aspirateur.

La fin d’une comédie supposée arrive comme la fin d’un sermon trop long, et dont on n’a pas compris grand chose, au final.

Un film à déconseiller même un dimanche après-midi de pluie : c’est dire la tristesse de ces retrouvailles ratées avec van Dormael.


LES CHANSONS QUE MES FRÈRES M’ONT APPRISES

sorties-cine-09-sept-4Réalisé par Chloé Zhao, avec John Reddy, Jashaun St. John, Taysha Fuller – 1h34 en VO –  A L’Atalante de Bayonne, au Royal de Biarritz

À Pine Ridge, une réserve indienne du Dakota du Sud, Johnny (John Reddy) fraichement diplômé peut enfin envisager de quitter les siens pour suivre sa petite amie en Californie. Mais le décès brutal de son père, un des patriarches de la réserve, contrecarre ses plans. Johnny ne peut se résoudre à abandonner Jashaun, sa jeune sœur de treize ans (la bouleversante Jashaun St.John) au triste destin qui l’attend à Pine Ridge.

L’histoire d’un dilemme psychologique, auquel le héros doit se confronter, qui permet à la réalisatrice de documenter le quotidien des habitants de cette réserve, condamnés à une vie désespérante entre violence et déchéance.

Sitting Bull n’est plus présent que sur des tee-shirts, la culture tribale existe comme faute de mieux, entre un passé tabou, un avenir inexistant et un présent sans but.

Le terrifiant paradoxe des Indiens, salué partout où le film a été montré, et ressenti comme d’une maturité rare, poignant de réalisme et bouleversant d’amour.


LIFE

sorties-cine-09-sept-5Réalisé par Anton Corbijn, avec Robert Pattinson, Dane DeHaan, Ben Kingsley – 1h52 en VO – Au Royal de Biarritz

Dennis Stock et James Dean, photographe et acteur encore inconnus, réalisent ensemble un reportage qui vaudra au premier la reconnaissance et au second le statut d’icône. Ces photos prises en février 1955 ont fait le tour du monde et participé à la légende de l’acteur surdoué, symbole d’une jeunesse révoltée, mort prématurément à 24 ans.

Anton Corbijn est le réalisateur de Control et du récent Un homme très recherché, ce qui, à ce titre, l’inscrit derechef dans les réalisateurs à ne pas quitter des yeux.

Dans ce double biopic, il semble bien avoir renouvelé son exigence de devoir déconcerter pour toucher au plus juste, dans une thématique qui ne peut être éloignée de son propre passé de photographe (il fut celui qui délivra les premiers clichés historiques de Kurt « Nirvana » Cobain) : comment réussir à sauver sa peau quand votre existence emprunte à l’art et au commerce.


YOUTH

sorties-cine-09-sept-3Réalisé par Paolo Sorrentino, avec Michael Caine, Harvey Keitel, Rachel Weisz – 1h58  en VO – Au Select de St Jean de Luz

Fred et Mick, deux vieux amis approchant les quatre-vingts ans, profitent de leurs vacances dans un bel hôtel au pied des Alpes. Fred, compositeur et chef d’orchestre désormais à la retraite, n’a aucune intention de revenir à la carrière musicale qu’il a abandonnée depuis longtemps, tandis que Mick, réalisateur, travaille toujours, s’empressant de terminer le scénario de son dernier film. Les deux amis savent que le temps leur est compté et décident de faire face à leur avenir ensemble. Mais contrairement à eux, personne ne semble se soucier du temps qui passe

De Sorrentino, il saurait être beaucoup pardonné, ses premiers films (notamment Les conséquences de l’amour, en 2004) ou son roman, ‘Ils ont tous raison’, en 2011) lui ayant conféré la stature d’un très grand et indispensable créateur.

Il est par contre plus difficile de saisir que, avec ce Youth, il aurait persisté dans cette veine goguenarde qui alourdissait son précédent La grande Belleza. Allez (sa)voir…


Commentaires

2 réponses à ‘Le tout nouveau Testament’ de Jaco van Dormael, décevant parmi les sorties de septembre

  1. Marie dit :

    OOOOOhh !!!, « Le tout nouveau testament »…
    Pardonnez-moi de ne pas être d’accord avec vous.
    Vos critiques ne sont pas forcément fausses.. mais un brin assassines…
    Je l’ai vu..souri, ri, rêvé…parfois soupiré…

    ..Par une belle soirée d’été, je n’ai pas regretté..

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. Apprenez comment vos données de commentaires sont traitées.